sommaire

2. LES MANIFESTATIONS

 

2.1. Quelles manifestations retenir ?

La première question posée à l'Equipe de synthèse touchait la délimitation de l'objet de ce rapport : devions-nous prendre en compte les seules manifestations portant le label "Débat 2000", ou était-il préférable d'élargir notre investigation à d'autres initiatives qui, bien que non-labellisées, participaient de la même dynamique?

La première solution n'était pas sans intérêt: choisir de labelliser une initiative, c'est en effet inscrire cette action locale dans une démarche commune, marquer ainsi sa volonté de participer à un projet collectif de témoignage, décidé en synode national, conscients que ce témoignage est précisément ce qui nous lie les uns aux autres.

Mais ce choix nous est vite apparu comme trop limitatif : car bien des manifestations ont participé de la même dynamique sans en porter l'étiquette. Le risque était alors de glisser vers un inventaire sans limites de toutes les activités de "témoignage" de l'E.R.F.

Notre choix a donc été quelque peu empirique : prendre en compte les manifestations, labellisées ou non, qui nous semblaient correspondre aux objectifs visés par le projet Débat 2000.

Le recueil des informations s'est révélé particulièrement difficile, en dépit de la mise en place du réseau des délégués régionaux (et d'équipes Débat 2000 dans certaines régions). Une cinquantaine seulement de fiches-bilan ont été renvoyées par les organisateurs de manifestations.

Le dépouillement des journaux régionaux et de leurs chroniques a permis d'établir un agenda approximatif des manifestations. Par ailleurs, à partir d'un questionnaire-type, des enquêtes-sondages ont été effectuées auprès d'organisateurs de manifestations, d'intervenants, d'observateurs, des présidents de conseils régionaux, des délégués régionaux Débat 2000, et de la coordination nationale.

2.2. L'extrême diversité des manifestations

Après une phase d'appropriation, plus longue que prévu (toute l'année 2000 pour certaines Eglises locales), on constate la multiplication des débats, très divers. La dynamique s'est montrée incitative, surtout pour les petites et moyennes Eglises locales.

Chaque Eglise locale (ayant accepté d'entrer dans la démarche !) a conçu son débat en fonction de son environnement, de ses centres d'intérêt, de son contexte, de ses forces... Certaines Eglises faisaient déjà du Débat 2000 sans le savoir ! Toutes n'ont pas pris en compte la possibilité de labelliser. Mais l'esprit de la démarche est bien là.

Quelques 700 manifestations ont été recensées sur la période 2000-2001-début 2002. Soit le double des 350 manifestations ayant marqué en 1998 le 400e anniversaire de l'Edit de Nantes. La démarche se poursuit en 2002 (généralement sans le label Débat 2000).

2.2.1 Concrètement qu'est ce qu'un " Débat 2000" ?

3 objectifs principaux ont été fixés à la démarche

  • Témoigner de Jésus-Christ au cœur des problèmes et projets de notre société.
  • Approfondir nos convictions et en redire la pertinence pour aujourd'hui.
  • Risquer de nouveaux langages, de nouvelles formulations et définir des priorités de travail pour la vie et la mission de notre Eglise.

Mais concrètement, une manifestation Débat 2000 répond à au moins un de ces sous-objectifs, ou en conjugue plusieurs :

- sortir de ses murs paroissiaux
- être organisée "en partenariat"
- être destinée à un public inhabituel
- utiliser un langage différent de celui de la conférence
- traiter d'un problème de société
- croiser la parole de spécialistes et de théologiens

Certaines Eglises locales se sont lancées dans le débat sans trop en mesurer les enjeux. D'autres ont mûri un projet avec des objectifs précis. D'autres encore en ont profité pour aller plus loin dans une démarche déjà en cours. La très grande diversité des manifestations rend difficile un compte-rendu synthétique.

Dans certaines Eglises locales, les manifestations à connotation " culturelle" sont organisées par des centres culturels ou des associations loi 1901, émanation de l'Eglise locale, dans le cadre d'une démarche d'ouverture de type Débat 2000 (Centre Hâ 32 de Bordeaux, Espace St-Jean de Nancy, Centre 665 de Montpellier... ). Ces relais ont généralement porté les manifestations Débat 2000 des Eglises locales.

