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Ruth Belle Graham
  
 

Biographie

Ruth Bell Graham – missionnaire, écrivain, mère de famille, grand-mère et femme de  l’évangéliste Billy Graham

Ruth McCue Bell est née le 10 juin 1920, à Xingjian, Jiangsu, en Chine, la deuxième fille du Dr. L. Nelson et Virginia Leftwich Bell, missionnaires dans le domaine médical à l’Hôpital Presbytérien situé à 450 km au nord de Shanghai.  

Ruth et ses trois sœurs Rosa, Virginia et Clayton, grandissent en Chine.  Pendant la majeure partie de son enfance, elle vit la réalité cruelle d’un pays déchiré par la guerre civile sanglante qui oppose le dirigeant nationaliste Tchang Kai-shek aux forces communistes. 

En 1927, au printemps, lorsque Ruth a sept ans, la guerre civile en Chine oblige la famille Bell et les autres missionnaires à rentrer aux Etats-Unis, où le Dr. Bell pratique la médecine en tant que chirurgien tout en exerçant un ministère pastoral en Virginie, Virginie-Occidentale et au Texas. L’année suivante, avec la réouverture de la Chine, la famille Bell retourne à Xingjian et y trouve maison et hôpital pillés. 

Malgré des difficultés inimaginables tout autour :  la maladie, la peste, la perte d’un petit garçon, l’instabilité politique et militaire, Ruth et sa famille se sentent chez eux en Chine.  Leur amour pour le peuple Chinois et leur foi inébranlable en Dieu sont leur soutien au milieu de la solitude et des dangers de ce champ de mission.

Enfant, Ruth aime dessiner et écrire de la poésie.  De plus, elle écrit régulièrement dans un journal personnel.  Elle vit une spiritualité qui n’est pas commune à son âge.  Elle cultive une foi profonde en Dieu ainsi qu’une passion pour le servir.

À l’âge de treize ans, ses parents l’envoient à l’école internationale de Pyongyang, actuellement la capitale de la Corée du Nord, où elle passe la plupart de son temps pendant ses études au lycée. L’internat provoque un mal de maison intense, et les entrées dans son journal et ses poèmes reflètent un ton mélancolique et solitaire. (Plus tard elle dira que cette première séparation de ses parents était une préparation pour les années à venir et les longues périodes de séparation de son célèbre mari évangéliste.)

En 1935, la famille Bell rentre aux Etats-Unis pour un congé missionnaire et  loue une maison dans la ville de Montreat, en Caroline du Nord, près de Asheville. Là, Ruth complète son année de Terminal en 1936.  Elle a seize ans, à peine, lorsqu’elle rentre en Corée pour une année d’école préparatoire, car ses parents la trouvent trop jeune pour commencer ses études universitaires. Pendant ses études, Ruth grandit en assurance et en esprit d’indépendance, des qualités d’une valeur inestimable.  Elle a même pris la décision de ne jamais se marier, pour pouvoir servir comme missionnaire célibataire dans les montagnes du Tibet après ses études universitaires.

Ruth écrit dans son journal: 

« Dès 1937, j’avais planifié mon avenir en détail.  Je ne me marierais pas et je passerais ma vie entière comme missionnaire au Tibet. Mais le 7 juillet de cette année, l’armée japonaise attaqua les troupes chinoise au Pont Marco Polo, près de Beijing, et l’occupation du nord de la Chine commença.  Tandis que mon père faisait des préparatifs pour la guerre, ma mère me préparait pour des études universitaires aux Etats-Unis.  Je leur soutenais que je n’avais besoin que d’une connaissance utilitaire du Tibétain et d’une Bible.  Je n’avais certainement pas besoin de faire la moitié du tour de la terre en bateau pour cela !  Mes parents souriaient calmement et me placèrent à bord d’un bateau à destination des Etats-Unis.  Je n’étais pas contente. »

À l’âge de dix-sept ans, Ruth, avec toute sa fortitude et détermination, quitte l’Asie pour commencer ses études à Wheaton College en Illinois.  À bord le USS McKinley en route pour les Etats-Unis, en méditant sur la vie de vielle-fille qu’elle envisageait, elle met par écrit ces paroles devenues prophétiques :

