Albert Schweitzer, Prix Nobel de la Paix en 1952

Né à Kaysesberg le 14 janvier 1875, Albert Schweitzer fait ses études secondaires à Mulhouse.
C’est dans cette ville qu’il commencera sa formation musicale, piano et orgue avec Eugène Munch.
L’environnement familial le poussera naturellement vers la théologie et la philosophie. En 1902, il est chargé de cours à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg. Principalement marqué par la théologie libérale allemande, il s’oriente vers l’étude historique du Nouveau Testament. Par des publications qui feront longtemps autorité, il démontre l’extrême fragilité historique des " Vies de Jésus " écrites par ses prédécesseurs. Selon Schweitzer, Jésus échappe à la science historique comme à nos esprits modernes, ce qui caractérise sa personne comme son message, c’est l’attente et la foi en la venue prochaine du Royaume de Dieu. Le thème du Royaume de Dieu traverse toute l’œuvre du théologien strasbourgeois qui se refuse à comprendre le christianisme comme une religion axée sur l’au-delà, mais bien comme un message éthique devant transformer le monde. Recevant un appel qu’il interprétera comme venant du Christ, il abandonnera sa brillante carrière universitaire pour fonder un hôpital au Gabon. Ayant passé son doctorat en médecine avant d’embarquer pour l’Afrique, il est arrêté en 1917 par les autorités françaises comme ressortissant allemand. Après une période d’internement en France, il parcourt l’Europe pour réunir les fonds nécessaires à la reprise de son œuvre humanitaire. C’est en 1924, qu’il retourne au Gabon pour recommencer à zéro.
Jusqu’à sa mort en 1965, il se consacrera entièrement à son hôpital, tout en poursuivant ses travaux intellectuels, et en luttant contre la prolifération des armes nucléaires. Les différentes facettes de son œuvre suffisent à démontrer le caractère exceptionnel du personnage. Après bien des critiques, tant dans les milieux conservateurs, que dans les pays de langue française, ses travaux de théologiens retrouvent aujourd’hui un écho parmi la jeune génération. Sur le plan philosophique, le concept du " Respect de la Vie ", et ses analyses de l’échec de l’éthique occidentale ont conservé toute leur pertinence. L’œuvre humanitaire est à l’origine du mythe du bon docteur. Critiqué lui aussi du vivant de Schweitzer, l’hôpital de Lambaréné est aujourd’hui un ensemble irremplaçable dans le système de santé du Gabon. Sans oublier la musique et la facture d’orgue, tout porte à croire que la pensée schweitzérienne fera encore de nombreux émules.

Philippe Aubert
©www.protestants.org

Pour aller plus loin :
International Albert Schweitzer Foundation
Musée Virtuel du Protestantisme français  

Théologie des religions. Les pluralismes avec norme. Première partie : religions et éthique selon Albert Schweitzer. André Gounelle sur le site http://andregounelle.fr

Albert Schweitzer 1952