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C'est un
privilège de commencer une mission de solidarité et d'accompagnement
en Israël-Palestine au cours de la Semaine sainte et à Jérusalem.
J'ai eu l'occasion de célébrer le service du Jeudi-saint en l'Eglise luthérienne, au cur de la vieille ville. De là, une procession, sous la conduite courageuse de l'évêque luthérien Munib Younan, nous a mené à travers les rues marchandes des quartiers chrétiens et musulmans en passant, mais en sens inverse, par la Via dolorosa supposée suivie par Jésus pour être crucifié, jusqu'au jardin de Gethsémané. Là un service en arabe, allemand, danois et anglais a été célébré en plein air devant l'Eglise orthodoxe. J'ai ensuite assisté à une célébration catholique, dans la basilique de l'Agonie, où furent lus en parallèle et en plusieurs langues les récits du jour, dans les 3 premiers évangiles. Une foule immense et disparate remplissait cette grande église dans un remarquable climat de prière. Paix et ferveur. Le vendredi,
chemin de croix. Une très longue procession internationale où
chacun prie ou chante dans sa propre langue, conduite par un véritable
" régiment " de Capucins. Mais arrivés au lieu
supposé de la crucifixion de Jésus et à l'Eglise
du Saint sépulcre, plus de Capucins. La direction était
assurée par des prêtres orthodoxes. Foule dense, et cohue.
Une heure de pression terrible que celle des métros parisiens ne
permet même pas de soupçonner ! Mais à la fin, filtrage
un par un pour arriver au lieu supposé du tombeau de Jésus.
Là, cinq mots en langue grecque, qui résument tout : "
La vie (est) dans la tombe ". En attendant le matin de Pâques
Ces péripéties
d'un après-midi illustrent bien quelques impressions du touriste
que je suis jusqu'à présent. Jérusalem me paraît
une cité souffrante. Impression d'un puzzle encore à faire
; tout en désordre. Chaque quartier, chaque groupe humain, chaque
religion, chaque église, tout le monde suit son chemin comme s'il
était seul. Les autres n'existeraient-ils que par la peur qu'ils
inspirent, et sous la protection d'hommes en armes, portant uniformes
ou pas ? Et au milieu de cette population, une foule d'étrangers
venus pour leur programme de visite sans s'occuper des gens du coin, passant
sans rien acheter dans ces rues étroites où chaque maison
est pourvue d'un commerce avec étal. Rien ne part. Les commerçants
sont à l'évidence désespérés, sombres
et amers, face à ces piétinements sans fin devant leurs
boutiques. |
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