8. Sur la dépendance

Extrait du document « Vérité - Solidarité - Exemplarité » rassemblant des éléments de réflexion sur les grandes orientations politiques et sociétales en France. Il a été publié en mars 2012 dans le contexte des élections présidentielles et législatives.(Document complet)

Autonomie et dépendance

Alors que la revendication de l’autonomie peut être source de désordre dans la création et la société (loi du plus fort), la dépendance par rapport à Dieu, « instance » externe à l’humanité, est fondatrice de l’égale dignité de chaque être humain, créé à l’image de Dieu, quels que soient sa fragilité, sa dépendance ou son handicap. L'humanité forme ainsi une famille dans laquelle nous expérimentons la solidarité et la responsabilité mutuelle. La dépendance n’est donc pas à envisager sous un angle négatif, elle est l’expression de notre condition humaine et constitue aussi une chance pour le lien social.

Liberté, responsabilité, solidarité

Le message du Christ est fondateur de liberté tant par rapport à la tyrannie de toute loi religieuse ou de tout conformisme social que par rapport à l’hégémonie du moi tout-puissant. « Libérés pour servir », tel pourrait être le programme de l’éthique protestante pour l’individu et pour la société. Libérés par le Christ de l’obsession de notre propre justification, nous devenons disponibles pour servir et prendre soin des autres. Cette liberté nous confère une grande responsabilité, tant par rapport à la création qu’à l’égard de chaque créature dont nous partageons la condition. Cette responsabilité dans la liberté nous conduit à une exigence de solidarité avec tout être qui souffre ou qui a besoin de nous, qu’il s’agisse de la personne âgée, isolée, handicapée ou de l’étranger sans droit. Ce qui donne de la valeur à la personne humaine, ce n'est ni sa force ni sa faiblesse, c'est qu'elle est aimée de Dieu. La dignité du sujet ne dépend donc pas de ses performances mais de son statut de créature à l’image de Dieu. D’où une conviction forte : les personnes âgées ou handicapées ne sont pas d’abord une charge pour la société, elles l’enrichissent par le rappel vivant et permanent que la vocation de l’homme ne saurait se réduire à sa dimension utilitaire.
La réflexion sur la dépendance est donc l’occasion de prendre des distances par rapport à une société régie par les seuls impératifs de la rentabilité, ou au moins à préserver les plus fragiles de ces dérives.

Nous affirmons :

¬ que le discours largement répandu selon lequel les personnes âgées deviennent un poids insupportable pour les jeunes générations, doit être contesté. Même si ce genre de comparaison nous répugne, nous savons qu’une personne âgée coûte moins cher qu'un enfant.
Il est tout aussi nécessaire et légitime d’aider les uns que les autres.

¬ qu’une approche pluridisciplinaire des métiers d'aide à la personne âgée est indispensable.

¬ qu’une place doit être faite au coeur de la société et dans la ville aux personnes âgées et handicapées, en privilégiant des lieux de vie à dimension humaine qui facilitent également le travail des aidants.

Nous souhaitons :

Une véritable politique de prévention de la perte d’autonomie.

Que soit favorisée la solidarité intergénérationnelle en développant fortement l’aide aux aidants.

Que soit encouragé le bénévolat sous toutes ses formes.