Débat 2000 s'achève. Au-delà du bilan des manifestations, quelles conclusions en tirer ? quelles stimulations en recevoir? Qu'avons-nous appris qui puisse élargir notre horizon et orienter nos choix ? Comment la dynamique qui s'est manifestée à cette occasion peut-elle se poursuivre demain, et vers quels projets nouveaux ?
Nous n'avons pas fini d'en ressaisir nous-mêmes la force libératrice. Encore faut-il les retraduire dans notre contexte, qui n'est plus celui du 16e siècle, et dans les problématiques d'aujourd'hui : la pluralité des religions et les extrémismes religieux, la fascination exercée par les avancées de la science, le souci du vivre ensemble dans le respect des différences, l'emprise de la marchandisation sur tous les domaines de la vie, la quête de relations égalitaires entre hommes et femmes, etc. C'est dans notre culture, affrontés aux questions qu'elle pose, et en lien avec nos contemporains, qu'il importe de réinterpréter l'Evangile de la grâce et de la liberté.
Que transmettre ? Comment communiquer ? Ce sont les deux faces, distinctes mais inséparables, d'une même question. La communication est un travail, une compétence qui implique outils et techniques, formation et expertise, c'est-à-dire aussi investissements. Elle n'est pas seulement de l'ordre des moyens, elle participe de la fin recherchée : que la Parole circule, et qu'au travers de la communication nouée avec d'autres, l'Evangile puisse lui-même se communiquer. Une réflexion concrète sur les outils et les langages de la communication s'impose ici : quels moyens mettre à la disposition des communautés : formations ? nouvelles expositions ? nouveaux dossiers ? quelles utilisations d'Internet ? quels développements donner au projet "Théovie" ? etc. Parmi tous les chantiers ouverts (ou repris), trois nous semblent particulièrement d'actualité :
Mais comment passer de la Bible à l'éthique? Ou plutôt comment articuler une parole théologique en lien avec un questionnement éthique, dont les données sont parfois très complexes ? Quelle va être la singularité d'un témoignage réformé ? Peut-être sera-t-elle dans une certaine manière de poser les problèmes plus encore que dans les conclusions apportées, dans une certaine manière de déplacer le débat, de soulever d'autres questions, d'entrouvrir d'autres perspectives. En soulignant ces convictions, en mentionnant ces chantiers (parmi bien d'autres possibles) nous avons conscience de soumettre au synode national des éléments de réflexion susceptibles de tracer des lignes d'orientation pour le travail de l'Eglise dans les années à venir. Il appartiendra au synode de reprendre lui-même cette évaluation, de se saisir de ces conclusions, et de décider les prolongements qu'il entend éventuellement leur donner. Il appartiendra à toutes les communautés de l'Eglise réformée de France -notamment celles qui ont participé aux 2000 débats- de réfléchir, chacune pour son compte, à la manière dont elles entendent porter leur témoignage dans l'espace public, enrichies et stimulées par l'expérience des autres.
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