Par ailleurs, certaines Eglises, notamment parisiennes, proposent chaque année des cycles de débats (conférences de Paris-Etoile, Entretiens de Robinson, conférences d'Orléans ...). Elles les ont poursuivis, sans labelliser, sauf Paris-Etoile en 2000.

 

2.2.2. Des initiatives parfois surprenantes

 

Des initiatives inédites ont été prises tout particulièrement par de petites paroisses : elles ont "osé" de grandes premières, généralement couronnées d'un large succès d'audience. Elles ont découvert l'intérêt porté aux initiatives protestantes par des publics inhabituels.

Landouzy Parfondeval (Nord-Normandie) une petite communauté d'éleveurs bovins, a eu le courage d'organiser un débat avec des intervenants locaux, en pleine crise de la vache folle, sur "L'alimentation de demain". Melle-Celle dans le Poitou (région Ouest) a organisé un marché de Noël dans son temple avec commerçants et artisans et 400 visiteurs. Colognac dans les Cévennes (CLR) a organisé un café théologique (festif) dans l'unique café du village avec succès : 50 personnes, qui en ont redemandé. Alboussières, en Ardèche a accepté de co-organiser un festival "Gospel et patrimoine" à la demande de la municipalité avec concerts et conférences en divers lieux dont 3 temples de la paroisse.

Landouzy Parfondeval

A la frontière de la Belgique, dans l'Aisne, Landouzy Parfondeval est une petite paroisse rurale d'une centaine de familles, sans pasteur depuis plusieurs années. Le conseil presbytéral a mûri pendant 9 mois un débat sur le thème " De la ferme à l'assiette, l'alimentation de demain ". Fin octobre 2000, le débat a réuni 400 personnes (dont une cinquantaine de protestants seulement) dans la salle des fêtes de la ville voisine (Vervins : 3000 habitants). Ce débat, animé par un journaliste de FR3 Amiens, voulait faire s'exprimer des spécialistes pour donner des informations les plus fiables possibles… exprimer la révolte des éleveurs face à une situation et à des politiques dont ils se sentent victimes… dire leur angoisse face à l'avenir. Parmi les organisateurs : un exploitant éleveur de vaches laitières, producteur de céréales et un représentant en alimentation du bétail. Dans les intervenants sollicités, des scientifiques, un professeur-vétérinaire, des représentants de Nestlé, Carrefour, le député, et bien sûr… un théologien. Le pasteur Clavairolly a pu exprimer des positions éthiques, rappeller notamment que cette crise est aussi une psychose de nantis et qu'" aujourd'hui nous avons besoin de consensus économiques et alimentaires qui dépassent nos frontières ".

Débat 2000 a stimulé les imaginations et provoqué des initiatives originales.

- Des camps intergénérations
Le camp " Du prévu à l'imprévu, marcher avec Dieu" organisé par la région Centre-Alpes Rhône, a réuni, 6 jours en août 2001, au Chambon-sur-Lignon, 120 personnes de tous les âges et de diverses régions. Proposant, en intergénération (3 mois à 80 ans), réflexions bibliques et ateliers d'expression, temps sportifs, promenades et jeux. Avec une 1ère approche de ce que peut être une pédagogie de l'inter-génération. L'expérience reprise depuis par Crest pour un camp de ski, est en projet pour août 2002 en Savoie pour la région Ouest.

- La Bible vue par les plantes
Un passionné a monté une exposition " Plantes de la Bible " présentée à l'occasion de l'ouverture d'un magasin Truffaut près d'Orléans (Région parisienne). Chaque plante était munie d'une étiquette avec les versets bibliques appropriés. Une conférence sur le même thème a été donnée au musée des Sciences naturelles. En Cévennes-Languedoc-Roussillon a été organisée une " Journée de l'Olivier", arbre de la paix. En Thiérache (Nord Normandie), un " culte des moissons". A Vallon Pont d'Arc (Centre-Alpes-Rhône) l'été 2001, 6 balades guidées œcuméniques sur le thème "Les arbres et les plantes" sous l'angle botanique et biblique de 17 h à 19 h 30. A St Césaire de Gauzignan (CLR), à l'occasion de la fête du vin, a été proposée une dégustation de vins avec un professeur d'œnologie à la faculté de pharmacie de Montpellier, suivie d'une conférence sur "La place de la vigne et du vin dans la Bible" par le pasteur.

