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08 avril 2008
La crise du riz est un challenge, selon un responsable d'Eglise philippin
ENI-08-0135\F
Manille, le 8 avril (ENI\Maurice Malanes) - Une pénurie de riz, denrée de
base des Philippins, a contraint les responsables d'Eglise à examiner ce qui
allait mal dans ce pays agricole dont les terres auraient le potentiel pour
nourrir la quasi-totalité des 91 millions d'habitants des Philippines.
"Je ne vois pas selon quelle logique seule la nature serait responsable de
cette crise du riz", a expliqué aux participants d'une récente conférence
sur la sécurité alimentaire le pasteur Rex Reyes, secrétaire général du
Conseil national des Eglises des Philippines.
Il faisait allusion à des déclarations faites récemment par le gouvernement,
qui rejetaient la responsabilité de la crise actuelle du riz sur les
nuisibles et les typhons. La présidente Gloria Macapagal-Arroyo a par
ailleurs affirmé que les pénuries étaient dues à l'augmentation des cours
mondiaux du riz et au stockage abusif du riz.
Le pasteur Reyes a de son côté condamné ce qu'il qualifie de gouvernance
corrompue, la politique économique favorisant les élites locales, les
sociétés multinationales et les politiques macroéconomiques qui rendent le
pays dépendant des transferts monétaires provenant des travailleurs
philippins à l'étranger.
Il a prédit que le gouvernement profiterait de la crise du riz pour
emprunter de l'argent et importer du riz. L'emprunt est ce qui "nous rend
plus misérables", a déclaré le pasteur Reyes lors d'un colloque de la
commission spéciale sur les droits des peuples autochtones du Service des
Eglises évangéliques en Allemagne pour le développement (EED), le 29 mars.
Le pasteur Reyes a indiqué que les Eglises des Philippines devaient encore élaborer "une missiologie et une théologie" comprenant la sécurité
alimentaire.
Le gouvernement philippin prévoit d'importer du riz de la Thaïlande, du
Vietnam et des Etats-Unis. Le pays est dépendant des importations de denrées
alimentaires depuis le milieu des années 60.
Selon Rafael Mariano, du Mouvement paysan philippin, les importations ne
sont pas nécessaires, car l'agence nationale d'Etat chargée des questions
alimentaires a annoncé qu'elle disposait d'un stock de riz suffisant pour
130 jours. "Cela signifie que nous avons une offre de riz suffisante jusqu'à
la prochaine récolte", a déclaré Rafael Mariano à la presse. "Mais pourquoi
le gouvernement tient-il tant à importer du riz ? C'est parce que certaines
personnes vont encore réaliser d'énormes profits au cours de cette
opération", a-t-il affirmé. "Si le riz importé arrive pendant la saison de
la récolte, les négociants vont acheter la production des riziculteurs
locaux à des cours très bas."
Des organisations d'Eglise se sont déclarées préoccupées par l'éventualité
d'émeutes alimentaires, en raison de la récente montée en flèche des prix.
L'archevêque Angel Lagdameo, président de la Conférence épiscopale des
Philippines, a suggéré que les Philippins utilisent des produits de base
autres que le riz, comme la patate douce ou le maïs.
Des responsables catholiques et protestantes ont rappelé à leurs fidèles que
c'est lors de telles crises que les chrétiens peuvent pratiquer la charité,
afin que ceux qui ont plus partagent avec ceux qui ont moins. (501 mots)
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