Colloque
"Juifs et protestants en France
aujourd'hui"

    2 mai 2004 à Paris à l'invitation de La Fédération Protestante de France
                                         &  Le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France

 

Gérard Israël
Philosophe et historien, Président de la Commission d'études politiques du CRIF

Jérusalem, la Sainte
L'Etat d'Israël, les Palestiniens et la question de Jérusalem

Le dimanche 2 mai 2OO4

Les Israéliens, les Palestiniens, les Etats arabes, les Etats-Unis, la Russie, l'Union européenne, toutes les chancelleries de la planète, les opinions publiques et même nous tous, observateurs engagés, hommes de bonne volonté, dépourvus de tout souci de propagande, partis à la recherche d'une paix, juste durable, dans la sécurité et le droit des peuples de toute la région à disposer d'eux-mêmes, étions d'accord sur un point :

Jérusalem pose un problème théologico-politique tel qu'il vaut mieux n'essayer de la résoudre qu'en toute dernière analyse, une fois les autres aspects du contentieux définitivement réglés : reconnaissance réciproque, définition des frontières, implantations, sécurité, éradication du terrorisme sous toutes ses formes, reconnaissance et modalités de l'exercice du droit au retour des Palestiniens dans le nouvel Etat palestinien à créer.

C'était oublier que Jérusalem est coutumière des miracles.

Le plan Clinton formulé à Camp David en juillet 2000 prévoyait le partage de Jérusalem, ce qui naguère constituait pour les Israéliens une perspective impossible à envisager. Le président américain proposait que les quartiers à majorité musulmane soient placés sous administration palestinienne ; les quartiers juifs sous administration israélienne, les Lieux saints relevant de la responsabilité des différents cultes garantissant la liberté d'accès de tous aux différents sanctuaires. Il s'agissait en somme de prévoir une sorte de co-souveraineté spirituelle sur la Ville sainte, une sorte de partage de la sainteté. Quant à la Cité elle-même, elle pourrait être la capitale palestinienne et de la capitale israélienne.

Israéliens et Palestiniens étaient d'accord sur ce point essentiel. On ne pouvait mieux faire. La grande question emblématique caractérisant symboliquement le conflit était en passe d'être réglée.

Personne ne peut expliquer, quoiqu'on en ait dit, pourquoi la partie palestinienne a refusé le plan Clinton.

Les dirigeants palestiniens se sont-ils subitement rendu compte que leurs buts de guerre, en partie inavouables, n'étaient pas atteints, et qu'ils leur était impossible de reconnaître sincèrement l'existence d'un Etat hébreu, dans sa réalité et dans sa légitimité, sur une terre traditionnellement arabo-musulmane ; de faire la paix avec cet Etat et d'accepter la présence d'un ambassadeur d'Israël dans la partie arabe de Jérusalem, comme il en existe un au Caire et à Amman ? Bref cette politique de refus correspondait évidement à une volonté secrètement entretenue de voir disparaître l'Etat juif tel qu'il est. Le plus inquiétant est peut-être le fait que la décision de Yasser Arafat a été saluée par des manifestations de liesse populaire sur tous les territoires palestiniens.

Dans une perspective moins extrême, peut-être y avait-il dans l'esprit des chefs et du peuple palestiniens, l'idée que la paix si elle devait un jour être conclue, ne pourrait résulter d'une négociation. Il fallait absolument que la paix ne fût pas, quelles que soient les concessions consenties, octroyée par la partie dominante forte de sa puissance militaire et de son développement économique. Il fallait que la paix fût arrachée par la force. Il fallait qu'il y eût des morts.

Ainsi fut déclenchée une insurrection armée, dénommée à tort deuxième intifada dont on connaît aujourd'hui les conséquences dramatiques : au moins trois mille morts palestiniens et un millier de morts israéliens. La tragique séquence des attentats suicides et des opérations ciblées forcément générateurs de dramatiques dommages collatéraux s'est imposée. Sur le plan purement politique, les autorités palestiniennes ont profité de la situation pour faire un préalable de la question du retour des réfugiés palestiniens dans leur pays…Israël; Cela signifiait en toute logique et en particulier pour les Israéliens, à terme, la fin de l'Etat hébreu, la fin d'un Etat juif maître de son destin. Le règlement de toutes les autres questions essentielles définies à Camp David, en particulier la question de Jérusalem se trouvaient subitement renvoyées au deuxième plan et même pratiquement oubliées.