- Des jeunes en débat
Les "Mardis de Grand Air" ont fait réfléchir les Terminales du lycée Grand Air d'Arcachon (Sud-Ouest) sur "L'Europe d'aujourd'hui a commencé à la Révocation de l'Edit de Nantes", "Le bien et le mal sont-ils des valeurs fondatrices de l'école de la république ?" ou "L'économie capitaliste : Calvin et les commerçants de Genève". Une collaboration avec le musée des Beaux Arts de Rouen (Nord-Normandie) a permis de présenter à des étudiants des tableaux dans leur contexte biblique et philosophique.

Des Eglises locales ont appuyé des manifestations :
- sur des " journées" grand public :

  • Journée internationale des femmes, le 8 mars 2001 pour Portes-les-Valence (CAR) avec une soirée contes "Femmes solidaires, femmes de la Bible", le 8 mars 2002 pour Bourg-en-Bresse (CAR) avec un débat inter-religieux sur "La place des femmes",
  • Fête de la musique, le 21 juin 2001, pour Uzès, Montpellier la Paillade, Arles, Bourg les-Valence ou Lyon,
  • Journées du Patrimoine (malheureusement annulées) en 2001 prévues par une trentaine d'Eglises locales

- sur des manifestations locales :

  • Printemps de Bourges, festival de la BD à Angoulême, Braderie de Lyon-Oullins, Fêtes des associations, ...

- des lieux publics inattendus ont été investis

  • salle de spectacle de l'Hôpital Bel Air à Charleville (Est), médiathèque de Fos-sur Mer (PCAC), salles des fêtes ou des mariages de mairies, maison de retraite, clinique, gymnase...

 

2.2.3 Des projets qui font bouger les communautés

 

Souvent la communauté s'est mobilisée sur le projet avec un effet positif sur sa vitalité en interne. Elle en a profité pour mettre au travail des membres nouveaux ou des paroissiens des marges (Crest, Livron, Alboussière, Bourg en Bresse...). Peu attirés par l'animation paroissiale, ceux-ci ont par contre adhéré avec intérêt à un projet ponctuel mobilisant leurs compétences ou leur disponibilité. Des contacts nouveaux ont été noués (municipalités, autres communautés, universitaires...). Le débat a aussi été mené en amont de la manifestation, dans la préparation. Les communautés ont pris conscience de l'importance d'une communication minimum pour attirer un public nouveau.

Un mois de débats à Livron

Cette paroisse drômoise (région Centre-Alpes-Rhône) a choisi d'organiser 8 conférences sur un mois, du 7 octobre au 4 novembre 2000. Objectif : mieux faire connaître le protestantisme et ses engagements dans la société, avant d'engager le débat. On a donc parlé à Livron de l'aumônerie hospitalière, de l'Entraide protestante, de la Fédération protestante ou de l'ACAT, mais aussi de l'histoire de l'Eglise réformée de Livron, ou de celle du protestantisme en Arménie. Livron est entré dans les 2000 débats en mobilisant ses paroissiens autour d'un grand projet, en révisant connaissances et convictions protestantes, et en apportant son témoignage sur la place publique (la plupart de ces conférences avaient lieu dans une salle municipale). Musique et cultes festifs étaient aussi au programme. En 2002, le consistoire prend le relais et se lance dans " Les 4 saisons " : 4 manifestations publiques portées par les 4 paroisses.

Quatre régions ont organisé une manifestation régionale exceptionnelle à l'occasion de Débat 2000 :

  • Lyon et Centre-Alpes-Rhône pour le lancement de Débat 2000-2000 débats à l'issue du synode national (juin 2000),
  • Provence-Côte d'Azur-Corse avec "Parole en action, paroles en fête" à Gardane (juin 2001 - 1er rassemblement depuis 6 ans),
  • La région Ouest s'est investie dans le Rassemblement protestant de l'Ouest (FPF) "Dieu tient parole" (juin 2001) à La Rochelle
  • Cévennes-Languedoc-Roussillon conclut les 2000 débats avec "Bouge ton Eglise !" à Lassale (juin 2002)

 

2.2.4.L'émergence des cafés-débats

 

