Protestants.org
 Fédération protestante de France
Des livres sélectionnés et recensés par le
Centre Protestant d'Etudes et de Documentation

dans la
Revue
 Les librairies protestantes en ligne
Les nouveautés
Bible et Théologie
Eglises et Religions
Biographies
Société
Sociologie politique
Romans, récits, essais
Spiritualité
Philosophie et éthique
Histoire
Culture
Témoignages
Art et littérature
BIBLE ET THEOLOGIE - mise en ligne : janvier 2005

Jean-Pierre LeMay
Se tenir debout
Le courage d’être dans l’oeuvre de Paul Tillich

Paris/Québec (Canada), L’Harmattan/PUL, 2003, 427 p.

Le courage d’être est probablement le livre le plus connu de Tillich. S’il est fascinant, il présente aussi bien des difficultés, en particulier le chapitre 6 à la fois très beau et très profond. L’A. (un des mes anciens étudiants de Québec) étudie le thème du courage d’être à travers trois œuvres de Tillich : la Dogmatique de 1925, la Systematic Theology et enfin Le Courage d’être.
Selon Tillich, la mélancolie (un mot dont opportunément ce livre souligne le caractère très fort, pas un simple vague à l’âme mais une « humeur noire »), si elle a des formes pathologiques (qui relèvent d’un traitement psychologique), a surtout une dimension ontologique liée à la nature même de l’homme, à sa finitude, et une dimension existentielle liée à son aliénation (ou péché). Elle témoigne de la puissance du non-être, par quoi il ne faut pas entendre un « néant » ou un « rien », mais une force qui nous agresse et menace de nous détruire. Confronté au non-être, l’être humain a cherché le salut soit dans un sentiment d’appartenance collective soit dans un personnalisme héroïque. Mais le salut ne se trouve ni dans le communautarisme ni dans l’individualisme ; nous le recevons de la transcendance qui nous donne la puissance d’être, c’est-à-dire la force de faire face.
L’argumentation de Tillich présente quatre originalités. D’abord, une analyse, utilisant de nombreux éléments culturels (littéraires et artistiques) des trois formes principales que prend le non-être (la mort, la faute et l’absurde). Ensuite, une compréhension de la transcendance qui conduit à se référer à « Dieu au-dessus de Dieu », c’est-à-dire au-delà de la conception de Dieu devenue classique. Troisièmement, une description de la foi (autre mot pour le courage d’être) qui n’exclut pas le doute et que le doute ne détruit pas ; au contraire il en est un élément constitutif. Enfin une insistance sur la manière dont le quotidien ou le banal implique la foi.
Ce livre dégage très bien les diverses étapes de la réflexion et du raisonnement de Tillich. Il nous offre des analyses précises, claires et bien documentées qui aideront à comprendre une théologie riche et complexe.

(Recension d’André Gounelle)
 
Voir nos sélections de :

décembre 2004 - novembre 2004 - octobre 2004 - juillet 2004 - juin 2004 - mai 2004 - avril 2004 - mars 2004 - janvier 2004 - decembre 2003 - octobre 2003 - août 2003 - mai 2003 - avril 2003 - mars 2003- janvier 2003 - novembre 2002 - septembre 2002 - juin 2002 - avril 2002 - mars 2002 - décembre 2001