« Si je me marie, il doit être si grand lorsqu’il est à genou, qu’il touche le ciel, comme quelqu’un a dit.  Ses épaules doivent être suffisamment large pour supporter une famille.  Ses lèvres doivent avoir la force pour sourire, la fermeté pour dire non et la tendresse pour embrasser.  Son amour doit être si profond qu’il est enraciné en Christ et si large qu’il embrasse le monde entier. En taille, il doit être doux et en éminence, réfléchi.  Ses bras doivent avoir la force pour porter un petit enfant. »

Malgré son vœu de ne jamais se marier, Ruth ne peut refuser la demande en mariage formulée par le « fascinant » William F. “Billy” Graham, en 1940, seulement trois mois après leur première rencontre. Cependant, elle ne l’accepte qu’en 1941, après avoir refusé beaucoup d’autres demandes. (On dit que sa sœur tenait une liste des hommes qu’elle fréquentait et que le nombre atteint 52.) 

Ruth et Billy Graham se marient le vendredi 13 août 1943 à l’Eglise Presbytérienne de  Montreat à Montreat en Caroline du Nord.  Dans le livre, Footprints of a Pilgrim (Les empreints d’un pèlerin), Ruth inclut cette réflexion sur le jour de son mariage : 

« Je te donne cette alliance, signe de notre amour et de notre fidélité.…” Ta voix forte et familière résonnait comme une bénédiction dans mon cœur ce soir-là, au crépuscule :  la flamme des fines bougies dansait doucement lorsque nous prononcions nos vœux immortels et alors quelqu’un entonna une vielle cantique qui a bravé le temps par sa beauté et sa douceur. Dans ce crépuscule se trouvaient des très vielles amis– et toi aussi, un vieil ami (et plus cher que tous les autres). Seule mon alliance me semblait neuve– sa surface dorée, simple, chaude, brillante, étrange à la lumière des bougies, jamais portée au doigt auparavant, jamais mariée auparavant.  Est-ce possible que les alliances, comme d’autres êtres, sont plus belles dans l’effroi ?

Ne permet pas Seigneur, s’il te plaît, ne permet jamais que cette beauté grandissante, ses brefs instants de plaisir nouveau s’arrêtent.  Que nous soyons toujours un peu bouche baie devant la beauté de l’amour. Ne permets pas de raisonnement fondé sur l’obligation, de calcul qui limite ce que nous donnons, de pause pour mesurer l’amour.  Permets que nous vivions, et vivions encore !  S’il te plaît Seigneur, que nos cœurs soient continuellement à genou devant leur seul Maître pour l’aimer lui seul.  Qu’ils connaissent la passion qui a autrefois brisé une vase d’alabastre.  Je sais que tu vois comme une jeune mariée, alors Seigneur, s’il te plaît, qu’il n’y ait jamais de fin, jamais.

Après une courte lune de miel à Blowing Rock, la plus ancienne station touristique en Caroline du Nord, les Graham se dirigent vers Hinsdale, Illinois, où Billy devient pasteur de l’Eglise Baptiste de Western Springs. 

Bientôt le rythme des engagements du ministère itinérant de Billy sépare le jeune couple régulièrement.  Cependant, Ruth se consacre à l’étude quotidienne de la Bible et à ses écrits.  Vers le milieu des années 40, Billy quitte le ministère pastoral pour devenir aumônier militaire.  Plus tard il accepte une position comme évangéliste à temps plein avec Jeunesse pour Christ.  Les Graham déménagent à Montreat en Caroline du Nord pour s’approcher de la famille de Ruth, du retour de la mission.  En 1950 est fondé le Billy Graham Evangelistic Association. Ruth se trouve seule encore plus fréquemment.

En 1954, ils achètent une propriété de 60 hectares dans les montagnes dans l’ouest de la Caroline du Nord, à Little Piney Cove, et Ruth y fait son nid pour élever une famille Ruth écrit au sujet de ses enfants: 

« J’en ai cinq :  chacun est différent, unique, une âme en route pour l’éternité.  Et je suis le conducteur aveugle des aveugles qui tâtonne et hésite, indisciplinée, parfois décontractée, parfois soucieuse.  Je cherche par mes ordres à discipliner et à former (J’ai besoin de ta discipline pour former ma propre âme désordonnée).  Toi qui vois les vrais, profonds désirs de nos cœurs, que tu rectifies et complète chaque erreur et chaque manquement.  Que nos enfants ne soient pas les victimes de notre manque de ressemblance à toi. »