On les appelle café théologique, Pastis de Théo, Théocafé, Café de la pensée, Café théophile, café-palabres... Ils ont l'avantage d'être un lieu hors Eglise, neutre ou clairement laïque, (inter-religieux à Angers et Bordeaux) ouvert à tous, convivial... Les participants sont souvent des gens qui ne participent pas à la vie cultuelle, récusent la forme institutionnelle (au culte, on vient "écouter" !). Ils sont en recherche, ils souhaitent débattre et réfléchir en groupe restreint... "dans un esprit d'écoute où le souci de comprendre les points de vue des autres, le partage des convictions et des recherches, sont plus importants que les réponses que l'on pourrait apporter aux thèmes proposés" (Castres - Sud Ouest).

Les thèmes sont souvent de l'ordre des questions de société : "Travaille et tais-toi", "La tentation du rejet de l'autre" à Lunéville (Est), "La solitude, parlons-en" à Nantes (Ouest) ou portent sur des questions spirituelles : "Y a-t-il plusieurs approches de Dieu ?" à Sanary (PCAC), "A quoi sert la religion ?" à Meudon (RP), "Quelle place pour Dieu dans le nouveau siècle ?" à Auch (Sud Ouest).

Le Café du Souffle

Au Mans (Ouest), deux jeunes femmes de 30 ans (l'une est conseillère presbytérale) ont lancé le pari d'un " café de la pensée " pour des personnes de toutes convictions et de tous âges, au Bistro des Jacobins. Objectif : " S'unir pour agir ". Leur 1er débat " Mondialisation, enfer ou paradis ? " a réuni plus de 40 personnes et a enclenché la création d'une association. La paroisse soutient.

 

2.2.5. Les partenaires

La recherche de partenaires (au sens de co-organisateurs) n'a pas été systématique. Quelques-uns se sont appuyés sur les 2000 débats pour aller à la rencontre de partenaires inhabituels ou pour nouer des liens avec des institutionnels (municipalités, universités, bibliothèques, centres culturels) ou des associations locales.

Partenariats locaux

L'E.R. de Chatellerault (région Ouest) a mobilisé les acteurs locaux qui interviennent sur la ville en matière de lutte contre la violence : associations, centres sociaux, conseil municipal des jeunes... pour un débat (avec juriste et psychologue) sur le thème " La violence : une fatalité ? un combat de tous les jours pour en sortir ".

La plupart des Eglises locales ont renforcé des liens déjà existants (Eglise catholique, Eglises FPF,…). Et ce sont plutôt des "intervenants" inhabituels qui ont été sollicités.

L'Eglise catholique est clairement le premier partenaire des 2000 débats. Juifs, musulmans, boudhistes, ont également été très sollicités en cette période où l'inter-religieux est à l'ordre du jour.

Les manifestations œcuméniques déjà engagées ont tenu compte de dynamique Débat 2000 pour certains.

JOEL à Lille

L'Eglise réformée de Lille a préparé pendant 2 ans pour décembre 2000 "JOEL, les Journées Œcuméniques de Lille " en partenariat avec les Eglises catholique, orthodoxe et anglicane : expositions et stands, table ronde " Les chrétiens, les Eglises face à la mondialisation ", festival musical et théâtral, célébration oecuménique et marche pour la Paix dans les rues.

L'intérêt d'un partenariat a consisté en une communication démultipliée, permettant de toucher un public inhabituel, plus important, et de nourrir le débat de voix plus diverses.

Partenariats nouveaux

L'Eglise réformée de Paris-Batignolles a saisi l'occasion pour entrer en débat avec... la franc-maçonnerie. Un débat sur " Francs-maçons - Protestants, quelles conceptions de l'homme ?" a réuni Jean-Claude Bousquet, le grand maître de la Grande Loge de France et le rédacteur en chef de l'hebomadaire Réforme, Rémy Hebding. L'Eglise réformée d'Aix-en-Provence (PCAC) a noué un partenariat avec la Maison de Tübingen (ville jumelée à Aix) pour un colloque franco-allemand sur " Etre protestant aujourd'hui ".

