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La Mission Populaire évangélique vous connaissez ?
Organisée en 16 lieux de communauté, appelés Fraternité ou Foyer, implantés dans les grandes régions industrielles et urbaines de France, la Mission populaire évangélique emploie 105 salariés, 10 pasteurs et plus de … 1000 bénévoles.
Protestants.org a posé 3 questions à son président Bertrand Vergniol, au lendemain de l’Assemblée générale annuelle.
Cinq mois après les événements de novembre dans les banlieues et les manifestations anti-CPE, comment va le moral des troupes ?
La Mission populaire constate combien la violence sociale est maintenant présente, et lourdement présente, au sein même de ses Fraternités. Qu’elle se manifeste par la précarité vécue, par la pauvreté subie ou par la violence crue colportée.
La situation de « feu dans les quartiers 1 », en novembre dernier, révélait à tous la jungle dans laquelle vivent des jeunes qui n’ont d’autres horizons que la consommation marchande et la violence barbare, « les mouvements anti-CPE» en mars révèle la peur de l’avenir chez d’autres jeunes.
Il y a bien là de part et d’autre, une question spirituelle : celle de la confiance que l’on peut avoir en nos institutions, celle de l’avenir qui n’est plus prometteur. Et il n’est pas étonnant que ce soit les jeunes qui soient en première ligne.
1 "Le feu dans les quartiers" : déclaration de la Mission Populaire, 7 novembre 2005
Quelles sont les priorités de la Mission populaire ?
La tradition de la Mission populaire évangélique est plus proche de l’éducation populaire que du diaconat, plus proche de la promotion sociale que celle de l’assistance sociale.
Il est donc important pour la Mission populaire évangélique de réinvestir fermement dans le compagnonnage avec les hommes et les femmes du peuple. Avec le milieu populaire debout, ceux et celles qui forment la majorité de la population qui vit en France, qui de condition modeste, ne dirigent ni n’accumulent. Alphabétisation et réunion de femmes, club d’enfants et vacances populaires, réflexions bibliques et politiques…. sont ces espaces dans lesquels ceux qui passent sous nos porches trouvent une place et un nom.
La priorité aujourd’hui est donc de retrouver les chemins de l’éducation populaire.
Etes-vous la bonne conscience des Eglises des beaux quartiers ?
Non car nous sommes nous-mêmes Eglise avec ses activités religieuses habituelles. Et d’autres Eglises de la Fédération protestante sont présentes dans tous les quartiers ainsi que l’Eglise catholique.
Nous sommes une voix particulière, dans le concert protestant, celle d’un mouvement évangélique qui au quotidien de la vie populaire laïque cherche et trouve des mots et des actes qui font vivre et qui libèrent.
Avec cette particularité d’être à la fois mouvement d’éducation populaire et Eglise, communautés aux frontières poreuses où des hommes, croyants et non-croyants, sont rassemblés…
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