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05 février 2008
Terrorisés et traumatisés, les Kenyans veulent une solution "à tout prix"
ENI-08-0050\F
Nairobi, le 5 février (ENI\Fredrick Nzwili) - Les membres d'une délégation
du Conseil oecuménique des Eglises (COE) en mission d'enquête au Kenya ont
appelé à un arrêt immédiat des violences, qui ont déjà entraîné la mort de
près de 900 personnes depuis le résultat contesté de la dernière élection
présidentielle.
"Les gens sont traumatisés et terrorisés, et ils veulent que des solutions
soient trouvées 'à tout prix'," a confié au correspondant d'ENI le 2 février
le pasteur Stig Utnem, ancien secrétaire général du Conseil pour les
relations oecuméniques et internationales de l'Eglise de Norvège. "Nous
devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre fin immédiatement
aux violences et trouver une issue à l'impasse politique."
Le gouvernement et l'opposition kenyans doivent entamer des négociations le
5 février pour tenter de mettre un terme au conflit politique et tribal.
"Notre pays est au bord du génocide", a indiqué le pasteur Peter Karanja,
secrétaire général du Conseil national des Eglises, dans un communiqué de
presse publié par le COE pendant la visite de la délégation, qui a eu lieu
du 30 janvier au 3 février.
Au cours de sa mission, la délégation a rencontré d'éminents politiciens,
notamment le vice-président Kalonzo Musyoka et le leader de l'opposition
Raila Odinga, ainsi que des responsables d'Eglise et le Conseil
interreligieux du Kenya, qui rassemble des représentants des communautés
chrétienne, musulmane et hindoue.
Pourtant, la proposition faite par la délégation du COE de faire participer
pleinement les Eglises kenyanes à la médiation a été accueillie avec une
certaine déception par les partis politiques, eu égard au rôle qu'ont joué
les Eglises durant le processus électoral. Le COE a cité certaines plaintes émises par le gouvernement et les partis de l'opposition politique, telles
que : "Les Eglises ont manqué à leurs engagements envers nous, car elles ont pris des positions partisanes."
La délégation du COE s'est également rendue dans le district de Nakuru, dans
la province occidentale de la Vallée du Rift, où les affrontements ont été
parmi les plus violents. Elle y a rencontré des familles déplacées
appartenant aux groupes ethniques kikuyu et kanlenjin.
"Nous avons rencontré des gens qui étaient extrêmement furieux d'avoir été
maltraités par d'autres personnes", a déclaré le pasteur Clifton
Kirkpatrick, président de l'Alliance réformée mondiale. "Il s'agit d'une situation de souffrance et de douleur impensables."
De nombreuses personnes ont trouvé refuge dans environ 130 camps à travers
le Kenya. Selon le gouvernement, près de 23 000 personnes auraient été déplacées à cause des violences, tandis que les organisations humanitaires
estiment ce nombre à un demi-million.
Le pasteur Kirkpatrick, également secrétaire général de l'Eglise
presbytérienne (Etats-Unis), a affirmé que la délégation avait pu observer
des attitudes positives envers la réconciliation parmi les responsables du
gouvernement et des partis d'opposition, les responsables d'Eglise et les
organisations de la société civile. Toutefois, a-t-il ajouté, "l'espoir est
grand, mais la situation est urgente." (491 mots)
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