2.2.6. Les principaux thèmes des 2000 débats

Les dossiers Débat 2000 proposent 10 thèmes :

  1. Faut-il dialoguer avec les autres religions ?
  2. La transmission nous échappe-t-elle ?
  3. Couples et familles dans la société
  4. Vive la politique !
  5. La science et l'homme, qui sert qui ?
  6. Laïcités en questions
  7. Quelle Bonne Nouvelle aujourd'hui ?
  8. La Bible est à tout le monde
  9. L'économie est-elle toute puissante ?
  10. Faire violence pour vivre en paix ?

Les "dossiers Débat 2000", prévus pour préparer des débats, ont été plutôt utilisés par les communautés pour nourrir leur réflexion en interne (Nîmes, Evreux, Tours, Rodez).

Les 3 thèmes les plus traités dans le cadre des 2000 débats sont dans l'air du temps : violence, inter-religieux, famille et transmission.

Le rapport au politique a également mobilisé certaines Eglises locales :

  • Grenoble a organisé un double débat sur le thème "Convictions et compromis". Un premier débat en interne à la paroisse pour préparer questions et axes du débat. Un second débat avec les élus de la ville. Avant de les inviter le lendemain à un culte.
  • A Sucy-en-Brie, les Eglises catholique et protestante ont invité les seuls élus municipaux à une réunion à la Maison des Familles pour parler de l'action politique au service de la population, en présence de l'évêque Mgr Labille et du président du Conseil national de l'ERF, Michel Bertrand. Avant de proposer au grand public le débat "Chrétiens-citoyens" avec le pasteur Michel Wagner, membre de la commission nationale des Droits de l'homme.
  • Les principaux candidats des municipales (mars 2001) de Cannes, Mandelieu, Mougins, Théoule et Pégomas (PCAC) ont été interpellés par les représentants religieux des grandes communautés monothéistes des Alpes Maritimes avec l'envoi d'une Déclaration "Pour une société plus humaine". Certains candidats ont répondu.

    Autres thèmes

- Quelques débats ont concerné la science (clônage, création), l'environnement, la laïcité, la souffrance, euthanasie/soins palliatifs, l'histoire locale. Les expositions bibliques se sont poursuivies.

Sucy-en-Brie, St-Maur et le Big Bang

Sucy-en-Brie (région parisienne) a présenté l'exposition "Au commencement, Big Bang, Genèse et autres récits" organisée en partenariat entre le Groupe de liaison pour l'action culturelle scientifique, les communautés catholiques et protestante (Jubilé An 2000), la médiathèque et la Ville. En parallèle, des animations tout public à partir de 7 ans, comme la projection d'un dessin animé humoristique sur la création du monde ou des contes le mercredi. Une table ronde : "Entre science et croyance, récits de commencement, questions d'actualité" a réuni théologiens et scientifiques. L'exposition a été reprise à St-Maur avec un débat sur "L'origine de l'Univers : la théologie et la science parlent-elles de la même chose ?" et des ateliers bibliques.

Nancy et le handicap mental

A Nancy (région Est), une semaine d'exposition sur le thème "Handicapé mental, mon frère - espérer ensemble" au temple qui ouvre sur une place publique, pour sensibiliser le public au handicap mental et à l'intégration du handicapé dans la famille et la société: exposition de la fondation John-Bost et panneaux réalisés par enfants des écoles bibliques, culte présidé par J.P. Betindji, catéchète à John-Bost, conférence-table-ronde avec des représentants de l'Arche de J. Vanier, d'associations et des parents.

 

2.2.7. Des langages diversifiés

Certains messages évangéliques passent mieux ou différemment au travers de langages qui font appel à l'imaginaire, à l'émotionnel, aux sens. Ces langages touchent un public moins sensible à la réflexion purement intellectuelle. Ils permettent l'inter-génération.

Clermont Ferrand

Organisé en partenariat œcuménique, le 1er "Festival de théâtre biblique d'Auvergne" :15 spectacles par 7 troupes de France et de Belgique - dont certains donnés spécialement dans les lycées privés (1.100 spectateurs) - 2 stages de formation théâtrale : un pour les jeunes, un pour les adultes (lecture de la Bible).

