Théologie libérale

On entend par libéralisme, un mouvement qui a toujours existé dans l’Eglise, et qui se refuse à inféoder la foi des individus, à une formulation dogmatique. Historiquement, le mouvement se structure vers la fin du XVIIIe siècle. Largement tributaire de la philosophie des Lumières, et de la critique historique des textes bibliques, les théologiens libéraux tentent de relativiser la notion de vérité immuable véhiculée par les dogmes et la tradition. Le mouvement est complexe, il est à la fois un retour critique à l’Ecriture contre la systématisation du message par la dogmatique chrétienne, il se veut aussi une tentative de réconciliation entre la culture et la foi. Pour se faire, il reste très attentif aux évolutions scientifiques et culturelles. L’Eglise et sa hiérarchie sont relativisées comme étant principalement des œuvres humaines. L’insistance sur le rôle de la raison et du sentiment fera parfois pencher le libéralisme vers un rationalisme assez typique du XVIIIe siècle, mais aussi dans un sentimentalisme que l’on retrouve dans le courant romantique, et dans les mouvements piétistes du Réveil.

Les adversaires du libéralisme lui reprocheront parfois de s’être totalement confondu avec l’humanisme des libres penseurs. Si cette critique est fondée, elle ne saurait faire oublier la grandeur exceptionnelle de cette théologie dont nous redécouvrons les travaux aujourd’hui. Une formule d’Albert Schweitzer résume parfaitement l’esprit de ce mouvement: " Paul a toujours garanti les droits de la pensée dans le christianisme. Au-dessus de la foi établie par la tradition, il a placé la connaissance par l’Esprit du Christ. Un respect invincible de la vérité vit en lui. Il n’admet d’autres contraintes que celles imposée non par une autorité doctrinale; mais par l’amour.
Cependant, ce n’est pas un révolutionnaire. Son point de départ est la foi de l’Eglise, mais il n’admet pas qu’il doive s’y borner; il revendique le droit de penser le contenu intégral de la christologie, que les vérités auxquelles il aboutit soient ou non admises par la foi courante de l’Eglise ".

Philippe Aubert
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