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- Je veux d'abord remercier le Conseil synodal de l'Eglise évangélique
luthérienne de France-Inspection de Montbéliard et l'Inspecteur
Joël Dautheville, et aussi ma paroisse de Belfort-Giromagny, pour
l'accueil fait à ma candidature pour vivre en leur nom trois mois
du " Programme d'Accompagnement cuménique en Palestine
et Israël ". Ma présence sur le terrain ne sera qu'un
modeste élément de réponse ecclésiale à
un appel adressé par la Fédération protestante de
France à ses Églises membres. Cet acte d'envoi en est le
signe liturgique que je garderai toujours à l'esprit. Ce départ
soulève aussi des problèmes très concrets. Le service
d'aumônerie dont j'ai la charge doit continuer à fonctionner.
Et sur ce point, je dis ma gratitude à la Fondation Arc-en-ciel,
au Centre Bretegnier, à la paroisse du Mont-Vaudois, et à
toute l'équipe d'aumônerie avec qui je travaille.
- II faut aussi assurer un relais parental. Et pour cela ma reconnaissance
va au cercle d'amis et à la paroisse de Belfort.
- Il faut encore assurer un financement. Dons privés et soutiens
d'Église permettront de faire face.
- Enfin, je salue la récente création d'une équipe
d'accompagnement. Elle est un recours et un soutien précieux, mais
aussi un aiguillon pour me rappeler sans cesse l'enjeu de cette petite
aventure.
- Le Président de la Fédération protestante de France,
le pasteur Jean-Arnold de Clermont, dans son invitation à participer
au programme d'accompagnement cuménique, désigné
par le sigle EAPPI, précise les objectifs de cette initiative.
Je le cite : " ...le programme ... offre une occasion à nos
" Églises de manifester à ces Églises du Proche-Orient
notre solidarité dans la situation " dramatique qui est la
leur... Il s'agit... de... vivre en Israël-Palestine, dans le cadre
d'une " association chrétienne, témoin auprès
d'elle de la solidarité de nos Églises, témoin auprès
de " nos Églises de la situation vécue par les hommes
et les femmes qui subissent la crise du " Proche-Orient... ",
et d'être " ainsi de véritables relais d'intérêt
et d'information dans leur " Église d'origine, comme pour
l'ensemble du Protestantisme français. " Fin de citation.
- J'ai entendu des réserves à l'égard de ce programme
cuménique. Il serait excessivement pro palestinien, voire
antisioniste. J'ai aussi entendu dire que nous serions tous menacés
par une désinformation de la part des médias sur ce qui
se passe réellement là-bas... Les quelques phrases qui suivent
vous permettront peut-être de sentir un peu mon état d'esprit
:
- Permettez-moi d'abord de dire ma lassitude actuelle devant l'abondance
des discours ou prises de position sur le conflit israélo-palestinien
qui ne coûtent souvent qu'un peu d'agitation passionnelle ou de
surf sur Internet. Veuillez excuser cette allergie à votre serviteur.
Son expérience de la guerre d'Algérie, et de la Corse, l'a
rendu très sensible aux propos aussi irresponsables que généreux
produits par l'hexagone...
- Je vais dans une région longuement soumise à la violence,
auprès d'Eglises en situation de détresse, qui font appel
à la solidarité d'églises surs. Je pense notamment
à l'Église luthérienne de Jérusalem, et à
son évêque Munib Younan.
- Les Israéliens et les Palestiniens ne sont ni meilleurs ni plus
méchants que nous. Les uns comme les autres ont de sérieuses
raisons de vouloir vivre dans ce même pays. Ils ont besoin les uns
des autres. Un compromis est indispensable, qu'ils sont seuls à
pouvoir trouver.
- Les guerres souvent inévitables sont toujours sales pour les
deux belligérants par les violences qu'elles génèrent.
Les vainqueurs peuvent être heureux, satisfaits; jamais glorieux.
- L'évangile de Jésus-Christ m'apprend que Dieu n'est prisonnier
d'aucune religion, et les hommes plus grands que leurs religions. Avec
Elias Chacour, prêtre catholique, arabe et israélien, je
dis : " ...nous sommes tous appelés à devenir les enfants
adoptifs de Dieu. Cela " exige que nous changions de comportement.
Il n'y a plus de nations, d'appartenance à telle " ou telle
communauté religieuse, plus de peuple élu, nous sommes tous
invités au même " banquet, mais seulement en tant qu'homme
et en tant que femme. " (in J'ai foi en nous, p. 125)
- Enfin, là-bas, avec crainte et peut-être courage, je méditerai
le mot d'ordre de la Fédération protestante pour ses Assises
en Octobre 2004 : Surmonter la violence. Merci.
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