Jérusalem dans la théologie islamique

Il est aujourd'hui nécessaire, particulièrement pour le monde juif, de comprendre ce que signifie Jérusalem dans la pensée islamique et dans le cœur des musulmans.

Soucieux de maintenir la religion qu'il instaurait grâce à la révélation dont il avait été l'objet, Mahomet devait décider que les mosquées d'Arabie seraient orientées vers Jérusalem et non vers la Kaaba de La Mecque. Mais il fallait surtout que les tribus juives résidant en Arabie acceptent l'idée que Mahomet était l'ultime prophète et que son message venait directement de Dieu. Autrement dit, il fallait qu'ils se convertissent à la nouvelle croyance. Hélas pour le Prophète, les juifs de Médine ont refusé de répondre à l'appel, à l'Appel du Coran. Une tradition musulmane rapporte une anecdote significative à cet égard : Des Arabes de La Mecque, en entendant Mahomet réciter le Coran, se dirent entre eux que les paroles qu'ils entendaient correspondaient exactement à "ce que les juifs disaient". Ces Arabes non encore convertis à l'islam, se dirent qu'il fallait se dépêcher de reconnaître Mahomet, "avant que les juifs ne nous le prennent". Il était évident que les juifs, ce peuple qui savait lire, auraient pu, par son adhésion aux paroles de Mahomet, donner une manière de consécration biblique à la nouvelle religion. S'abstenir de le suivre, c'était lui refuser la légitimité à laquelle il aspirait et que le peuple lui reconnaissait. Ainsi les mosquées furent dès lors orientées vers La Mecque.

Le Coran, en sa sourate 17, raconte le voyage nocturne de Mahomet vars le Ciel. Le moment important de ce voyage fait à la vitesse de l'éclair, est celui qui vit le Prophète faire halte sur le site de "la Mosquée Eloignée" (en arabe, Al Aqsa) qui est aujourd'hui présenté comme n'étant autre que celui de Jérusalem. Mais aucun traducteur du Coran ne donne Al Aqsa pour Jérusalem. Il n'empêche que c'est depuis le Rocher du sacrifice d'Ismaël, situé sur le mont Moriah, que Mahomet a pris son envol final vers le Ciel. Peut-on aller jusqu'à écrire, un peu insolemment, que Jérusalem serait ainsi un lieu saint de transition ?

Les califes successifs ne s'y sont pas trompés. Omar, le deuxième successeur du Prophète, après avoir conquis Jérusalem et s'être fait montrer par quelques rares juifs de ses armées, l'endroit exact du Temple de Salomon, entreprit immédiatement de nettoyer, à l'aide d'un pan de sa robe, les pierres sacrées du Sanctuaire en ruines.

De même, en 661, le calife Moawiya, qui inaugura la tradition omeyyade, désireux d'échapper à l'enfermement mecquois et soucieux de donner à l'Islam les couleurs de l'universalisme, avait décidé de se faire couronner, non en Arabie, mais à Jérusalem.

Le nouveau calife entendait bien s'approprier la gloire de la Jérusalem hébraïque. Cependant, il n'alla pas jusqu'à établir dans la Ville sainte, le siège de son califat. Au demeurant il n'y aura jamais de califat à Jérusalem, mais à Damas, à Bagdad et même à…Cordoue, en Espagne.

Il reste que théologiquement parlant, la révérence portée à Jérusalem aurait permis une certaine désacralisation de la terre d'Arabie. De même que les Turcs seldjoukides, les Kurdes dont sera issu le fameux Saladin, les Berbères d'Afrique du Nord désignés sous le nom de Sarrazins, et surtout les Perses qui, dès l'origine, devinrent les principaux maîtres de la tradition islamique, Jérusalem ouvrait, par la simple présence de ses ruines sur lesquelles fut édifiée en 705 la mosquée Al Aqsa, une importante voie à l'universalité de l'islam. Ce mouvement centrifuge n'a cependant guère affecté l'éminence religieuse de la Kaaba de La Mecque qui, en un sens, jouait pour les musulmans le même rôle que le Temple de Jérusalem, lieu premier de la présence divine. En islam, la mystique de Jérusalem a une saveur particulière : la Ville est considérée, avec La Mecque, Médine et Damas, comme l'une des quatre Cités du Paradis. Lorsqu'un fidèle prie à Jérusalem, c'est comme si il priait au Ciel. Dieu pardonne les péchés de celui qui vient à Jérusalem. Celui qui jeûne à Jérusalem est sauvé des feux de l'Enfer. Allah installera, au jour de la fin du monde, son trône à Jérusalem. Au jugement dernier, à Jérusalem s'ouvriront les portes du paradis. Mais, une prière à La Mecque en vaut dix mille ; une prière à Médine en vaut mille ; une prière à Jérusalem, cinq cents !