 

Boire et manger à Champigny

Champigny a proposé un cycle de réflexion convivial et intergénération sur "Boire et manger, quand le repas met le monde en scène". Un cycle traité en 4 étapes. 1ère étape : un spectacle intitulé l'"Opéra de table" en février avec la Maison de la culture, des chants d'opérette. 2ème étape : une veillée de "contes à déguster" pour les enfants et "ceux qui le sont restés" avec le conteur et percussioniste Souleyman Mdodj. 3ème étape : un culte sur le thème, le 4 mars. 4ème étape enfin, le 27 avril : une conférence-débat du pasteur Sternberger sur le thème : "Boire la parole, manger les écritures. La Bible, côté vorace". La pasteure est en recherche de manières nouvelles de partir du vécu de ses paroissiens (ouvriers et ruraux) pour y insérer une Parole d'Evangile.

 

De l'Histoire à la Parole à Castres

Castres a eu l'idée de lancer des débats sur des "évènements d'hier qui peuvent être une Parole pour aujourd'hui". Un comédien fait revivre un personnage historique et les questionnements de son temps. Puis le débat est lancé avec le public. Jean Calas, prédicateur protestant du XVIIIème siècle a inauguré le cycle, avant Simon de Montfort, puis Antoine de St Exupéry.

Les Eglises locales ont ainsi fait appel au conte (Portes-les-Valence CAR, Châlons-en Champagne, Est), au mime (Troyes, Est), au théâtre biblique (Clermont Ferrand ). Ou elles se sont mises en recherche de formes d'expression inhabituelles : en s'appuyant sur le quotidien, l'histoire des idées, l'art, ou la fête populaire, pour y associer un message évangélique.

2.3. "Protestants" ou le fabuleux destin d'une exposition

2.3.1. Une mission particulière

L'exposition "Protestants" a eu pour mission :

  • de proposer une traversée du protestantisme, à partir des engagements et des convictions qui le caractérisent,
  • d'être un outil à la disposition des organisateurs de débats, pour se présenter et exprimer dans l'espace public la foi qui les anime,
  • d'inviter à en savoir plus sur le protestantisme, d'ouvrir sur le dialogue et le débat.

La forme de l'exposition (3 niveaux de lecture, 10 thèmes en 2 panneaux (un synthétique, un explicatif), une iconographie vivante, un graphisme attrayant) a été travaillée pour faciliter son adaptation à des parcours, des publics et des contextes divers : catéchèse, conférence publique, culte, musée, forum des associations...

Le concept de l'exposition été unanimement apprécié par les Eglises locales avec la satisfaction de disposer d'un support, visuel, de bonne qualité. Quelques critiques : certains l'ont qualifiée d'identitaire, intellectuelle, dense et donc confuse, sans modernité au niveau des images. D'autres ont regretté qu'elle ne fasse pas plus explicitement référence à Jésus-Christ, à la foi protestante, ou à l'œcuménisme. En région Ouest, la réflexion est lancée sur une exposition à présenter en parallèle, sur les thèmes de la foi protestante.

2.3.2. Une exposition utilisée en interne comme en externe

L'exposition a été utilisée auprès des catéchumènes, dans les fêtes paroissiales... Elle a permis aux paroissiens "de mieux connaître les Protestants" (Dieulefit), non sans quelques réflexes identitaires (une expo "pour la fierté des protestants isolés" selon Vinevil). Elle a donné l'occasion d'une réflexion nouvelle sur les convictions présentées.

Mais, répondant aux objectifs fixés, l'exposition a aussi permis de toucher d'autres publics, très divers : catholiques et groupes œcuméniques - élus, notables, interlocuteurs divers de la société civile - protestants non encore connus - population non initiée, vacanciers, touristes - élèves, étudiants, enseignants

L'exposition a servi de base à des "cultes pédagogiques". Les panneaux ont parfois été utilisés séparément, en fonction de leurs thèmes: auprès des catéchumènes ou dans un cadre associatif. Vallon-Pont-d'Arc (Centre-Alpes-Rhône) a affiché l'exposition par thème, 2 panneaux par 2 panneaux, sur les portes du temple.

Aubervilliers (région parisienne)

De septembre à décembre 2000, deux panneaux ont été étudiés par dimanche au culte. Puis l'exposition a été présentée dans son intégralité dans la salle de culte, une salle polyvalente occupée par divers groupes durant la semaine, avec Portes ouvertes jusqu'au 25 décembre.

