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« Ce qui se passe à Jayyous a pour nom oppression ! » a déclaré le pasteur Gilbert Charbonnier de retour de sa mission d’accompagnement en Palestine. Exemples concrets à l’appui, il a dénoncé une politique de colonisation et d’occupation des territoires palestiniens, accrue par le mur de séparation. Pendant trois mois, la mission du pasteur Charbonnier et de ses deux compagnons, une suissesse et un norvégien, a été d'accompagner les paysans palestiniens par la surveillance de deux portes qui permettent aux agriculteurs de Jayyous d’aller travailler de l’autre côté du mur, où se trouvent 75 % des territoires cultivés de ce bourg de 3.200 habitants. Il leur est arrivé de devoir plaider la cause des paysans devant les militaires israéliens. Seuls les paysans propriétaires ont accès à une carte de passage ce qui a des conséquences aussi dramatiques qu’ubuesques : d’un côté la population est au chômage, et de l’autre la main d’œuvre manque ! Paupérisation, avec parfois un seul repas par jour, problème de fourniture d’électricité et d’eau, le quotidien est compliqué. Il a rappelé la difficile situation des prisonniers palestiniens dont 150 se sont suicidés depuis la deuxième intifada. 85 % des personnes arrêtées sont torturées et les arrestations sont effectuées dans une violence dont sont témoins les enfants. La situation des jeunes préoccupe beaucoup Gilbert Charbonnier. « Pendant les trois mois de vacances d’été, ils sont livrés à eux-mêmes et à la rue. Le caillassage est un de leur jeu favori. Les parents, engagés dans un combat quotidien pour la survie, démissionnent. » Il poursuit « Romy, la suissesse, a pu rencontrer les femmes et les enfants dans l’intimité. Nous avons même exprimé lors de notre fête de départ, la nécessité d’associer les femmes au Conseil municipal. L’enjeu pour la Palestine est de passer de l’ère agricole à celui de l’artisanat, car ils vont être coulés par l’agriculture intensive d’Israël.» Gilbert Charbonnier avoue « qu’être pasteur était un avantage pour rencontrer l’Imam et les autorités du village. » Il regrette de « ne pas avoir visité plus les communautés juives et chrétiennes. Mais la mission EAPPI est un service d’Eglise, je n’étais pas là pour faire du tourisme. » Les chrétiens palestiniens ne sont plus que 2 % et cherchent à émigrer, alors qu’ils représentaient, il n’y a pas si longtemps, 15 % de la population palestinienne. Et de rappeler combien ils se sentent oublier. « Allez-les voir ! » supplie Gilbert Charbonnier, qui aime à raconter qu’il ne s’est pas passé une semaine sans que des journalistes et visiteurs étrangers viennent à Jayyous. Le passage du pasteur Joël Dautheville, inspecteur ecclésiastique de l’EELF-Montbéliard, Eglise de Gilbert Charbonnier, a été très apprécié. Joël Dautheville explique « notre devoir est d’aider toutes les personnes qui travaillent au dialogue comme les Rabbis for human rightst. Et de souligner « l’action formidable du pasteur luthérien de Bethlehem qui a mis en réseau des professeurs du privé et du public pour un travail sur l’interreligieux.» … Les projets du protestantisme français « Tout ce qui se passe au Proche-Orient fait partie de notre actualité » a déclaré Jean-Arnold de Clermont promoteur du programme EAPPI en France, lors de la conférence de presse du 12 juillet au retour de Gilbert Charbonnier. La Fédération protestante avait organisé un déjeuner-debriefing avec des responsables d’Eglises (Eglise évangélique luthérienne de France, qui avait envoyé le pasteur Charbonnier et Eglise réformée de France), ainsi que des responsables d’associations Action chrétienne en Orient, Défap, Cimade… pour optimiser les suites de sa mission de témoin en France et préparer le recrutement et l’envoi du prochain accompagnateur œcuménique français. « Qui pourrait bien être un laïc ou une femme », est convaincu Gilbert Charbonnier. « L’important est que ce soit quelqu’un qui fasse parti d’un réseau pour qu’au retour il puisse témoigner » ce qui n’est pas le cas de certains membres EAPPI, car ils ne sont pas envoyés par une institution. Dès cet automne, une rencontre d’associations protestantes ( Cimade, Année diaconale, UCJG, mouvements de scoutisme…) susceptibles de porter un projet de camps internationaux en Palestine sera organisée. Le service biblique de la FPF va aussi être sollicité pour continuer le travail sur le thème du rapport à la terre d’Israël. Gilbert Charbonnier est déjà attendu à Brives en septembre pour témoigner devant les Amis de Jayyous, miracle d’une rencontre via le net grâce à ses Carnets d’Israël-Palestine, intégralement repris par le Bulletin d’information protestant et disponibles sur www.protestants.org En octobre, il participera aux Assises de la Fédération protestante de France à Clermont-Ferrand. La région de Montbéliard et de Besançon profitera largement de ce témoin, qui a décidé d’aider ses nouveaux amis à passer de la culture de la peur à la culture de la paix. |
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