Au fil des années, la vie de famille subit souvent des pressions et l’emploi de temps de Billy pour ses déplacements est souvent horrifique. Cependant, Ruth reste convaincue de son appel à rester à la maison avec les enfants.  Elle soutient activement son mari et influence son ministère de façon durable mais en même temps elle est très indépendante.  Elle est pleine d’énergie et adore l’aventure.  Une fois elle casse le bras en faisant du parapente, et puis essaie de cacher l’accident de Billy. Toutefois, elle ne cache pas son opposition à l’implication de Billy dans la politique.  Elle écrit :  « Je lui ai rappelé ceci aussi souvent que possible. »  Ruth est convaincue que Billy doit limiter ses conseils à des questions morales et spirituelles et éviter de se prononcer sur des choix politiques.

Seul l’amour qu’elle porte envers les autres dépasse son amour de la vie.  Avec beaucoup de grâce et un don de l’hospitalité, elle gagne l’affection de ceux qui la côtoient par son ouverture et son sens de l’humeur exceptionnel. Une fois, son petit-fils Aram a proposé à sa fiancée une compétition pour comparer les tartelettes aux mûrs des deux grand-mères.  Le jour de la compétition, Ruth s’est présentée avec un poulet mort et a affirmé :  « Tu as dit tartelette ?  J’ai compris coquelet ! »

En 1974, Ruth fait une chute de cinq mètres en aidant à installer un toboggan pour ses petits-enfants dans un arbre. Elle est blessée à la colonne vertébrale et subit une commotion cérébrale aussi.  Malgré la douleur chronique qui s’installe suite à ce terrible accident, elle reprend la plupart de ses activités et continue à voyager avec Billy pour ses réunions d’évangélisation jusqu’à la fin des années 90.  Ensuite, elle passe la plupart de son temps dans sa maison bien-aimée qui devient son quartier général.

Dans le livre, Footprints of a Pilgrim (Les empreints d’un pèlerin), sa fille Gigi écrit de sa mère :  « Non, son nid n’est pas vide, et ne l’a jamais été.  Ses enfants, petits-enfants et arrière petits-enfants gravitent autour de cette petite dame positive, pleine d’énergie d’amour, d’acceptation, d’encouragement, d’altruisme et de joie qu’ils appellent Tai Tai (un mot chinois qui désigne une vieille petite dame avec beaucoup de respect). »

Ruth est l’auteur d’un grand nombre de livres chrétiens et a régulièrement contribué des articles à des journaux et des magazines.  Sa biographie, A Time for Remembering (Un moment pour se souvenir) (réédité sous le titre Ruth: A Portrait) est l’œuvre de son amie, l’écrivain Patricia Cornwell.

Les cinq enfants de Ruth et Billy Graham sont Virginia (Gigi), Anne, Ruth (Bunny), Franklin et Ned.  Ils ont 19 petits-enfants et de nombreux arrière petits-enfants.

Extraits de “Legacy of a Pack Rat,” (Le testament d’un collectionneur) par Ruth Bell Graham, édité par  Oliver-Nelson Books, une division de Thomas Nelson Inc. Publishers, Nashville, Tenn :

Fin de chantier

Des pêcheurs écossais se retrouvèrent à une petite auberge pour discuter.  Tandis que l’un d’entre eux évoquait les événements de la journée, la serveuse posait une tasse de thé sur leur table.  Le pécheur, s’exprimant avec ses mains, renversa la tasse en envoyant son contenu contre un mur tout blanc.  Une tache brune apparut, défigurant le beau mur.

Un hôte se leva et s’exclama :  « Ne vous inquiétez pas. »   Puis il sortit un crayon de sa poche et commença à dessiner autour de la tache.  Un cerf magnifique, orné de bois impressionnants prit forme. L’artiste était l’un des plus talentueux en Grande-Bretagne pour la représentation des animaux.

Si un artiste peut faire tout cela avec une tache laide, alors imaginez tout ce que Dieu peut faire avec nos erreurs si seulement nous les lui confions !

Je me souviens d’un panneau que j’ai vu autrefois le long d’un tronçon de route en travaux.  J’aimerais faire graver ces mots sur ma pierre tombale.  Le panneau disait :  « Fin de chantier.  Merci de votre patience. »

 

De retour à la maison

« Maman va me manquer à Noël », me disait la vendeuse dans un magasin près de chez moi.  Sa mère est morte récemment et cette année serait la première depuis son départ.

