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NEV Notizie evangefiche, Service de presse de La FCEI
Protestantisme, oecuménisme, religions.

15 juin 2005 - hebdomadaire - 26e année - numéro 24

Référendum/1 ; premières réactions de protestants italiens sur l'issue du référendum
Regrets de la FCEI (= Fédération des Églises Évangéliques en Italie).

Rome (NEV), 15 Juin 2005 - Le capitaine de l'Armée du Salut, David Cavanagh, vice ­président de la FCEI, a exprimé ses regrets du fait que le quorum n'ait pas été atteint lors du référendum sur la PMA , d'autant que « la majorité de nos membres aurait sans doute voté –oui - . Bien sûr, le résultat n'est pas une surprise. Depuis des années, la consultation par référendum est en crise ; Dans ce cas précis, depuis le début, la date semblait en tout état de cause avoir été fixée pour décourager la participation » ; Pour Cavanagh, il était « juste et nécessaire » d'exprimer le désaccord de la FCEI quant aux modalités d'ingérence de l'Église catholique au sein du débat. « L'Eglise catholique avait tout–à- fait le droit de se mettre sur les rangs - a-t-il déclaré hier dans un communiqué de presse. Mais au lieu de défendre son point de vue, la hiérarchie catholique a choisi de promouvoir avec force l'abstention. Nous retenons que cela a été une tentative inacceptable d'instrumentalisation, une mesure visant à éviter qu'un référendum, chose frivole et sédicieuse ait force de loi - ce qui, en la matière, n'était pas du tout le cas » . Toutefois, Cavanagh pense que la partie n'est en aucun cas terminée. « L'article de loi 40/2004 reste d'après nous une très mauvaise loi ; car difficilement conciliable avec la législation en vigueur dans son ensemble »

Ce n'est pas par hasard que la FCEI a exprimé son inquiétude de voir des risques de modification, voire d'abrogation de la loi 494 sur l'avortement. Le communiqué se termine par un appel de la FCEI à ceux qui - du milieu politique, culturel ou scientifique - ont affirmé leur conviction de la nécessité de réviser !a foi en question (4012004) à continuer dans ce sens. «Les Églises se déclarent pleinement disponibles pour un tel objectif » (nev/gc)

Référendum/2. Les églises membres de la FCEI s'expriment sur le résultat;
Positions diverses sur le rôle de l'église catholique dans le débat référendaire.

Roma (NEV), 15 Juïn .2005 - « Une défaite pour l'Italie, un éloignement de notre pays de la communauté scientifique et des autres pays européens ». C'est ce qu'exprime le pasteur Gianni Genre, modérateur de la « Tavola valdese », dans le prochain numéro de `Riforma' l'hebdomadaire des églises évangéliques baptistes, méthodistes et vaudoises. Également : « Outre la complexité du sujet sur lequel nous devions nous prononcer, le peu de volonté des organismes publics d'information, l'indifférence atavique d'une partie du corps électoral italien, la lourde ingérence du président de la CEI et du nouveau pontife ont fait la différence. Tout ceci, ajouté à l'opportunisme de nombreux politiciens en mal de reconnaissance de la part de l'église catholique, remet grandement en question le caractère autonome et laïque de l'Etat. Cela nous pose un problème sérieux. Le dialogue oecuménique avec l'Eglise catholique sera influencé par ces interrogations qui ne peuvent être éludées car elles ne signalent pas seulement les divergences possibles et légitimes qui ont toujours existé sur les questions d'ordre éthique ou politique, mais une conception différente des effets que produit le message libérateur de l'Evangile sur tes consciences des personnes qui le reçoivent. Pour nous, l'Evangile n'induit pas une dépendance à l'égard de la hiérarchie ecclésiastique mais l'obéissance à Dieu seul, dans la pleine conscience d'une libre responsabilité ;

Différente est la position de Jürgen Astfalk, doyen de l'Eglise évangélique luthérienne d'Italie (CELI) : « Comme on pouvait s'y attendre, le référendum n'a pas obtenu le quorum requis ; Le sujet était trop complexe. II n'y a pas eu l'engagement personnel de la majorité de ta société italienne. Gagner un référendum dans ces conditions, exigeait le soutien effectif des milieux influents et représentatifs de la société. Autant l'église catholique que d'importants représentants de la sphère politique ont choisi l'abstention ; Qui critique cette position évacue le coeur de la discussion en voulant la contourner. Dans un Etat de droit et de liberté, personne ne peut prétendre empêcher l'Eglise catholique de faire valoir son point de vue. En fait, le choix définitif appartient à chaque citoyen ayant droit de vote ; Et les ayants -droits ont décidé. Avec ce vote, les questions en jeu ne peuvent être considérées comme définitivement résolues. Je ne trouve pas opportun qu'il y ait maintenant une discussion de la loi sur l'avortement. Je suis certain qu'une telle discussion n'apporterait à personne un changement significatif par rapport à la situation législative en vigueur.

Pour la pasteure Anna Maffei, présidente de l'UCEBI (Union chrétienne évangélique baptiste d'Italie), le vote ou le non-vote est très complexe. « Un non - vote au cours duquel l'indifférence et la méfiance vis-à-vis de l'appareil référendaire (déjà observées dans les consultations précédentes) se sont ajoutées à l'abstentionnisme militant des hiérarchies catholiques et d'une grande partie de droite et du centre ». Pour la pasteure, la campagne des abstentionnistes catholiques a miné un principe fondamental de la démocratie, à savoir la confidentialité du vote ; « en plaçant sur le choix même de se rendre ou non aux urnes, une hypothèque de contrôle social et politique sans précédent. ». Anna Maffei pour qui nous nous trouvons devant une démocratie « malade » a du mal à croire que ceux qui se sont rangés du côté de l'abstention avaient vraiment à coeur le devenir des embryons en tant que « personnes ». « Le regard n'était-il pas plutôt tourné vers les prochaines échéances électorales au cours desquelles les votes catholiques et l'appui des hiérarchies font envie à tous (ou presque) ?- se demande Anna Maffe i- ; Mais, s'il arrivait malencontreusement qu'un jour, ces bons pratiquants se trouvent devant !e choix de recourir ou non aux thérapies résultant de ta recherche sur des embryons, rigoureusement non issus de la recherche italienne, pensez-vous qu'ils soient tous prêts à y renoncer ? La cohérence et l'honnêteté intellectuelle de notre pays sont aussi rares que les particules de sodium dans une célèbre eau minérale », conclut la pasteure avec une pointe d'ironie.(nev/gc)