Introduction de François Clavairoly

Chers amis,

Je voulais vous souhaiter à tous et à toutes la bienvenue à la Maison du protestantisme pour ce rendez-vous exceptionnel qui nous rassemble. Je voudrais également dire quelques mots d’introduction à la fois pour prendre le temps de s’installer et de découvrir le lieu, pour ceux qui ne le connaissent pas, mais aussi pour vous présenter l’esprit dans lequel cette rencontre a été organisée et pour vous dire ce que nous attendons de vous et de nos orateurs de sorte qu’à l’issue de cette rencontre en fin de soirée nous puissions repartir chez nous enrichi de connaissances d’analyses de regard de vision sur la situation des chrétiens en Israël et en Palestine. C’est à la suite d’une rencontre avec l’association Sabeel que ce projet de conférence est né et il y a quelques mois de cela. Je ne connaissais pas l’association Sabeel, je ne connaissais pas non plus véritablement deux des orateurs qui sont avec nous ce soir. J’avais rencontré Michel NSEIR à Genève au Conseil œcuménique des Églises, à l’occasion d’une consultation œcuménique sur le conflit en Syrie. A cette occasion nous avons largement évoqué avec les représentants des Églises du monde entier la complexité de ce conflit qui prend une sale tournure, c’était il y a plus d’un an et demi.

Nous avons cet après-midi un moment privilégié à partager, le mot privilège je l’ai choisi grâce à la qualité des intervenants qui vous seront présentés par Ernest REICHET et l’association Sabeel. L’évêque Mounib YOUNAN est une personnalité connue et reconnue ici et en Terre Sainte. Evidemment, il ne sera pas très difficile de le présenter. Cela sera peut-être pour vous l’occasion de découvrir une voix chrétienne luthérienne puisque que l’évêque Mounib est le Président de la Fédération luthérienne mondiale (FLM). Le père Jamal KHADER, recteur du séminaire latin Beit-Jala, près de Bethléem, est la personne que je ne connaissais pas. Je vais l’écouter avec d’autant plus de plaisir. En fin de parcours après les trois intervenants, la pasteure Sybille KLUMP fera un moment de reprise. On aime bien toujours reprendre les choses pas sous forme de synthèse mais de reprise théologique ou de reprise intellectuelle, ce qui nous permettra de reposer plus facilement des questions. Elle dégoupillera un certain nombre de choses qui ne sont pas tout à fait mûres en nous pour libérer notre parole sur le sujet.

Je voulais dire aussi que c’est un moment privilégie car nous serons à l’écoute d’une parole, la parole chrétienne en Israël et en Palestine. Tout à l’heure à la conférence de presse, j’ai insisté sur ce terme de l’écoute. En France, nous aimons beaucoup parler, beaucoup analyser et avoir des grilles d’analyse extrêmement ferme et fine mais je crois qu’en plus du travail d’analyse et d’interprétation, un gros travail d’écoute est nécessaire, pour recevoir des informations, pour recevoir ce que l’autre dit, c’est donc un moment privilégie que nous vous proposons, un moment d’écoute. Ce moment d’écoute va-nous enrichir, comme je l’ai dit en introduction, que nous soyons informés, informés de quoi ? Informés en premier que nous ne sommes pas chrétiens tous seuls, nous sommes chrétiens ici en France de façon diverse et variée. Nous ne sommes pas chrétiens tout seul. Catholique, protestant, orthodoxe  nous sommes en lien avec ces chrétiens ailleurs. C’est très important de se rappeler que nous ne sommes pas seuls dans notre bulle, dans notre monde, dans notre grille d’analyse. Il y a d’autres visages qui nous décalent vous savez comme un prisme avec plusieurs facettes. La réalité est beaucoup plus complexe qu’on l’imagine. Ce soir, on va essayer de faire tourner le prisme et de voir des facettes que l’on n’avait pas encore vu. Nous ne sommes pas chrétiens tout seul et enfin cela sera mon dernier mot, il se trouve que le protestantisme français a des relations avec les chrétiens, en Israël, en Palestine, au Liban, en Syrie, en Irak depuis très longtemps. J’irais d’ailleurs moi-même avec une petite délégation en Israël à la fin du mois de mars, début avril et puis aussi au Liban pour rencontrer nos partenaires là-bas. Ces relations sont anciennes, sont fragiles comme tous les relations fragiles mais nécessaires. Je crois que les interventions de ce soir nous conforterons que nous ne pourrons pas être chrétiens pleinement au nom de l’évangile de Jésus Christ dans notre monde sans connaître mieux nos frères et nos sœurs qui vivent en Israël et Palestine.

Avec ces quelques mots d’introduction je voulais vous dire que nous ne sommes pas dans un colloque de couleur interreligieuse où on va comparer l’Islam, le protestantisme, le christianisme dans un conflit politique à dimensions variées. Nous sommes à l’écoute d’une voix chrétienne. Nous nous nourrissons de ces témoignages car les trois témoins que nous avons ce soir sont des témoins légitimes et autorisés.