Après que sa mère fut admise à l’hôpital, le médecin traitant avait demandé à la famille de ne pas entrer dans sa chambre pour lui accorder du repos.  « Alors je suis restée dans le couloir, » la vendeuse se souvenait.  « Mais finalement, je n’en pouvais plus et je suis entrée dans la chambre. Maman m’accueillit avec ses mots :  « Je pensais que tu n’arriverais jamais ! »

Elle retenait ses larmes, mais la vendeuse ajouta en souriant :  « Je pense que c’est ce qu’elle me dira en premier lorsque j’arrive au paradis. »

Psaume 116:15 déclare :  « Elle a du prix aux yeux de l'Éternel, La mort de ceux qui l'aiment. »  Je ne comprenais pas ce verset jusqu’au jour où j’ai réalisé que j’avais toujours contemplé la mort d’une perspective humaine et non de celle de Dieu.

Depuis le départ de mes enfants pour leurs études, ou le mariage, leur retour à la maison est accompagné d’une joie qui n’est compréhensible qu’à ceux qui ont vu leurs enfants grandir, quitter la maison et puis y revenir.  De même « qu’il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent » (Luc15:10), de même il y a de la joie au ciel pour le retour à la maison de chacun des enfants de Dieu. 

 

L’amour le plus fort

Pour nous sauver d’une mort éternelle, Dieu nous a donné la vie de son Fils Jésus.

Dieu envoya  son Fils sur terre comme un faible enfant, incapable de relever sa tête.  Il apprit à ramper, à se tenir debout, à marcher.  En tant qu’homme, il ramena des hommes et des femmes vers le Dieu qu’ils aient oublié.  Il leur dit :  « Le Seigneur vous aime » (voir Jean 3:16).  «Vous devez l’aimer en retour de tout votre cœur, de toute votre âme et de toute votre force » (voir Matthieu 22:37) et « Vous devez aimer les autres autant que vous vous aimez vous-mêmes » (voir Matthieu 22:39). 

Puis, après avoir expliqué ce que Dieu voulait dire par « amour », il leur montra :  il nourrissait les affamés, guérissait les malades et restaurait la vue aux aveugles. 

Finalement, il leur montra l’amour le plus fort de tous :  Il mourut à leur place pour leur ouvrir le chemin qui mène à Dieu.

Depuis, quel que soit l’éloignement, quel que soit le péché, il y a toujours un chemin ouvert pour retourner à Dieu.  Car un tel amour est plus fort que le péché, plus fort même que la mort. 

 Assoiffé

Il faut vivre dans le désert pour apprécier des puits à leur juste valeur, surtout lorsque ses troupeaux dépendent de l’eau que l’on y puise pour leur survie. 

En Jean 4, fatigué par la chaleur du soleil, Jésus s’assit à côté d’un puit.  C’était en Samarie.  Une femme s’approcha à midi pour puiser de l’eau.  Il savait que les femmes de son époque puisaient leur eau dans la fraîcheur de la journée.  Celle-ci avait choisi la chaleur de midi pour une raison bien précise :  elle était exclue de la société pour des raisons morales.

Il lui demanda à boire.  Imaginez le Grand Berger qui demande à boire à une petite brebis galleuse !   Pourtant, cela fait effet.  Pourquoi, se demanda-t-elle avec méfiance, ce Juif recherchait-il une faveur de la part d’une Samaritaine ?

« Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: Donne-moi à boire! tu lui aurais toi-même demandé à boire, et il t'aurait donné de l'eau vive » (Jean 4:10).

Elle détourna habilement la conversation.  « Seigneur, lui dit la femme, tu n'as rien pour puiser, et le puits est profond; d'où aurais-tu donc cette eau vive? » (Jean 4:11).

Voici un Berger assoiffé, et une brebis encore plus assoiffée.  Bientôt, une multitude d’autres viendraient du village pour boire à Sa source.

Depuis ce jour, bien de brebis assoiffée, et certains bergers aussi peut-être, ont pensé pouvoir améliorer cette Eau.
Ils n’y arriveront jamais.

Comme Jésus dit :  « Mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura jamais soif, et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. » (Jean 4:14).