Noël, origine historique

De l’orient à l’occident, du sud au nord, des rites et des légendes jusqu’au Noël d’aujourd’hui !

La fête de la lumière

A l’origine les chrétiens fêtent surtout la mort et la résurrection du christ, mais pas sa naissance dont la date précise est inconnue.
Les grecs et les romains d’orient fêtent le solstice d’hiver le 6 janvier. L’évaluation du temps n’a pas encore la précision qu’il atteint par la suite. A Alexandrie, les grecs célèbrent la naissance du temps, la nuit du 5 au 6 janvier par une procession au flambeau. Pour les chrétiens, « le solstice vient le jour même où la vie divine se manifeste aux hommes. La vraie lumière illumine le monde entier des rayons de la bonne nouvelle comme la lumière du soleil grandit de jour en jour». Ils nomment la fête « épiphanie », c’est à dire « manifestation de Dieu sur terre » et célèbrent le baptême de Jésus, puis, dès le début du IVè siècle, sa naissance.
En occident, le solstice d’hiver est fixé le 25 décembre par Jules César. Les romains fêtent alors la naissance du soleil. Le 24 au soir les disciples de Mithra et, sans doute, bien d’autres, allument des feux pour aider le soleil à monter plus haut au-dessus de l’horizon. Or le christ incarne le soleil de justice annoncé par le prophète Malachie (3.20), la lumière des nations reconnue par le sage Siméon selon Luc 3.2. Des pères de l’Eglise poussent l’empereur chrétien Constantin à substituer à la fête païenne, une fête chrétienne de la lumière. « Christ est notre nouveau soleil », écrit Amboise de Milan (337-397). La nouvelle fête prit le nom de « Noël » dérivé du latin « natale » signifiant « naissance ». Rome chercha ensuite à la diffuser vers l’orient ce qui revenait à la séparer de la célébration de la naissance du christ, l’Epiphanie fêtée le 6 janvier. Cette distinction se fit progressivement au cours du IV ème siècle.
Parallèlement à son extension géographique le christianisme rencontra d’autres fêtes célébrées au moment du solstice d’hiver. Ainsi, dans les pays scandinaves, le Dieu Wotan, chevauchant à travers les forêts, saute de son cheval pour allumer une bûche énorme d’où jaillit la lumière. Il s’agit de la fête de Yule durant laquelle les peuples du nord allument d’énormes feux pour chasser les mauvais esprits de l’obscurité et appeler le nouveau soleil. De nombreuses coutumes et de légendes chrétiennes concernant cette période viennent de coutumes païennes de ce type.

Un folklore relativement récent.

L’essentiel de notre folklore de Noël est relativement récent. Le descriptif des mages date du moyen âge et la coutume de la galette, au plus tôt, de la fin de la période médiévale. Les premières crèches apparaissent également au moyen-âge, le sapin vers le XVI ème siècle. Il symbolise l’arbre avec le fruit défendu, alors identifié à la pomme, ancêtre des boules. Le sapin, au fil du temps, se pare d’autres décorations, par exemple une bougie par jours entre Noël et l’Epiphanie, soit douze au total. Sa diffusion au-delà de l’espace rhénan dût attendre le XIX ème siècle. L’imaginaire collectif a toujours été peuplé de divers personnages légendaires apparaissant vers cette période en particulier le fameux Saint Nicolas, ancien évêque de Symrne en Asie Mineure, dont le culte se développe à partir du XIè siècle en Lorraine . Ce dernier est lentement détrôné par le Père Noël apparu aux Etats Unis au XIX ème siècle. La couronne de l’avant venue de l’Allemagne du Nord ne se répand qu’au XX ème siècle.

Claude Demissy
pasteur chargé de la production de matériel catéchétique
Strasbourg, UEPAL
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Bibliographie :

Oscar cullmann, La nativité et l’arbre de Noël, Les origines historiques, Les Editions du Cerf, Paris, 1993, 92 pages.