L'exposition a parfois servi de "toile de fond" (dans le temple, dans le cadre de cultes ouverts sur la cité, ou de manifestations diverses). Elle a parfois servi à créer l'évènement (Portes ouvertes en été, animations de quartier, anniversaire du temple...) . Mais tous n'ont pas toujours eu l'idée de la "sortir" ! Elle a été oubliée dans les placards de certaines Eglises locales...

L'exposition a souvent trouvé place dans un cadre public (fête des associations, journée du patrimoine, festival...). Elle a été exposée dans des lieux publics (médiathèques, bibliothèques, salles communales, cliniques... ), dans des églises catholiques. "Protestants" a été bien accueillie dans des établissements d'enseignement (4e, 5e, 2de, Terminales).

2.3.3. La présentation de l'exposition

Une pédagogie a été développée par ses concepteurs autour de l'exposition pour aider à sa présentation : mode de montage accompagnant les affiches, dossier Débat 2000 n° 11 "Outils d'animation" donnant des conseils (plastifier les affiches ou les fixer sur support contreplaqué !), atelier du Forum Animation d'avril 2000 consacré à l'exposition (une initiative reprise régionalement en PCAC)...

Malheureusement l'exposition n'a pas été toujours mise en valeur. Les affiches ont parfois été simplement apposées aux murs ou appuyées aux bancs du temple (pas très pro !). Et l'exposition abandonnée à elle-même... Ou devenant tellement partie prenante du paysage que plus personne ne la voit.

Des initiatives diverses ont parfois été prises pour accompagner l'exposition : panneaux complémentaires, décoration florale, présentation de vidéos, de musique, comptoir de librairie... Des brochures présentant l'exposition mais aussi l'Eglise locale et l'ERF en général ont été réalisées (Aix en Provence). Ainsi qu'un questionnaire pour les catéchumènes (Lyon Guillotière, St Malo).

Des animations en parallèle ont été proposées aux visiteurs : contes bibliques, ateliers bibliques (Montpellier, Lyon-Guillotière, Fleurance (Sud-Ouest) autour du thème du Festival du ciel et des étoiles),café-discussion, concert, théâtre, heure musicale et bien sûr des débats "Nous sommes tous un peu protestants" à Fos sur Mer (PCAC), "La Bible est à tout le monde" à Daumazan (Sud-Ouest).

L'accueil a souvent été soigné : la formation des permanents a été organisée (à Lyon-Guillotière et à Montpellier notamment). Des permanences ont généralement été planifiées, permettant un accueil personnel jugé essentiel (Vallon-Pt-d'Arc, CAR). Des visites guidées ou commentées ont été proposées (à Marmande, Sud-Ouest, après une célébration œcuménique). L'exposition a souvent donné l'occasion d'un vernissage officiel avec invitation d'élus, notables, responsables d'autres Eglises ou communautés.

2.3.4. Observations générales

Dans notre société de l'image, un support visuel est précieux. En donnant aux Eglises locales quelque chose de concret à montrer (aux élus et notables notamment) l'exposition leur a permis plus de visibilité, préalable nécessaire à l'entrée en débats, et à une reconnaissance par la société civile. En soulignant des points forts du protestantisme, en en simplifiant la communication, l'exposition a connu un succès " extra-ordinaire " parce qu'accessible au grand public.

Elle a suscité l'intérêt, l'étonnement, la découverte, et une meilleure connaissance des protestants. Au vu des convictions et engagements présentés, l'assimilation à une secte n'est plus possible.

Cette exposition a démontré aux paroissiens que les convictions protestantes pouvaient intéresser. Leur donnant l'assurance nécessaire pour aller plus loin dans l'affirmation de leurs convictions.

Mais "Protestants" n'a pas toujours été utilisée au mieux de ce qu'elle aurait mérité. Par manque de préparation en amont. Et souvent en raison d'une communication insuffisante qui ne lui a pas toujours permis une large audience.

2.4. L'émission de radio "RCF-Débat 2000-2000 débats"

Avec cette émission, la coordination a voulu répondre à un des objectifs de Débat 2000 " Risquer une parole dans l'espace public". Ce type d'émission (débat ouvert, parole plurielle, intervenants de tendances diverses) est peu présent dans la grille des programmes de RCF. La réalisation de cette émission sur des débats de société, avec essai de paroles théologiques (chrétiennes ou protestantes), a été reconnue comme une spécificité, une compétence protestante.

