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5. Ouvertures

 

Débat 2000 s'achève. Au-delà du bilan des manifestations, quelles conclusions en tirer ? quelles stimulations en recevoir? Qu'avons-nous appris qui puisse élargir notre horizon et orienter nos choix ? Comment la dynamique qui s'est manifestée à cette occasion peut-elle se poursuivre demain, et vers quels projets nouveaux ?

Au vu de ce qui s'est passé et des échos qui nous en sont revenus, nous avons la conviction que les grandes affirmations de la Réforme trouvent aujourd'hui une résonance nouvelle.

Nous n'avons pas fini d'en ressaisir nous-mêmes la force libératrice. Encore faut-il les retraduire dans notre contexte, qui n'est plus celui du 16e siècle, et dans les problématiques d'aujourd'hui : la pluralité des religions et les extrémismes religieux, la fascination exercée par les avancées de la science, le souci du vivre ensemble dans le respect des différences, l'emprise de la marchandisation sur tous les domaines de la vie, la quête de relations égalitaires entre hommes et femmes, etc. C'est dans notre culture, affrontés aux questions qu'elle pose, et en lien avec nos contemporains, qu'il importe de réinterpréter l'Evangile de la grâce et de la liberté.

Nous avons la conviction que la transmission de l'Evangile fait de la communication un enjeu majeur.

Que transmettre ? Comment communiquer ? Ce sont les deux faces, distinctes mais inséparables, d'une même question. La communication est un travail, une compétence qui implique outils et techniques, formation et expertise, c'est-à-dire aussi investissements. Elle n'est pas seulement de l'ordre des moyens, elle participe de la fin recherchée : que la Parole circule, et qu'au travers de la communication nouée avec d'autres, l'Evangile puisse lui-même se communiquer. Une réflexion concrète sur les outils et les langages de la communication s'impose ici : quels moyens mettre à la disposition des communautés : formations ? nouvelles expositions ? nouveaux dossiers ? quelles utilisations d'Internet ? quels développements donner au projet "Théovie" ? etc.

Parmi tous les chantiers ouverts (ou repris), trois nous semblent particulièrement d'actualité :

  • le rapport au politique, et la relation avec les politiques.
    Les initiatives prises dans ce sens ont souvent donné lieu à des débats très riches, les acteurs politiques appréciant cette occasion d'une réflexion "gratuite", à distance de l'immédiateté de l'action. De telles rencontres contribuent à la revalorisation du politique. Les questions du lien social, de la démocratie, de la laïcité, de la place des Eglises dans la cité, sont à reprendre aujourd'hui en termes nouveaux, et nous avons dans ce domaine une contribution originale à apporter. Le centenaire de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat, en 2005, constitue le prochain grand rendez-vous public qui nous sollicite. Comment entendons-nous le préparer, et le marquer, en lien avec nos partenaires de la Fédération protestante ?
  • Le renouvellement des langages et le témoignage de la foi.
    Une des données les plus intéressantes de Débat 2000 est la multiplicité des formes d'expression culturelles et artistiques qui se sont manifestées à cette occasion. Nos communautés sont riches à cet égard de ressources ignorées ou inexplorées. Peut-être n'avons-nous pas pris la mesure de tout ce que cette créativité et ce renouvellement des langages peuvent apporter pour la communication de l'Evangile. Plus généralement, c'est aussi la question de la place des artistes, et de la relation avec les artistes dans nos Eglises qui nous est posée ici.
  • L'enjeu de l'éthique.
    C'est autour de questions éthiques que se mobilise aujourd'hui l'intérêt de nos contemporains, c'est là aussi que se noue ou se renoue le dialogue entre eux et nos Eglises dans l'espace public. C'est là que nous sommes attendus, souvent sollicités. Non pour prononcer une parole magistrale. Mais pour éclairer un aspect du débat, au sein d'une culture très sensible à la pluralité des approches du réel.

Mais comment passer de la Bible à l'éthique? Ou plutôt comment articuler une parole théologique en lien avec un questionnement éthique, dont les données sont parfois très complexes ? Quelle va être la singularité d'un témoignage réformé ? Peut-être sera-t-elle dans une certaine manière de poser les problèmes plus encore que dans les conclusions apportées, dans une certaine manière de déplacer le débat, de soulever d'autres questions, d'entrouvrir d'autres perspectives.

En soulignant ces convictions, en mentionnant ces chantiers (parmi bien d'autres possibles) nous avons conscience de soumettre au synode national des éléments de réflexion susceptibles de tracer des lignes d'orientation pour le travail de l'Eglise dans les années à venir. Il appartiendra au synode de reprendre lui-même cette évaluation, de se saisir de ces conclusions, et de décider les prolongements qu'il entend éventuellement leur donner.

Il appartiendra à toutes les communautés de l'Eglise réformée de France -notamment celles qui ont participé aux 2000 débats- de réfléchir, chacune pour son compte, à la manière dont elles entendent porter leur témoignage dans l'espace public, enrichies et stimulées par l'expérience des autres.

Débat 2000 s'achève. Une parole pour les années 2000 commence.

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