En 1991, La Fédération protestante de France exprime sa satisfaction à l'annonce d'une loi cadre ; les Eglises protestantes membres de la FPF se trouvent « en phase » avec les orientations de la future loi, votée en 1994. Sur les questions les plus brûlantes encadrées par la Loi de 2004, les protestants continuent de réfléchir et de débattre.
Le clonage et les cellules souches sont deux domaines de recherche intimement liés. Le clonage thérapeutique sert à créer des lignées de cellules souches. Il permettrait de contourner l’obstacle immunologique.
En 2003, la Fédération protestante de France (FPF) se prononce pour "un bon usage" des cellules souches adultes mais des divergences demeurent entre les Eglises membres : la recherche sur cellules souches embryonnaires et le clonage thérapeutique font débat.
Déjà, en 2001, la FPF, par la voix de son président, déclare ne pas vouloir "tomber dans le panneau de la sacralisation de l'embryon".
En 2003, elle pose la question de la solidarité thérapeutique rendue possible par le clonage des embryons surnuméraires.
Les Eglises évangéliques libres et les Eglises baptistes sont d’avis, en 2001, que « le recours au clonage thérapeutique est nettement préférable à l'utilisation des embryons congelés surnuméraires (...) ».
La question du clonage est traitée en 1997 par la Commission Ethique qui interpelle le Conseil de la FPF. En 2001, la FPF poursuit sa réflexion et invite au débat. L’Eglise luthérienne d’Alsace et de Lorraine (ECAAL), fait écho à ces déclarations dans un texte publié en 2002. La même année, l’Association médico-sociale protestante prend également position. Les Eglises protestantes ne ferment pas la porte au clonage thérapeutique mais se prononce à l’unanimité contre le clonage à des fins reproductives.
La CEC-KEK traite en 10 questions clé le clonage en 1998 et en expose les enjeux en 2000 dans « L’usage thérapeutique du clonage et des cellules souches embryonnaires ».
Dans ces différents lieux de débats, les protagonistes ne découragent pas l’avancée des découvertes scientifiques, mais appellent à poursuivre le débat et propose une lecture théologique de l’homme qui puisse éclairer la science.
A lire aussi :
Un point de vue protestant sur le clonage par D. Müller
Procréation médicalement assistée :
La Fédération protestante de France distingue les PMA intraconjugales et hétérogènes et redit sa conviction que "les droits de l'enfant sont prééminents au droit à l'enfant". Les Eglises protestantes comprennent l’embryon comme une "personne potentielle" et demeurent préoccupées par le sort réservé aux embryons surnuméraires congelés, au nombre de 120000 en France en 2005. De son côté la Conférence des Eglises Européennes en appelle à la responsabilité des parents dans « L'Assistance médicale à la Procréation et la Protection de l'Embryon humain » et dresse un premier et vaste bilan des pratiques dans « La procréation médicalement assistée 20 ans après ».
A l’horizon pointe la question de l’utérus artificiel ou ectogenèse, dont la presse se fait déjà l’écho…
A Lire aussi :
L’utérus artificiel ou la dernière frontière par J.Y. NAU, Le Monde du 12/03/05 (Le lien est payant).
Diagnostic prénatal :
« L’essor fulgurant du recours au diagnostic prénatal a conduit l’Inserm à faire en 2003 le point des pratiques » (cf. Le Monde du 22/11/2003). Le rapport final : Diagnostic prénatal : pratiques et enjeux, conclut qu’« au niveau social, le dépistage systématique du risque tel qu’il est pratiqué en France ( …) instaure le dépistage prénatal comme la norme, ce qui est perçu par certains comme contraire au respect de la personne humaine.(…) ».
Les protestants approuvent « le diagnostic prénatal », et acceptent l’IVG « dans le cas où les embryons sont atteints de maladies létales à court terme ». Dès 1971, la FPF s’est prononcée pour la loi « Veil » sur l’IVG, cf. notre dossier) ; Cependant les Eglises protestantes se sont inquiétées des conséquences de l'"arrêt Perruche" qui renvoie aux questions soulevées par l’Inserm.
Diagnostic préimplantatoire et thérapie génique :
Pour la FPF « elle pose un problème très particulier, car elle risque de porter atteinte à la diversité du génome; et pourtant, pour les sujets concernés, l'assurance de ne pas transmettre une maladie à leurs descendants serait une vraie délivrance ». Les Eglises membres de la FPF poursuivent leur débat sur ce point et ne se sont pas encore exprimées sur la question des « bébés médicaments ». Mais la Conférence des Eglises Européennes ont commencé à réfléchir à la question des tests génétiques et de la médecine prédictive.
A Lire aussi :
Le don de créer : manipulations génétiques, un point de vue biblique, par D.Bodi
Fabriquer la vie, jusqu'où ? par A. Houziaux
Promesses et limites du génie génétique par D. Müller
Dès 1992, la FPF appelle à la vigilance sur la brevetabilité du Génome.
Les protestants appellent à une stricte protection du patrimoine génétique de l'humanité, non de la recherche, mais des procédés d'identification ou de manipulation injustifiés. La brevetabilité du génome (humain ou autre) demeure inadmissible. La recherche sur le génome ne doit trouver d’application que thérapeutique. Le synode national de l’Eglise réformée de France, en 2000 se prononce également pour l'interdiction de toute attribution de brevet sur le génome.
La Conférences des Eglises Européennes proteste en octobre et novembre 1996 contre le projet de directive européenne de brevet et adresse ses remarques au président du conseil de ministres européens en 2000.