Jésus et Jérusalem

Avant tout, et peut-être pas seulement chronologiquement, le christianisme est un phénomène galiléen. Le sermon sur la montagne, le franchissement des eaux du lac de Tibériade, la multiplication des pains, les miracles, la Transfiguration, ont eu pour cadre les paysages de Galilée. Jésus est galiléen, les apôtres, à l'exception de Judas, le sont également.

Mais dès le début de sa prédication, Jésus savait que, limité à la Galilée, le message et l'enseignement qui étaient les siens, ne pouvaient conquérir l'ensemble du peuple d'Israël. Marie était née à Bethléem, non loin de la Ville sainte ; elle y donna naissance à l'enfant Jésus ; à huit jours Jésus fut circoncis, et, comme tous les premiers nés d'Israël, il fut racheté devant le Temple de Jérusalem ; adolescent, il discutait, sur le parvis du Temple, avec les rabbis auxquels, selon l'Evangile, il en remontrait par son savoir ; régulièrement la famille de Joseph et de Marie, faisait le pèlerinage de Jérusalem et enfin Jésus pouvait qualifier le Temple de "maison de mon Père".

Mais Jérusalem faisait peur. La ville des sadducéens, du sacerdoce rituel, des sacrifices, inspirait à tous les Galiléens, crainte révérencielle et inquiétude. "Jérusalem, toi qui tues tes prophètes et lapide ceux qui te sont envoyés" écrit Mathieu qui prête même à Jésus l'idée que la Ville du Temple était "réprouvée par Dieu".

Pour les apôtres et pour Jésus lui-même, toute la question était de savoir comment transformer la ville "tueuse de prophètes" en une cité accueillant favorablement la parole de celui dont "le Père était au Ciel"

Conscients des dangers que courait Jésus et désirant lui éviter le sort que connut Zacharie tué par les siens sur le parvis du Temple, des rabbis, selon le récit évangélique, ont voulu le sauver : "A cette heure même, s'approchèrent quelques pharisiens et lui dirent Pars, va-t-en d'ici car Hérode veut te tuer" Et Jésus fait cette réponse extraordinaire à ceux qui voulaient que sa vie fût épargnée, "Je dois poursuivre ma route, car il n'est pas bon qu'un prophète périsse hors de Jérusalem" (Luc, 13, 31)

Mais très vite le christianisme naissant semble voir "oublié Jérusalem" pour reprendre la parole des psaumes. Avec saint Paul, les premiers chrétiens semblent avoir choisi Rome contre Jérusalem, puis après la destruction du Temple, Byzance contre Jérusalem, tout en conservant, en tout cas pour les chrétiens d'Orient, le souci de maintenir une certaine sacralité de la ville où Jésus connut le martyr.

Certes l'Occident chrétien, d'abord avec Charlemagne et surtout au moment des croisades, s'est tourné d'une certaine façon, vers Jérusalem. Mais la question demeure : quelle place occupe Jérusalem dans la pensée religieuse de l'Eglise ? Pendant des siècles, comme l'écrit Mgr Bernardin Collin, deux mots ont suffi à résumer la pensée de l'Eglise quant à Jérusalem, ignorance et absence.*

De nos jours, le pape Jean Paul II a accompli un geste qui permet d'espérer que Jérusalem occupe désormais une place éminente dans la pensée religieuse des chrétiens. En se rendant devant le mur des lamentations pour y prier comme un juif l'aurait fait, le pape, au nom de l'Eglise, a indéniablement ouvert une voie nouvelle de rapprochement entre la théologie chrétienne et la permanente vision juive de la Ville saine.

