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Assemblée générale de la FPF – 05 avril 2008

 

 

 

Assemblée générale de la FPF – 05 avril 2008
Culte d'ouverture et envoi

par le pasteur Samuel Amédro

Ouverture

Frères et sœurs, en participant à notre AG, nous le chercherons peut-être dans les méandres de nos débats et dans les interstices de nos interventions…
Mais, en vérité, c’est lui qui, le premier, vient à notre rencontre.
Il s’approche maintenant de chacun d’entre nous.

Ensemble nous allons l’appeler de toute notre force, de toute notre âme et de tout notre cœur pour que son Souffle Saint nous inonde et nous inspire.
Mais, en vérité, c’est lui qui, le premier, nous appelle par notre nom.
Pour lui, chacun est unique et chaque existence a un prix infini.

Par notre engagement au sein de la Fédération, nous désirons peut-être lui apporter un peu de ce que nous avons et de ce que nous sommes.
Mais, en vérité, c’est lui qui, le premier, sans rien exiger en échange, nous donne la paix et la confiance nécessaires pour prendre nos décisions et assumer nos engagements.

Notre aide soit au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu qui toujours nous précède, nous accueille et nous aime gratuitement.

“Jésus est au milieu de nous” AEC 526 – Alléluia 45/14

FPF - AG 2008

Louange

Dieu notre Père, tu nous rassembles dans la communion de ton Eglise : fais-nous en vivre par ton amour.
Dieu notre Père, ton appel et tes dons sont irrévocable : fais-nous vivre par ton amour.
Fils du Dieu vivant, ta fidélité nous pousse à essayer de te rester toujours fidèles : fais-nous vivre par ton amour.
Fils du Dieu vivant, tu connais nos difficultés et nos faiblesses : fais-nous vivre par ton amour.
Esprit Saint, dans nos vies tu répands un désir de paix et de justice : fais-nous vivre par ton amour.
Esprit Saint, ton chemin nous mène vers tous ceux qui souffrent dans notre société : fais-les vivre par ton amour.
Esprit Saint, tu as déposé dans notre cœur des dons pour être créateurs de communion : fais-nous vivre par ton amour.

« C’est toi Seigneur qui nous unis » AEC 208 / 1.2 – Alléluia 21/08

 

Lecture Biblique

Matthieu 28, 1-10

Prédication

Chers amis, il est vrai qu’il y a déjà 15 jours que nous avons fêté Pâques et qu’aux yeux de notre monde, une info, une nouvelle (même bonne !!) datée de 15 jours est déjà dépassée, remplacée par un scoop plus récent encore. Mais je sais aussi que la tyrannie de l’immédiat n’a pas forcément envahi tous les lieux et que vous ne m’en voudrez pas si j’ai décidé de placer notre AG sous la lumière de ce récit de Pâques.

Pour moi, cette histoire telle qu’elle nous est rapportée par l’évangile de Matthieu, raconte une histoire d’obstacles qui ont été soulevés, enlevés, déplacés, éliminés (je ne sais trop quel verbe employer) entre la Bonne Nouvelle et mes oreilles, ma vie, mon cœur… Il y a d’un côté l’événement inouï de la résurrection de Jésus qui a effectivement eu lieu et de l’autre côté il y a moi et ma vie et notre monde et nos Églises, CIOM…

Et entre les deux, il y a une série d’obstacles : une pierre qui bouche le passage, des gardiens postés pour que rien ne bouge, une frousse bleue qui vous cloue le bac et vous empêche de parler…

Et au fond, je me dis, à y regarder de plus près, qu’est-ce que c’est qu’une Assemblée Générale si ce n’est une histoire d’obstacles à repérer, soulever, enlever, déplacer, éliminer (vous choisirez le terme qui vous convient..) entre notre mission, notre vocation et notre réalité, notre vécu. J’ai la faiblesse de croire que le récit de l’un peut éclairer la situation de l’autre ; et même mon petit doigt me dit qu’il y a là (si je ne m’abuse), une histoire de foi qui peut soulever les montagnes.

Alors regardons ensemble cette histoire d’un peu plus près. J’y décèle, moi, deux types d’obstacles assez différents sur la route de la Bonne Nouvelle.

