NOUVELLES OECUMENIQUES INTERNATIONALES
Service de nouvelles
02 avril 2008
Les ONG liées aux Eglises craignent que Mugabe ne s'approprie la victoire des élections au Zimbabwe
ENI-08-0266\ F
Harare, le 1er avril (ENI) - Pour certaines organisations non gouvernementales et des groupes d'Eglise, il faut couper court à ce que certains observateurs affirment être une tentative du Président Robert Mugabe et de son parti dirigeant, le Zanu-PF, de s'approprier le pouvoir après les élections du 29 mars dans le pays.
L'Alliance chrétienne et la Campagne pour sauver le Zimbabwe, un réseau de la société civile, les Eglises et les partis politiques, ont publié des déclarations exhortant la Commission électorale du Zimbabwe nommée par le gouvernement à proclamer de toute urgence les résultats du scrutin.
A la date du 1er avril, le Conseil oecuménique des Eglises qui avait annoncé aux Nations Unies qu'il contrôlerait les élections par l'intermédiaire de ses Eglises membres en Afrique, n'avait toujours pas fait de déclaration. Sur les 12 millions d'habitants du Zimbabwe, on compte un grand nombre de chrétiens et les Eglises ont joué un rôle déterminant dans la lutte pour l'indépendance de cette nation de l'Afrique australe.
L'Alliance chrétienne du Zimbabwe a déclaré le 1er avril que pour ne pas ajouter au désarroi actuel et pour calmer les citoyens, la commission électorale et les autres autorités compétentes devaient faire connaître immédiatement les résultats disponibles actuellement.
"Tout nouveau retard pourrait entraîner des comportements imprévisibles et indésirables au sein de la population qui continue à se fier aux résultats officieux", a fait remarquer l'Alliance chrétienne dans une déclaration lue par un ancien évêque méthodiste, Levy Kadenge. "En prolongeant le silence, on ne fait que cautionner tacitement les résultats officieux".
Et de préciser : "Nous avons tous en mémoire les violences qu'a connues récemment le Kenya, c'est pourquoi il est inadmissible de reporter ainsi la proclamation des résultats, comme si l'on voulait provoquer un électorat déjà fortement sous tension. Il faut impérativement que la commission proclame immédiatement tous les résultats".
S'exprimant avant les élections, le lauréat du Prix Nobel de la paix, Desmond Tutu, avait souligné l'importance d'élections libres et équitables. "Connaissant les nombreux cas d'intimidation qui ont précédé le scrutin, j'espère que les observateurs pourront garantir la crédibilité des élections", avait-il déclaré.
De leur côté, quatre agences internationales de développement ont demandé que des mesures soient prises immédiatement pour mettre fin à ce qui ressemble, pour des observateurs impartiaux, à un trucage du gouvernement, les élections présidentielles, parlementaires et locales ayant toutes eu lieu le même jour.
Ces agences - Tearfund, soutenue par les chrétiens, Progressio, Trocaire, une association caritative catholique-romaine d'Irlande, et la Fondation pour le développement et le partenariat en Afrique, basée en Suisse, ont déclaré être préoccupées par la lenteur avec laquelle les résultats des élections étaient annoncés.
Parmi leurs sujets de préoccupations, les agences ont signalé que :
:: Dans certains cas, le nombre de suffrages officiels ne semblait pas concorder avec la liste des électeurs inscrits et affichés dans les bureaux de vote;
:: Il avait fallu plus de 30 heures pour compiler et annoncer les premiers résultats des élections qui avaient déjà été affichés sur des panneaux à l'extérieur des bureaux de vote;
:: L'annonce des résultats s'était faite à un rythme terriblement lent. A 16 heures le 1er avril, la Commission électorale nommée par le gouvernement n'avait proclamé les résultats du scrutin législatif que pour 131 circonscriptions sur les 210 existantes. Les résultats des élections sénatoriales et présidentielles n'avaient toujours pas été annoncés;
:: Le retard dans la publication des résultats et l'absence d'explications convaincantes de la part de la commission électorale favorisaient les tensions et faisaient craindre une période d'instabilité dans le pays;
:: La Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) avait déjà publié une déclaration sur les élections. Selon les directives de la SADC, les observateurs chargés de surveiller les élections sont obligés de publier une déclaration sur le "déroulement et les résultats". La mission d'observation de la SADC a publié une déclaration sur le déroulement des élections le 30 mars et annoncé ensuite que son travail était terminé.
Les agences de développement ont exhorté les dirigeants d'Afrique australe à veiller à ce que la mission d'observation de la SADC remplisse ses obligations envers la population du Zimbabwe en tirant les conséquences de son analyse du dépouillement et des résultats du scrutin.
Elles recommandent que la SADC mène une enquête sur les allégations de fraude provenant des analystes et des observateurs indépendants, portant notamment sur le retard dans l'annonce des résultats. Les agences ont également appelé l'Union africaine et les dirigeants des différents pays à se préparer à un processus de médiation en cas de contestation du résultat du scrutin. (773 mots)
Tous les articles (c) ENI (NOUVELLES OECUMENIQUES INTERNATIONALES)
REPRODUCTION DES ARTICLES AUTORISEE SEULEMENT POUR
LES ABONNES MEDIAS ET AVEC INDICATION DE LA SOURCE.
ENI - NOUVELLES OECUMENIQUES INTERNATIONALES
Case Postale 2100
CH - 1211 GENEVE 2, SUISSE
TEL : (41-22) 791 6154/6111
FAX : (41-22) 788 7244