* Mgr Bernardin Collin, "Rome, Jérusalem et les Lieux saints" Editions franciscaines 1981

Israël et Jérusalem

La tradition judaïque est fondée sur l'idée qu'on ne peut rien dire sur Dieu…On ne sait pas ; sinon qu'il a exprimé sa volonté. La Torah exprime la volonté divine, elle est Dieu, en un sens. Codifiée, inscrite sur les tables de la Loi, véhiculée à l'abri de l'Arche sacrée, elle a suivi, tout au long de ses pérégrinations, les traces du peuple qui en était le récipiendaire. Longtemps, la Torah n'eut pas de halte. Et même lorsque le roi David eut conquis la cité des jébuséens, Jérusalem, les tables de la Loi n'eurent qu'un abri de toile, la tente du Rendez-vous, devant laquelle le roi d'Israël allait danser au son des cithares. Dieu, en effet, avait refusé au glorieux David, de construire la résidence définitive du Dieu de la Loi.

Salomon dont la sagesse était proverbiale, fut, lui, à la différence de son père, David, autorisé par Dieu à construire le sanctuaire définitif, à Jérusalem. Mille ans avant Jésus fut ainsi édifié le Temple de Jérusalem, lieu de la résidence divine. Pendant un demi millénaire, le temple de Jérusalem est resté la preuve de la résidence de Dieu parmi les siens. Dieu n'avait pas abandonné son peuple.

Une fois pourtant Jérusalem fut détruite et son peuple emmené en déportation par Nabuchodonosor, roi de Babylone. Et le peuple choisi par Dieu s'était posé la question : Celui qui nous a fait sorti d'Egypte, la maison de l'esclavage, nous a-t-il abandonné ?

La certitude était pourtant que l'Alliance divine était définitive ; Dieu n'avait-il affirmé Vous serez pur moi un peuple et je serai pour vous un Dieu ? Il fallait que Dieu donnât un signe de la pérennité de son alliance. Pendant le long cheminement de la déportation, le peuple n'avait de cesse d'interroger le Ciel. Et la réponse vint, par la vision du prophète Ezéchiel. Dans le Ciel en effet apparut le Char Céleste, lequel, monté sur quatre roues symbolisait la migration et par son ordonnance même indiquait que Dieu suivait son peuple en exil et par conséquent qu'il ne l'avait pas abandonné, malgré le sac de Jérusalem, l'endroit où la divinité s'était définitivement installée. Ainsi le peuple apprenait d'abord que Dieu serait toujours avec lui et que Jérusalem restait sa résidence éternelle.

La meilleure preuve de l'éternité de l'Alliance fut donnée par un roi venu du Nord, souverain des Perses, Cyrus, qui, après avoir conquis Babylone enjoignit les Hébreux à rejoindre leur patrie et à y reconstruire le Temple.

Ainsi dit Cyrus, roi des Perses:

Tous les royaume de la terre, il me les donnés le Dieu du ciel

Il m'a commandé de lui bâtir une maison

Dans la ville de Jérusalem qui est en Judée

Qui d'entre vous est de son peuple

Que Dieu soit avec lui

Et qu'il monte à Jérusalem, en Judée

Qu'il rebâtisse la maison de l'Eternel,

Le Dieu d'Israël lui-même

Le Dieu qui est à Jérusalem.

Le scribe Ezra, non seulement organisa la reconstruction du Sanctuaire, mais il prit la précaution de procéder à une nouvelle récitation de la Torah montrant ainsi la réunion du lieu divin et de la parole de Dieu. Jérusalem était à nouveau dans Jérusalem et le prêtre bien nommé, Zéroubabel, eut de nouveau la possibilité de procéder aux sacrifices commandés par la Torah. Le temple était redevenu la Résidence divine, la trace indélébile de la présence divine parmi les siens et au sein de l'humanité.

Un demi millénaire plus tard, en ce même lieu, un certain Jésus de Nazareth devait prêcher et convaincre une partie du peuple d'Israël…Jérusalem resplendissait de nouveau. Hélas au cours d'une guerre d'une violence inouïe entre l'Empire romain et le peuple de Judée, en l'an 70, le Sanctuaire fut mis à sac et, quelques années plus tard, la nation juive dispersée. Comment vivre sans le Temple, comment vivre sans Jérusalem, comment ne pas oublier Jérusalem ? Les rabbis qui avaient pu échapper à la tourmente, après s'être réfugiés à Babylone notamment entreprirent de formuler les règles d'une religion fondée sur la nostalgie de la Ville saine considérée comme l'expression la plus éminente de la foi. En particulier, il s'agissait que faire que le culte de Jérusalem soit exprimé à chaque moment de la liturgie.