Il y a d’abord les obstacles que j’appellerais des obstacles externes et objectifs, ceux qu’on n’a pas choisis. Il y a là une pierre devant ce tombeau qui empêche les femmes de constater la réalité de la résurrection. Comme un obstacle infranchissable. De ces choses et objets qui semblent impossible à soulever, à déplacer. « Qui pour nous roulera la pierre ? » demandent ces femmes dans l’Évangile de Marc. C’est du scellé, du définitif, du passé. Et puis, second obstacle objectif : il y a les gardiens du tombeau : ceux qui sont là pour vous dire que rien ne peut changer parce que rien ne doit changer ! Que c’est comme ça et puis c’est tout et que le mieux serait d’en prendre son parti.

J’y entends, moi, une critique sourde et ironique de tous les « religieux » qui se donnent pour mission de perpétuer ce qui s’est toujours fait dans une sublime répétition de l’immuable. Comme dirait mon copain Serge : « l’immobilisme est en marche et rien de saurait l’arrêter ! »

Il y a donc ces deux obstacles objectifs et externes. Et si je lis bien, c’est l’ange qui s’en occupe. C’est lui qui fait le boulot, qui roule la pierre et s’assied dessus d’un air triomphal… C’est lui qui fait peur aux gardiens du tombeau à tel point qu’ils en perdent conscience. Bref c’est son job !

Si je traduis dans mon langage, ces obstacles qui vous semblent insurmontables et ne relèvent pas de nos compétences : remettons-les entre les mains du Seigneur ; laissons-le faire plutôt que de vous faire du mal en nous tapant la tête contre les murs. On pourrait appeler cela de l’humilité. Moi je préfère dire que chacun doit être à sa place et qu’il y a comme du masochisme chrétien à vouloir prendre la place de Dieu. Je pense notamment avec un petit sourire complice à tous ces « gardiens » de tombeaux qui ne veulent rien changer. Chers amis, plutôt que de tempêter inutilement… attendons qu’ils s’endorment tranquillement, le Seigneur fera le reste.

Mais il ne s’agit pas de nous tourner les pouces en attendant benoîtement (si j’ose dire) qu’on fasse ou qu’on pense à notre place. La Bonne Nouvelle de Pâques n’est pas un oreiller de paresse. Il y a un second type d’obstacles sur lequel si j’en crois notre récit ni l’ange ni même Jésus n’y peuvent rien : parce qu’ils ne relèvent que de nous. Ce sont les obstacles intérieurs et subjectifs : ils ont la forme de la peur. Ceux-là, toujours si je lis bien, l’ange dit que c’est à elles, à ces femmes présentes au tombeau, que c’est leur travail de s’en occuper ; d’en prendre soin et que personne ne peut le faire à leur place.

Trois fois l’impératif est posé : « vous, n’ayez pas peur ». Ils vont même s’y mettre à deux pour essayer de les convaincre, de les rassurer puisque Jésus lui-même intervient pour répéter le message de l’ange : « N’ayez pas peur… allez dire » ! 

A mon avis, si Jésus vient après l’ange ce n’est pas pour répéter le message, mais c’est parce qu’il y a deux peurs différentes à combattre en nous…

Que dit l’ange ? « Vous, n’ayez pas peur,  je sais que vous cherchez Jésus le crucifié » 1re peur. Jésus le crucifié fait peur et d’abord aux chrétiens. La croix est bien le premier obstacle. Scandale pour les juifs et folie pour les grecs disait l’apôtre Paul et surtout source de peur pour les chrétiens.

Ceux qui croient au divin comme ils disent voient dans la croix un blasphème inacceptable qui, à leurs yeux, insulte l’honneur de Dieu.

Ceux qui n’y croient pas mais qui cherchent à user de leur intelligence pour comprendre voient dans la croix une idée complètement farfelue, incompréhensible et irrationnelle.

Et au milieu coule une rivière… de chrétiens bien ennuyés qui préfèreraient sans doute que cela ne fut jamais arrivé, qui aimeraient qu’on retire la croix des temples et qu’on supprime ces pages de nos Bibles.

Ceux-là, et ils sont fort nombreux chez les chrétiens, aiment voir en Jésus un sage, un maître de sagesse, l’homme idéal tel que Dieu l’a imaginé. Ils reçoivent sa prédication et son enseignement comme un beau message d’humanisme, d’ouverture, d’intelligence, de liberté et d’amour des ennemis.

