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| VII- Présentation de quelques composantes du protestantisme | ||
Les Églises membres de la FPF : |
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Le luthéranisme remonte aux origines mêmes de la Réforme et se réclame des trois affirmations centrales du message de Luther :
La théologie luthérienne prend sa source dans l'événement de la croix : l'humanité y rencontre Dieu lui-même, dans la détresse du Christ crucifié qui a accepté d'aller jusqu'au tréfonds de la misère humaine. Désormais, l'être humain est "à la fois pécheur et justifié". Transformé dans sa rencontre avec Dieu, libéré de l'angoisse de la solitude et des affres du désespoir, il peut s'ouvrir aux autres et se consacrer à leur service. Même lorsqu'elle se réfère au principe des "deux règnes" (temporel et spirituel), la théologie luthérienne valorise l'histoire et le monde comme lieux où Dieu appelle les hommes à s'engager. Regroupées au sein de la Fédération luthérienne mondiale (FLM : 55 millions de membres), les Eglises luthériennes vivent en communion ecclésiale. Elles sont néanmoins différemment organisées : certaines, notamment en Scandinavie, ont adopté un fonctionnement de type épiscopalien, conservant une certaine hiérarchie ecclésiastique. D'autres, comme en France, ont adopté un système de type presbytérien-synodal, ou ont opté pour un fonctionnement intermédiaire entre le système épiscopalien et le système presbytérien-synodal. |
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| 2. Les Églises réformées | ||
Les Églises réformées se réclament également de Luther mais aussi d'autres réformateurs tels que Jean Calvin, Ulrich Zwingli ou Théodore de Bèze. La théologie réformée met plus particulièrement l'accent sur la toute puissance de Dieu. Celle-ci n'atteint pas à la liberté et à la responsabilité du chrétien, bien au contraire : ayant reçu en Jésus-Christ l'assurance de son salut, et se sachant pardonné, il n'en est que plus libre pour conduire sa vie de manière exigeante et responsable, conciliant sanctification personnelle et engagement dans la société pour combattre les injustices de ce monde. La transcendance de Dieu implique en même temps la relativisation de tous les pouvoirs humains, qu'ils soient religieux ou politiques. La plupart des Églises réformées appartiennent à l'Alliance réformée mondiale (ARM : 70 millions de membres). Elles ne se réclament pas d'une confession de foi unique : il appartient à chaque Église de dire sa foi dans l'actualité et le contexte qui sont les siens. Cette acceptation des différences rejoint le souci des réformés de préserver en leur sein un réel pluralisme théologique. Les Églises réformées sont généralement organisées selon le système presbytérien-synodal, conseil de laïcs dans les Églises locales et assemblées synodales régulières. |
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| 3. Les Églises évangéliques | ||
| Les Églises évangéliques tiennent leurs origines de différents mouvements réformateurs protestants du XVIe siècle, en particulier anabaptistes. D'une manière générale, ces Églises ont la particularité de ne reconnaître comme membres que celles et ceux qui font profession de foi en Jésus-Christ et qui, en demandant le baptême, font un acte volontaire et personnel de repentance et de foi. Pour cette raison, les Églises évangéliques ne pratiquent pas le baptême des petits enfants. Ce sont des Églises de professants, se distinguant sur ce point des Églises multitudinistes. Par ailleurs, les évangéliques se réclament des grands principes de la Réforme, en particulier le salut par la grâce reçue dans la foi et la "sola scriptura'' : parole inspirée de Dieu, l'Ecriture est l'autorité unique et suffisante sur le plan théologique. Dès le début de leur histoire, les évangéliques ont affirmé avec force le principe de la séparation des Églises et de l'Etat. Ils accordent également autant d'importance à l'évangélisation qu'à l'action sociale : chaque Église est appelée à discerner les lieux de témoignage et de service appelant un ministère diaconal. Les Églises évangéliques peuvent être organisées selon différents principes (congrégationaliste, presbytéro-synodal, etc.). |
