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01/04/2007 15:08
PARIS, 1 avr 2007 (AFP) - L'église protestante change de président tout en réaffirmant sa mission
La Fédération protestante de France (FPF) a élu ce week-end son nouveau président qui a d'emblée placé son programme sous le signe de la continuité et de la collégialité.
Le pasteur Claude Baty, de l'Union des églises évangéliques libres (UEEL) prendra ses fonctions le 1er juillet en même temps que les nouveaux Conseil et Bureau de la FPF élus également samedi à l'issue de l'assemblée générale de la FPF. Il succèdera au pasteur Jean-Arnold de Clermont, de l'Eglise réformée, qui ne se représentait pas.
Juste après le culte, devant quelques journalistes, il a parlé de "continuité", soulignant qu'il était membre du Bureau de la FPF depuis 2003 et qu'il n'avait pas l'intention de "tout changer". Il continuera donc le travail entrepris pour l'approfondissement de la communion entre les diverses composantes de la fédération, pour le dialogue avec le reste de la chrétienté, pour la "visibilité du protestantisme" et pour la défense des libertés.
Quant à ses "chantiers personnels", il n'en parlera qu'après en avoir discuté avec les instances de la FPF.
Ses vice-présidents sont Jean-François Collange, de l'Eglise protestante de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (EPCAAL), professeur de théologie, et Mme Victoria Kamondji de la Communauté des Eglises d'expressions africaines de France (CEAF), une église entrée à la FPF il y a 3 ans.
Le culte d'installation -au cours duquel les membres du bureau acceptent solennellement leur nouvelle charge- reflétait bien la diversité de la famille protestante. Il s'est tenu dans un temple de l'Eglise réformée, alors qu'on accueillait un président évangélique; des pasteurs des diverses églises (luthérien, baptiste, réformé, évangélique) ont participé à la célébration, et enfin un jeune enfant a été baptisé au début de la cérémonie, alors que chez les évangéliques on n'est baptisé qu'à l'âge adulte.
La FPF, fondée en 1905, est majoritairement luthéro-réformée mais réunit les églises luthériennes, réformées, évangéliques et pentecôtistes. Leurs différences tiennent surtout à la liturgie et les instances dirigeantes de la FPF insistent beaucoup sur le caractère collégial de la fédération.
Le protestantisme est la troisième religion en France, après le catholicisme et l'islam. Actuellement, ce sont surtout les églises des communautés venues d'Afrique - en majorité évangéliques et pentecôtistes- qui forment les nouveaux bataillons du protestantisme. On comptait 50.000 évangéliques en France il y a cinquante ans, ils seraient actuellement entre 400.000 et 500.000, soit à peu près un protestant sur deux.
Le pasteur Claude Baty fait partie de la branche "traditionnelle" des évangéliques. L'UEEL, fondée en 1849, relève du calvinisme. Ses églises sont dites "libres" parce qu'elles ont refusé le financement des cultes par l'Etat au moment du Concordat. Elle a participé à la fondation de la FPF en 1905.
Claude Baty estime d'ailleurs qu'il est sans doute "plus proche" des églises luthérienne et réformée que de "certains évangéliques pentecôtistes".
A l'horizon de 10 ans, l'actuel président Jean-Arnold de Clermont voit "le protestantisme en croissance". "Il ne peut que progresser et continuera à s'affirmer dans le débat public, quelquefois avec des difficultés liées à sa double exigence de liberté et de responsabilité", disait-il samedi. Il avait également fixé les quatre priorités de la "stratégie de présence de la fédération dans l'espace public": l'euthanasie, la solidarité, la famille et la justice, des priorités que son successeur ne remet pas en cause.
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