Irak et Syrie : face à l'urgence, le protestantisme se mobilise et risque la fraternité

Face à la situation désastreuse au Moyen-Orient, le comité des appels d’urgence du protestantisme se réunissait à l’été 2014 pour trouver un moyen de venir en aide aux syriens et aux irakiens.

Aujourd’hui, alors que les associations partenaires MEDAIR et Action Chrétienne en Orient agissent sur le terrain pour venir en aide aux populations les plus démunies, les premiers réfugiés d’Irak et de Syrie arrivent en France, accueillis dans les foyers protestants.

Le dossier de presse joint propose un retour sur la mobilisation et sur les actions menées grâce à la générosité protestante. Il focalise sur les enjeux actuels de l’accueil des réfugiés en France et sur les actions à venir pour faire face à cet état d’urgence qui, malheureusement risque de durer.

Les services communication de la Fédération protestante de France et de la Fédération de l’entraide protestante se tiennent à votre disposition pour vous mettre en relation avec tous les acteurs de cette mobilisation, n’hésitez pas à les solliciter.

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Communiqué de Presse de Medair
Lundi 11 mai 2015

 

IRAK : Medair fournit une aide médicale vitale à des milliers de personnes à Wana, ville reprise aux mains des djihadistes

L'organisation d'aide d'urgence Medair s'apprête à distribuer des fournitures médicales et des articles d'hygiène essentiels à plus de 7 000 personnes à Wana, dans le nord de l'Irak. 

Plus de 1 400 familles sont retournées à Wana depuis que la ville a été libérée des djihadistes en février dernier. La population a besoin de toute urgence de soins médicaux et d'articles d'hygiène. De nombreuses personnes ont retrouvé leur maison pillée ou en ruines, avec l'électricité coupée et leurs moyens de subsistance détruits. Les médicaments et le matériel médical du centre de santé de la ville ont également été pillés.

Medair distribuera des kits d'hygiène comprenant savon, shampooing et produits d’hygiène féminine, et mènera un programme de dépistage pour lutter contre l'épidémie de gale qui sévit dans la ville. Nous assisterons également le centre de santé local, qui manque de personnel et de ressources, en fournissant des services de santé et en examinant chaque jour près de 90 patients originaires de Wana et des villages alentour.

« La vie est très difficile pour les habitants de Wana. Dans le meilleur des cas, les familles retrouvent leur maison pillée et, dans le pire des cas, totalement détruite », explique Chappy Rago, responsable Abris de Medair. « Pour ne rien arranger, l'acheminement de l'aide humanitaire peut être entravé par les risques encourus par les équipes pour se rendre dans des endroits si proches des zones de combat, qui changent constamment avec l'évolution du conflit. Ces endroits difficiles d'accès regroupent énormément de personnes démunies ».

En août 2014, des miliciens se sont emparés de Wana, forçant des milliers de personnes à prendre la fuite pour sauver leur vie. Certaines se sont retrouvées piégées à Mossoul, la ville voisine. Maintenant que Wana a été libérée, que les explosifs ont été désamorcés et que l'armée a réussi à contenir les zones de combat, les familles commencent à retourner chez elles.

Un agriculteur nous a expliqué qu'il a fui Mossoul pour retourner à Wana après avoir entendu que la ville avait été libérée.

« Mossoul était occupée par l'État islamique lorsque nous avons fui Wana l'année dernière. Mais comme toute la région était encerclée par les combats, Mossoul était le seul endroit où nous pouvions aller », déclare-t-il. « Nous avions l'impression de suffoquer là-bas. Lorsque nous avons appris que notre ville avait été libérée, nous avons commencé à envisager notre retour. Le jour où je suis revenu à Wana, j'ai vu que des maisons avaient été bombardées. La mort régnait partout. Aujourd'hui, on commence à se sentir un peu plus en sécurité ».