La principale prière statutaire du peuple juif, les dix huit bénédictions, dont la rédaction date précisément du premier siècle, proclame "Réside au sein de ta Ville, comme tu l'as dit, et installe y rapidement le trône de Dieu ; béni sois-tu, toi qui est la bâtisseur de Jérusalem" et encore "Ton retour à Sion dans la grâce ! Béni sois-tu, toi qui fait revenir ta présence à Sion"

Lors de la prière après les repas, la tradition demande la récitation de la prière "Reconstruis, dans ta miséricorde, Jérusalem"; il en est de même lors de la célébration des mariages : une coutume s'est installée, on brise un verre pour rappeler qu'il ne saurait y avoir de joie parfaite tant que le Temple est en ruines.

Mais surtout les rabbis ont instauré un jour de jeûne et de prière au jour anniversaire de la destruction du Temple. Pendant toute une journée, au neuvième jour du mois d'Ab, le peuple se lamente, déchire ses vêtements et les sages se recouvrent de cendres.

Et même lorsqu'un fidèle bâtit sa maison, obligation lui est faite de laisser un coin à l'état brut, sans enduit ni peinture, pour rappeler qu'Israël ne peut bâtir quelque demeure que se soit tant que le Sanctuaire n'est pas reconstruit.

Enfin, les cabalistes enseignent que puisque le Temple a disparu, la présence divine elle-même est en exil ; reprenant ainsi la parole du prophète Isaïe : Mon nom sera là. Et chaque juif se souvient alors de cette autre p arole du prophète " Car de Sion vient la Loi et de Jérusalem la parole du Seigneur"

En réalité, Jérusalem est faite pour tous les peuples de la terre, conformément à la parole du même Isaïe : "Alors viendront des peuples nombreux qui diront Venez, montons à la maison du Dieu de Jacob, qu'il nous enseigne ses voies et nous suivrons ses sentiers"

Aucune autre religion, fut-elle biblique, ne consacre un culte aussi intense à Jérusalem, ni une journée entière de jeûne et de pénitence, ni des usages aussi répandus, en souvenir douloureux du Sanctuaire de la Présence. Mais la sainteté de Jérusalem, comme le disent les prophètes d'Israël est aussi une sainteté partagée.

G.I.

Outre La question chrétienne, une pensée juive du christianisme, (Payot éd. 2002),

Gérard Israël est notamment l'auteur de Quand Jérusalem brûlait (Robert Laffont éd. 1970) et de Jérusalem, la Sainte" (Odile Jacob éd. 2001)

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Résumé

 

Le monde protestant, l’Etat d’Israël et Jérusalem

Dans le projet d’accord préparé par Clinton, Jérusalem jouissait d’un statut international et le droit au retour des palestiniens. Arafat a refusé : pour lui la paix ne pouvait résulter que d’une action violente. Après quoi ont été commis les premiers attentats suicides.

Que représente Jérusalem ? Pour l’Islam, les juifs doivent partager l’appel du Coran. Au début de son activité prophétique, Mohammed décide que les mosquée seront toutes orientées vers Jérusalem. Mais les juifs refusent son message, les mosquées se réorientent vers la Kaaba et Mohammed combat une tribu juive de la région de Médine.

Le nom de Jérusalem n’est pas prononcé dans le Coran (ni dans la Tora d’ailleurs) mais la tradition veut que ce soit de la mosquée Al-Aqsa que Mohammed se soit envolé au ciel. Il n’y aura jamais de califat à Jérusalem.

Pour les chrétiens, Jérusalem fait peur. Jésus et les disciples sont des galiléens. Jésus entre à Jérusalem acclamé comme un Messie, alors qu’il se positionne plutôt comme un prophète. Or Jérusalem est une ville tueuse de prophète.

Pour Israël, Jérusalem, à cause du Temple, est le lieu de le présence de Dieu. La Shekina va et vient, elle quitte Jérusalem avec les exilés, elle est certainement absente pendant Auschwitz…

L’espérance des prophètes sur Jérusalem est très forte : les nations ne lèveront plus les armes les unes contre les autres.