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1. LE PROCESSUS DEBAT 2000-2000 DEBATS

 

1.1 Un contexte et des sollicitations

L'idée initiale a cheminé à partir d'un contexte : celui des interrogations de beaucoup, y compris dans la société civile, autour des " célébrations " diverses à l'occasion du passage à l'an 2000 et des sollicitations, multiples également, provenant du sein de l'ERF elle-même ou de partenaires habituels autour de l'interrogation de savoir si l'ERF allait "faire quelque chose" pour l'an 2000, comme tout le monde, et quoi ?

En amont également, le constat que ce que dit et fait l'ERF intéresse.

Par exemple, à côté de diverses instances de notre Église, un certain nombre d'Églises locales avaient été directement sollicitées par les pouvoirs publics autour des manifestations organisées en 1998 sur l'Edit de Nantes.

Dans la même idée, le constat que les résultats de la réflexion synodale sur "Étranger, Étrangers" diffusés à l'extérieur de l'Église avaient trouvé, en leur temps, un large écho.

Il faut rajouter à ces divers éléments la décision 29 du synode de Reims de 1999 demandant que " soit mise à l'ordre du jour d'un prochain synode la préoccupation fondamentale d'évangélisation et de témoignage public de l'ERF telle que l'exprime sa déclaration de foi".

1.2 Une ébauche de proposition du CN au printemps 1998

La réflexion débute, dans les instances, en 1998 sur ce qu'il convient de préparer à l'horizon de l'année 2000. Réflexion alimentée par divers projets et demandes adressés directement au Conseil national (lettre de la conférence des évêques, projets de Rome, attente du COE, lettre de la CEPPLE...).

Sur cette base et avec les coordinations, le Conseil national poursuit la réflexion, la reliant à certains débats du précédent synode national de Reims, notamment le souci de l'évangélisation et de notre témoignage dans l'espace public.

Sans pour autant se joindre au tapage médiatique, et aux fantasmes religieux qui, à ce moment-là déjà foisonnent, pour "célébrer" l'an 2000, ni tomber dans une magie des chiffres, il apparaît au conseil national et aux coordinations qu'il n'est pas possible d'ignorer cette préoccupation de beaucoup de nos contemporains, ni la dimension emblématique de cette date.

Toutefois, la participation de l'ERF doit être significative de ce qu'elle est. C'est pourquoi est proposée une démarche qui sans doute se démarque au moins de quatre manières de ce qui se prépare.

Une occasion de débat et de travail communautaire, pas un temps fort symbolique dont les acteurs seraient les seules autorités des Églises.

Une occasion d'approfondir notre message, pas un événement médiatique à forte charge affective et émotionnelle.

Un processus s'inscrivant dans la durée et ouvrant des perspectives pour le long terme, pas un moment ponctuel et sans lendemain.

Une réflexion conduite en relation avec nos partenaires (institutions, œuvres et mouvements) et en débat avec les idées et interrogations qui habitent le monde dans lequel nous vivons, pas un exercice de réaffirmation identitaire limité aux seuls réseaux d'Église.

1.3 Trois objectifs initiaux

Témoigner de l'Évangile dans notre vie de tous les jours au cœur des défis de ce temps, en partant de nos préoccupations les plus concrètes.

Parce qu'il a été vérifié ces dernières années que les Églises locales ne manquaient pas de vitalité : elles se sont beaucoup investies par exemple dans la réflexion et le débat lancé par la FPF sur "Travail, partage, exclusion", dans les derniers thèmes synodaux sur "Étranger, Étrangers" et "Baptême, Cène, signes" ou encore autour de l'Edit de Nantes. Ce quatrième centenaire notamment a très nettement été une occasion idéale de mettre en œuvre la volonté de notre Église de témoigner de l'Évangile dans l'espace public. Une préoccupation exprimée régulièrement et de diverses manières dans nos synodes : souci de visibilité, perspective d'évangélisation.

Exposer nos convictions, au double sens du verbe exposer, c'est-à-dire les présenter mais aussi les confronter, les risquer à la rencontre des autres.

Non pas pour les approfondir entre nous de manière identitaire, mais les revisiter en dialogue avec les autres au cœur de l'actualité pour en vérifier la pertinence. Car de même que l'Évangile est lui-même rencontre, nous ne pouvons en témoigner que dans la rencontre de l'autre. Et cette rencontre ne nous laisse jamais indemnes.

Sauf à réduire l'Évangile à un corps de réponses toutes faites, intangibles, une Église en débat, c'est une Église qui accepte par avance d'être interrogée et décalée par la parole des autres, constamment déplacée et renouvelée par la Parole de l'Autre. C'est ce qui fait du débat un temps de mise à l'épreuve de nos convictions, un temps d'interpellation, de remise en question, de conversion ; un creuset où les convictions, loin de se dissoudre et de perdre leurs arêtes, s'affinent, s'avivent, se clarifient, se nuancent, se modifient parfois.

Troisième finalité, cette rencontre, ce débat, cette confrontation avec d'autres approches pourraient déboucher sur de nouvelles formulations, de nouveaux langages pour notre foi,

peut-être sur des contributions publiques qui exprimeraient les positions de notre Église sur un certain nombre de questions contemporaines. Cela concrétiserait cette volonté qui s'exprime très fortement dans la société et dans nos communautés que notre protestantisme fasse entendre plus clairement sa voix sur les grandes questions de ce temps.

1.4 Un processus spécifique par rapport aux démarches synodales habituelles

Un tel processus exprime en lui-même une spécificité proprement réformée, qui se démarque alors de manière assez évidente de ce qui se prépare par ailleurs, mais qui est une possibilité de nous y associer à notre manière.

Mais il se démarque également de nos façons habituelles de travailler au sein de notre Eglise.

Nous ne sommes plus là dans une démarche et une réflexion de type "synodal" où, après le temps de consultation des différents lieux où s'exprime l'avis des fidèles, il revient au synode national de prendre une décision engageant l'Eglise dans son ensemble et clôturant ainsi, pour un temps du moins, la réflexion de l'Eglise sur tel ou tel sujet.

Le processus des 2000 débats se veut dès l'origine, ouvert :

  • ouvert sur d'autres que ceux qui fréquentent habituellement nos lieux et nos rendez-vous, puisque c'est même d'eux et avec eux que l'on espère le débat et la confrontation,
  • ouvert sur les questions que partagent avec nous nos contemporains,
  • ouvert peut-être un peu plus que d'habitude sur une présence de l'Evangile dans la société,
  • ouvert enfin sur demain puisqu'il est espéré qu'à partir de ce qui se sera vécu, des orientations pourront être prises qui dégageront des priorités de travail pour notre Eglise.
1.5 Une équipe et des étapes

C'est la raison pour laquelle est mise en place dans un premier temps une équipe "ad hoc", constituée de membres du Conseil national, des permanents des coordinations. Cette équipe est chargée d'initier et d'accompagner le projet dans sa phase d'élaboration, jusque dans ses aspects concrets, comme les moyens mis à disposition des régions et des Eglises locales pour se lancer dans le processus.

Rapidement est constituée l'équipe des délégués régionaux chargée de relayer l'information et l'animation, dans nos huit régions.

Pour ce faire, des rendez-vous locaux, régionaux et nationaux sont mis en place pour déboucher sur le lancement "officiel" des 2000 débats en juin 2000, à Lyon, immédiatement après le synode.

Le travail de ce présent synode à partir du rapport présenté constitue la dernière étape du processus Débat 2000 en tant que tel mais certainement pas la fin de la méthode.

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