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23 avril 2008
La corruption internationale profite aux pays riches, selon un rapport
d'Eglise
ENI-08-0154\F
Melbourne, Australie, le 23 avril (ENI\Kim Cain) - Les pays riches sont les
vrais bénéficiaires du "boom" de la corruption internationale, qui appauvrit
encore plus les pauvres du monde. C'est ce qui ressort d'une nouvelle étude réalisée par l'Eglise unie d'Australie (UCA) et intitulée "From Corruption
to Good Governance" (De la corruption à la bonne gouvernance), portant sur
la corruption et les malversations au niveau mondial.
Cette étude appelle à lutter par tous les moyens contre les paradis fiscaux,
qui, selon elle, permettent aux personnes et aux entreprises riches de
prospérer aux dépens des pauvres.
La publication de l'UCA, lancée récemment à Canberra, indique que la
corruption au niveau mondial était un secteur pesant environ mille milliards
de dollars EU, les paradis fiscaux internationaux étant responsables de
quelque 225 milliards de dollars EU de manque à gagner en impôts dans le
monde.
Mark Zirnsak, co-auteur du rapport, a déclaré au correspondant d'ENI que,
contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas toujours les pays les plus
pauvres qui sont les plus corrompus.
"Bien que la corruption existe dans la plupart des pays pauvres, ce sont les
grosses entreprises et les nantis de ce monde qui entretiennent la
corruption et en profitent, et ceci aux dépens des pauvres", a expliqué Mark
Zirnsak.
"Certains pays riches encouragent activement la corruption, la récompensent
et cherchent à en profiter. Les riches sont des acteurs secrets et généralement discrets dans le jeu mondial de la corruption, et pourtant ils
en ressortent toujours vainqueurs", a-t-il ajouté.
L'étude affirme que de nombreux pays riches ont mis du temps à prendre des
mesures contre la corruption dans les pays en développement.
Elle cite les critiques émises par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à l'encontre du gouvernement britannique
pour avoir omis de prendre des mesures contre la corruption, à cause des éventuelles conséquences que cela aurait pu avoir sur l'économie du
Royaume-Uni ou sur ses relations avec d'autres Etats.
Aucune entreprise britannique n'a fait l'objet de poursuites pour avoir
corrompu un représentant de l'Etat dans un pays en développement, indique
l'étude.
Celle-ci affirme qu'en Australie, le précédent gouvernement conservateur, évincé par les électeurs en 2007, n'avait "pas pris de mesures adéquates
lorsque les Irakiens furent dépossédés de plusieurs milliards de dollars de
revenus pétroliers, à cause de la mauvaise gestion et de la corruption au
sein de l'Autorité provisoire de la coalition, dirigée par les Etats-Unis."
L'étude ajoute que l'Australie, aujourd'hui menée par un gouvernement de
centre-gauche, "pourrait également faire plus au niveau mondial" pour lutter
contre la concurrence fiscale, les paradis fiscaux, la fraude fiscale et
pour promouvoir des normes internationales destinées à combattre la
corruption et encourager la bonne gouvernance.
"Pour briser le cycle de la pauvreté, il faut briser le cycle de la
corruption", a déclaré Mark Zirnsak. "Il s'agit d'une approche bien plus élaborée, qui implique que l'on passe d'une culture de la corruption à une culture de la bonne gouvernance."
:: Le rapport en format PDF en anglais :
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