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| 4. Les Églises pentecôtistes | ||
Le pentecôtisme est né de mouvements de Réveil particuliers qui se sont manifestés au début du XX° siècle, aux Etats-Unis (sous l'impulsion des pasteurs Charles Parham et William Seymour), en Inde et au Pays de Galles (sous l'influence d'Evan Roberts, prédicateur laïc méthodiste). La volonté des premiers pentecôtistes était de revenir aux sources de l'Église primitive et de revivre l'expérience des temps apostoliques, plus particulièrement du jour de la Pentecôte. La particularité théologique des pentecôtistes est de penser qu'en plus de la présence du Saint Esprit dans le croyant à travers la nouvelle naissance, il y aussi un revêtement de puissance communiqué lors d'une expérience particulière appelé baptême de l'Esprit. Celui-ci confère au croyant des dons particuliers comme le parler en langue, la prophétie ou la guérison divine. Ces dons de l'Esprit (ou charismes) sont énumérés dans la première Epître aux Corinthiens. Les Églises pentecôtistes se font les témoins de "l'Evangile aux quatre angles": Jésus sauve, baptise, guérit, revient. Par ailleurs, elles se situent dans la tradition protestante évangélique et baptiste et se réfèrent aux grands principes de la Réforme : salut par la grâce, autorité de la Bible seule, sacerdoce universel. Sur le plan ecclésiologique, les Églises pentecôtistes sont souvent congrégationalistes, mais certaines peuvent être de type prebytéro-synodal, ou au contraire de type épiscopal. Suivant les sources, le nombre de Pentecôtistes classiques varie de 150 millions à 230 millions dans le monde. En rajoutant les Églises charismatiques et néo-pentecôtistes, ainsi que les Églises indigènes non blanches (qui sont souvent d'origine pentecôtiste), le recensement le plus récent (juin 2000) avance le chiffre de 500 millions de personnes (International Bulletin of Missionary Research). |
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| 5. Communauté protestante interdénominationnelle | ||
| Il existe à la Fédération une Église qui ne se rattache à aucune des catégories précédentes, mais qui est résolument interconfessionnelle ; il s'agit de la Mission Populaire Evangélique de France (MPEF). | ||
| VIII- Les six axes communs aux différentes composantes du protestantisme | ||
| 1- A Dieu seul la gloire Rien n'est sacré, divin ou absolu en dehors de Dieu affirment les protestants. Ils sont donc vigilants envers tout parti, valeur, idéologie, ou entreprise humaine prétendant revêtir un caractère absolu, intangible ou universel. 2- La grâce seule Les protestants affirment que la valeur d'une personne ne dépend ni de ses qualités, ni de son mérite, ni de son statut social, mais de l'amour gratuit de Dieu qui confère à chaque être humain un prix inestimable. 3- L'essentiel, c'est la foi La foi naît de la rencontre personnelle avec Dieu. Cette rencontre peut surgir brusquement dans la vie d'un individu. Le plus souvent, elle est l'issue d'un long cheminement parsemé de doutes et d'interrogations. Mais la foi est offerte par Dieu, sans condition. Tout être humain est appelé à la recevoir dans la liberté. Elle est la réponse humaine à la déclaration d'amour faite à tous par Dieu, dans la parole biblique, en Jésus-Christ. 4- La Bible seule Les chrétiens protestants ne reconnaissent que la seule autorité de la Bible et sa libre interprétation. Elle seule peut nourrir leur foi, elle est la référence dernière en matière théologique, éthique, institutionnelle. A travers les témoignages humains qu’elle nous transmet, la Bible est la Parole de Dieu. 5- Se réformer sans cesse Les Eglises rassemblent dans une même loi et espérance tous ceux, hommes, femmes et enfants, qui confessent explicitement le Dieu de Jésus-Christ comme celui qui donne sens à leur vie. 6- Le sacerdoce universel Figurant parmi les principes novateurs de la Réforme, le sacerdoce universel des croyants instaure une place identique, au sein de l'Eglise, à chaque baptisé. Pasteurs et laïcs se partagent le gouvernement de l'Eglise. |
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