Mais pour eux la croix est un échec insupportable, une tragédie, une volonté délibérée d’étouffer le message, de le faire taire…

Au fond, ils aimeraient un christianisme sans la croix, sans la mort de Jésus. Un christianisme humaniste qui touche l’intelligence humaine, en « continuité » avec la raison humaine si j’ose dire, toujours aussi benoîtement…

Sans doute faut-il retrouver Luther qui qualifie la raison humaine de putain du diable mais ce n’est guère flatteur narcissiquement parlant…

Dans ce récit de l’Évangile de Matthieu, je crois qu’il nous faut entendre l’appel pressant de l’ange qui nous invite à ne pas avoir peur, à ne pas chercher à l’éviter, à l’éliminer : la croix est le moyen que Dieu a choisi pour se révéler, pour se dévoiler tel qu’il est et non tel que nous aimerions qu’il soit. J’aurais aimé vous montrer ce dessin d’Auderset qui montre Jésus sur la croix avec la simple légende « Dieu t’aime grand…  comme ça ! »

Parce que c’est à partir de cet amour-là qui se dévoile de cette manière là, justement choisie et voulue par Dieu, qu’il nous sera possible d’affronter la seconde peur dont parle l’Évangile : la peur de parler.

Ce sera ma dernière remarque mais elle est importante à mes yeux. Voilà ce que dit Jésus à ces femmes : « N’ayez pas peur… allez dire ». Allez dire… Mais justement : nous n’osons pas dire… Je me demande parfois si nous, protestants français, nous ne nous sommes pas laissés piéger à notre propre parole. Nous sommes tellement fiers, tellement attachés à cette laïcité que nous avons largement contribué à construire que nous nous interdisons de la questionner, de l’interroger. Le Protestant français est laïc ou il n’est pas  (autrement il préfère rester inaudible dans l’espace public) ! Comme ces journalistes qui s’autocensurent de peur de déplaire au prince, je me demande souvent si par notre soutien indéfectible à la laïcité d’aujourd’hui nous ne sommes pas en train de creuser notre tombe (et je retrouve ici les gardiens du dogme qui veulent surtout que rien ne bouge) : et cela nous laisse pétrifiés, comme morts.

Par peur de déplaire, nous acceptons de faire de l’Évangile une question purement privée, personnelle, intime. N’est-ce pas là une sorte de trahison que d’accepter, à l’insu de notre plein gré aurait dit un certain coureur cycliste, de faire de l’Évangile une réponse religieuse à une question religieuse ?

Personnellement, je dois avouer que les questions religieuses m’ennuient : parce que, comme tout le monde, je les trouve déconnectées de ma réalité.

N’est-ce pas là une trahison ? Tout le monde connaît la boutade qui dit que le mariage c’est résoudre à deux les problèmes qu’on n’aurait pas eus si on était resté célibataire. J’aimerais la paraphraser à ma façon : désormais venir à l’Eglise c’est vouloir répondre à plusieurs à des questions que personne ne se pose ! Allons-nous accepter de continuer à dire que la croix ne concerne personne ?

Voilà, à mon avis, un obstacle majeur que nous sous sommes imposés. Mais non, à la lumière de notre récit de Pâques, la peur de parler de la Bonne Nouvelle de la Résurrection n’est pas une fatalité. Voilà ce que je crois ! Amen !

« Tu nous appelles à t’aimer » AEC 532

Appel à l’Esprit

Donne-nous, Seigneur,
ton Esprit de sagesse et d’intelligence
pour que nous discernions
les crises graves des remous de surface,
les détresses profondes des ennuis passagers,
les véritables injustices et le juste prix à payer.

• Seigneur, donne-nous ton Esprit !

Donne-nous, Seigneur,
ton Esprit de courage et de force
pour que nous résistions à la peur des changements nécessaires,
pour que nous osions construire une fraternité plus grande,
pour que nous rendions plus humains le travail et les loisirs.

• Seigneur, donne-nous ton Esprit !

Donne-nous, Seigneur, ton Esprit d’espérance
pour que la fatigue et le doute n’entravent pas nos luttes,
pour que nos yeux décèlent les plus petites lueurs de vie,
pour que nous devenions, pour les autres, des signes d’un avenir meilleur.

• Seigneur, donne-nous ton Esprit !

« Viens Esprit de Sainteté » AEC 503 – Alléluia 35/15

Envoi

Mettons-nous au travail avec la force qui nous est donnée.
Prenons le chemin de cette AG, le pied léger.
Soyons attentifs aux paroles et aux actes ; soyons attentifs à l'amour
et que l'esprit de Dieu nous accompagne.

