Vie des associations
Nuit solidaire pour le logement
La mobilisation était au rendez-vous, le jeudi 21 février,
pour dénoncer l’insuffisance des réponses gouvernementales
au problème du mal-logement en France.

© Photothèque du Mouvement social |
La nuit solidaire pour le logement,
le jeudi 21 février
dernier, organisée par les 27 associations unies dont la
Fédération de l’Entraide protestante (FEP),
la Fondation Armée du Salut, le Centre d’action sociale
protestant (CASP), les Enfants de Don Quichotte, la Fondation Abbé-Pierre,
Emmaüs, ATD Quart Monde, la Fnars et le Secours catholique
aura finalement réuni 1 800 personnes selon la police et
près de 10 000 selon les organisateurs.
D’une voix unie, les associations ont réitéré leur
mécontentement face à l’insuffisance des engagements
pris par le gouvernement le 29 janvier dernier. Toutes ont voulu
montrer leur union pour dénoncer des mesures gouvernementales
qui ne sont pas de nature à améliorer durablement
les conditions de vie des personnes sans abris et mal logées, à fluidifier
l’ensemble d’une chaîne qui commence avec l’hébergement
mais va jusqu’au logement. |
Les associations évaluent
l'effort financier nécessaire à plus de 1,5 milliard
d'euros pour 2008 alors que le Premier ministre, M. Fillon, n'a
annoncé que 250 millions.
Concerts, prises de paroles se sont
succédés jusqu’à 2
heures du matin. Les stands des associations étaient éparpillés
sur la place, la palme revenant à celui d'Emmaüs :
la reproduction d'un appartement, avec tables, canapé, lit
et écran de projection, le tout entouré d'un muret
de parpaings.
Drapées dans leur couverture de survie, les trois statues
de la place de la République voulaient symboliser la précarité de
nos 100 000 citoyens contraints de vivre à la rue. À leurs
pieds, 450 citoyens (responsables associatifs, SDF, mal-logés
et bien logés), dont une « délégation
protestante » comprenant notamment le président, le
secrétaire général de la FEP ou encore le
directeur de l’ABEJ Lille, décidaient plus tard de
passer la nuit dehors en solidarité avec les sans logis.
Selon un sondage Bva-Emmaüs-L'Humanité-La Vie, paru
en décembre 2006, à la question cruciale « Pensez-vous
que vous puissiez devenir un jour SDF ? », près de
la moitié (48 %) des personnes questionnées avait
répondu : « Oui, cela pourrait m'arriver » ou « Oui,
c'est très possible ». Le succès rencontré par
cette mobilisation est plus que jamais révélateur
de cette peur largement partagée.
Au total notre pays compte 100 000 sans abri et 3,2 millions de
personnes mal-logées, selon le dernier rapport sur le mal-logement
de la fondation Abbé Pierre.
En province aussi, la mobilisation se poursuit. Le collectif ALERTE
PACA appelle à relayer la manifestation nationale le 3 mars,
de 18 h 30 à 19 h 30, à Marseille.
Service communication de la FEP