Webmaster  | Question - Réponse   | Guide   |  Plan du site
   Nous aider   Agenda   | Flash-Infos
 
logo
 

Protestants.org
 Fédération protestante de France

 
     Google
                      www protestants.org
Bible
Missions
Jeunes
   
     
Pascal Deloche / GODONG
  Les jeunes et le travail
Entre zapping , précarité et intégration

18 ème Rencontre de la MIRLY 27 et 28 Janvier 2007

Un sujet comme celui-là a suscité l’intérêt que pouvait attendre la bonne cinquantaine de personnes présentes Il a été abordé sous toutes ses formes par un ensemble d’intervenants de qualité et de quelques participants directement impliqués dans le sujet.

Il y eut d’abord le regard de (Pascale LEVET) chercheuse en sciences de gestion , pour cadrer nos échanges en renversant quelques tabous. Il n’y a pas 25% des jeunes qui chôment, mais moins de 10% d’une classe d’âge, car les étudiants ne sont pas demandeurs d’emploi. L’entrée « précaire » dans la vie active n’est pas un phénomène nouveau. Inutile d’essayer de pronostiquer le « bon «  parcours professionnel à partir de telle formation, car aujourd’hui un emploi occupé sur trois ne correspond pas à la formation initiale du salarié ou de l’entrepreneur.Par ailleurs une spécificité française existe, avec la difficile transition de l’école à l’emploi et la manière de gérer les trajectoires de chacun, les garçons demeurant majoritaires dans les « voies royales ».

Les formateurs qui prirent le relais (Cécile BORGHI, Nicolas BOILLOUX  André VANHECKE) sont confrontés aux méandres de l’accompagnement des jeunes, maitre mot des échanges de la rencontre. Tous ont évoqué les formes qu’il revêt : c’est une écoute patiente de la représentation de l’entreprise qu’ont les jeunes de retour de stage, de leurs sentiments mitigés entre respect et exploitation, des savoir-faire acquis. Tous privilégient la relation triangulaire entre le stagiaire, le formateur et le tuteur ,dans les meilleurs des cas, mais surtout ils invoquent la nécessité d’avoir du temps, malgré la pression des administrations et des élus, toujours impatients de résultats. Comme les jeunes ont devant eux un vaste espace d’avenir beaucoup plus long qu’autrefois. La culture de l ‘éphémère et du zapping ne les aide pas à élaborer un projet en s’inscrivant dans la durée. Gardons-nous toutefois de parler des jeunes en général. ! Comme l’ensemble des Français ils veulent travailler, entreprendre, mais ils n’aiment pas l’entreprise. Notre pays souffre de son incapacité à engendrer des entreprises où il fait bon travailler.

Il faut valoriser l’apprentissage souvent prometteur » répond Bernard FENOGLIO , patron d’une PME de 35 personnes. Il faut inverser la présentation des offres d’emplois qui, en France, parlent à 70% du diplôme et à 30 % du poste à pourvoir, alors que nos voisins insistent d’abord sur la nature du poste. Il convient de présenter des règles claires , qui font partie d’une culture d’entreprise, même si « la culture d’entreprise , c’est une manière de se comprendre sans avoir besoin de l’expliquer « !

Deux témoignages saisissants ont illustré les visions du travail qu’ont des jeunes venant des deux bouts de l’échelle sociale. Pour Patrick RICHARD, professeur dans un Lycée Professionnel à Lyon, il est faux de présenter cette filière « faute de mieux » alors que le L.P. peut conduire à des formations qualifiantes. Mais, pour beaucoup de jeunes l’avenir est flou. Le présent c’est d’ajouter de petits boulots à un enseignement souvent jugé « secondaire », en redoutant la suprême injure «  Tu seras ouvrier ! . Quant à Régina MULLER, aumonier d’étudiants et professeure d’ histoire-géographie, elle rencontre une élite parmi les jeunes. Sur eux s’exerce la pression familiale de la réussite afin de faire mieux que les parents. Mais quand les fins de mois ne sont pas assurées (1) on travaille à côté, tout en visant un métier, peut-être intéressant, mais destiné surtout à assurer une vie privée de qualité.

Les cinq membres de la JOC présents (14 à 20 ans) le samedi soir ont fait souffler de l’air frais sur nos débats parfois un peu chagrins. Ils nous ont offert l’image d’une jeunesse populaire activement présente face à l’avenir («  On organise des tables rondes avec des conseillers d’orientation .. qui souvent nous orientent mal ! « ) Avec les moyens du bord , ils ont conduit une enquête auprès de 35.000 jeunes sur le travail. Nous avons vécu là un temps fort de la rencontre et une belle leçon de civisme destinée aussi aux adultes. Le texte de leur enquête est à disposition à la MIRLY .

L’intervention de notre bibliste Corinne LANOIR ne s’avérait pas simple. Il faut dire que le travail a été maintes fois abordé sous l’angle biblique dans nos sessions. En reprenant le titre de la rencontre , elle s’est attardée plutôt sur « jeunes » que sur « travail ». Elle nous a offert de savoureux commentaires sur les aventures du jeune Joseph , le fils de Jacob , vendu par ses frères qui le jalousaient jusqu’à devenir premier ministre du Pharaon d’Egypte (Voir le livre de la Genèse chapitres 37 à 50). La trajectoire de ce garçon doué et ambitieux est faite de hauts et de bas , rêveur et interprête de songes , combinant la confiance en Dieu et l’initiative. Cette saga montre comment un individu a su relier sa trajectoire au destin de sa famille. Il accepte de vivre hors de son clan, en lui assurant un avenir, avenir certes provisoire en Egypte, dans l’attente de la promesse d’une terre. Ces aventures font écho à une phrase entendue «  Ta place existe,dans ce monde, il te faut la faire » .

Guy Bottinelli

(1) Il y a 2,2 millions d’étudiants, dont 1,3 million à l’Université. 20% sont issus du monde ouvrier