 

Envoi final


 

Appel

On me dit que mes enfants, les hommes, ont des problèmes d'emploi.
Moi, j'appelle, dit Dieu.
J'embauche tout le temps, je suis sur la place pour embaucher dès 6h00 du matin.
J'y suis à 9h00, j'y suis à 14h00.
J'y suis encore à 5h00 du soir, alors que la journée va s'achever ;
à ce moment, moi, j'embauche encore.

Et moi je paie, dit Dieu.
Je ne paie pas à l'heure, ni au mois, ni aux pièces.
Moi je paie à l'éternité...
Parfaitement : une éternité de bonheur pour celui
qui aura travaillé pour moi quelques heures,
quelques semaines, quelques mois, quelques années.

Et j'appelle tous ceux qui veulent.
Je ne demande ni BAC, ni BEPC, ni CAP, ni BTS, ni diplôme d'aucune sorte.
Je ne demande que de la bonne volonté, la volonté de travailler.

J'appelle pour tous les métiers.
J'ai besoin de cantonniers,
car il est écrit : "Préparez les routes du Seigneur,
rabotez les collines et rectifiez les virages...".
J'ai besoin de cantonniers pour préparer la route de mon retour.
En créant un monde moins inégal et plus droit,
en luttant contre les injustices et les misères,
En rendant les routes de la vie moins dures et moins pénibles
pour les hommes, mes fils, pour les hommes, vos frères...
J'ai besoin d'infirmiers, de bons samaritains,
ceux qui soignent les maladies du corps et surtout de l'âme,
ceux qui ramassent dans les fossés les blessés de la vie, les abandonnés de la route...
J'ai besoin de vignerons et de moissonneurs,
car "la moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux".
J'appelle tous ceux qui sont prêts à récolter
la moisson des bonnes volontés qui ne savent où s'adresser,
la vendange des joies qui ne savent avec qui se partager...
Surtout, surtout, j'ai besoin de bergers,
"car j'ai pitié de ces foules, qui sont comme des troupeaux sans pasteurs".
Ceux par les mains de qui je partagerai à tous les affamés le Pain de ma Parole,
le Pain de mon Corps et le Vin de mon Sang...

Venez tous, dit Dieu, j'appelle ; il y a du travail pour tous, j'emploie tout le monde...
Et ce soir, après la journée de travail, tous ensemble, avec Moi, vous ferez la fête !

Prière

Pour toute cette année,
Pour faire vivre notre Fédération, nos églises, nos communautés, nos mouvements et nos engagements,
Pour que le monde dans lequel nous vivons soit un peu plus doux,
O Dieu, envoie-nous des fous,
qui s’engagent à fond,
qui oublient,
qui aiment autrement qu’en paroles,
qui se donnent pour de vrai et jusqu’au bout.

Il nous faut des fous
des déraisonnables,
des passionnés,
capables de sauter dans l’insécurité:
l’inconnu toujours plus béant de la pauvreté.

Il nous faut des fous du présent,
épris de vie simple, amants de la paix,
qui refusent la compromission,
décidés à essayer de ne jamais trahir,
capables d’accepter n’importe quelle tâche,
de partir n’importe où:
à la fois obéissants,
spontanés et tenaces, doux et forts.

O Dieu, envoie-nous des fous.

Bénédiction

UN HOROSCOPE INFAILLIBLE
Si vous êtes nés… entre le 1er janvier et le 31 décembre, vous êtes sous le signe de la grâce de Dieu (Tite 2, 11)

  • ASTRE dominant : la brillante étoile du matin (Jésus Christ), le soleil levant qui nous a invités d’en haut (Luc 1, 18)
  • AMOUR : toujours heureux d’être aimés de Dieu et d’aimer, car rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ (Romains 8, 39)
  • VOYAGES : L’Eternel gardera ton départ et ton arrivée dès maintenant et à jamais (Psaume 121, 8)
  • SANTE : cette parole est certaine : si nous mourons avec Lui, nous vivrons avec Lui (Timothée 1, 15) Ne vous inquiétez de rien ! (Philippiens 4, 6)
  • ARGENT : Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse (Phi 4, 19)
  • EVENEMENTS MONDIAUX : Vous entendrez parler de bruits de guerre, gardez-vous d’être troublés, car il faut que ces choses arrivent (Matt 24, 6) Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu (Romains 8, 28)
« A Dieu soit la Gloire » AEC 277