Emission "RCF-Débat 2000-2000 débats"

  • Sur le réseau national de RCF (Radios chrétiennes en France), émission mensuelle, le dernier mardi du mois à 20 h 45, rediffusion le samedi suivant à 20 h 45.
  • Une heure de débat sur un thème de société ou d'actualité, entre 3 intervenants croisant paroles de spécialistes et de théologiens, et une animatrice, journaliste à RCF.
  • Débat suivi de 10 mn de "Kiosque" au cours duquel est donné un écho des " 2000 débats" de l'E.R.F. à travers la France.
  • 10 émissions ont été réalisées en 2000-2001. En 2001-2002, l'émission s'est poursuivie à la demande de RCF.

L'émission a permis à l'ERF de prendre une part plus active dans la programmation de RCF (qui se veut une radio oecuménique). Elle a été l'occasion de risquer une parole protestante, écoutée dans tout le réseau RCF. Et l'évocation par le "Kiosque" des multiples débats organisés par les Eglises locales donne une idée de notre diversité et de notre volonté d'ouverture.

Les intervenants extérieurs contactés pour une émission ont toujours marqué leur intérêt pour la démarche. Il n'y a jamais eu de refus d'intervention en raison du cadre ecclésial, mais souvent des discussion (sur l'ERF, sur Débat 2000... ) avec les intervenants qui n'ont pu donner suite, souvent pour des raisons d'emploi du temps. Notre Eglise y a gagné en visibilité.

Sur chaque thème d'émission, une documentation a été rassemblée par Christian Davaine (Internet, CPED). Elle pourrait constituer la base de nouveaux dossiers Débat 2000.

Débats emblématiques dans deux petites paroisses

Le marché de Noël de Melle-Celle (région Ouest)

La petite Eglise réformée de Melle a organisé le 15 décembre 2000 de 17 h à 22 h un marché de Noël dans le temple, avec 20 artisans et commerçants. Un vrai temps de rencontre. Près de 400 visiteurs ont respecté les15 mn d'interruption chaque heure pour écouter le conteur Jean Alexandre ou des chanteurs. Objectif : rappeler le sens chrétien de Noël, " Jésus-Christ, cadeau pour tous les hommes, espérance pour l'humanité ". Une affiche sur la Nativité a été offerte à chaque visiteur. Sur la demande des opposants au projet en 2000, l'expérience a été renouvelée en 2001.

Les Cévennes en débats

Le délégué Débat 2000 est allé rendre visite aux paroisses et réfléchir avec elles sur les débats envisageables. Décision a été prise d'un café théologique à Colognac, dans l'unique café sur la place du petit village. En janvier 2001, 50 personnes ont envahi les lieux, jusque sur le trottoir pour discuter des différentes manières d'interpréter un texte biblique et de le replacer dans l'actualité. Le café s'est conclu en musique avec la participation de musiciens. Et les gens en redemandent. Les 2000 débats cévenols se sont poursuivis. En mars, au Gite Longitude, lieu où sont habituellement organisées des soirées de contes, des contes bibliques ont été proposés par l'Eglise réformée locale. Et en avril, une réflexion a été menée avec un responsable local de la Cimade, sur la question de l'exclusion, vécue jusque dans les villages cévenols, à l'hôtel du Parc à Lassalle.

Débats sur le thème de la violence

A Cavaillon (Provence Côte d'Azur Corse), une réflexion menée dans un lycée professionnel

avec la psychologue Edith Tartar-Goddet : " Savoir gérer la violence au quotidien ". Un débat au moment du repas avec les éducateurs, enseignants, médiateurs et personnes intéressées, puis une rencontre débat avec les délégués des élèves de 14h à 16h. Enfin de 16h30 à 18h, un libre débat au lycée, à la cafetéria des enseignants, avec les éducateurs de rue, les enseignants, les adultes de la région intéressés. Plus deux soirées-débat à Vitrolles et Marseille sur " Les jeunes et la violence ".

A Chatellerault (région Ouest) un débat avec les acteurs locaux

Le débat sur " La violence : une fatalité ? un combat de tous les jours pour en sortir " a été traité sur le plan local, avec un juriste, une psychologue, et la parole donnée aux acteurs locaux qui interviennent sur la ville en matière de lutte contre la violence (associations, centre sociaux, conseil municipal des jeunes... ).

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