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Développement
durable et devenir de l'homme : un enjeu pour la paix Les
enjeux économiques et éthiques Interventions
de
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| I. Dans les débats qui ont précédé la table ronde : | |
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1) Concernant la mondialisation, il faut souligner l'importance qu'a pris l'exploitation des matières premières minérales, notamment des ressources énergétiques fossiles, dans le développement accéléré de nos sociétés au cours des dernières décennies. C'est un enjeu considérable pour le développement durable sous plusieurs angles :
Ainsi, alors que la science donne maintenant à l'homme une vision claire de la répartition des ressources de la planète, en même temps qu'il peut en apprécier la finitude, elle lui permet de mesurer l'impact environnemental de leur consommation. Si le scientifique peut alerter, c'est au politique de prendre des décisions. Or elles sont si lourdes, les changements induits sont si importants, que seule une démarche étique - notamment fondée sur l'approche spirituelle de l' " usufruitier " citée par J.Ph.Barde - peut amener à choisi la route du développement durable (au lieu d'en parler sans le faire). 2) Concernant la mise en uvre des politiques de développement durable, il faut souligner la nécessité de se doter des institutions nécessaires au niveau multilatéral. Outre les niveaux d'action individuels, des collectivités locales (avec notamment les " Agenda 21 "), des entreprises, des états ou de régions comme l'Europe, le caractère global de nombreux problèmes nous y contraint. Qu'il s'agisse du commerce, du travail, des ressource minérales et énergétiques, dont on connaît la répartition très inégale des gisements et des utilisations dans le monde, ou des impacts environnementaux de la production et des usages, il est nécessaire de se doter d'instances de régulation efficaces. C'est à dire ayant un impact sur l'ensemble des décisions, y compris celles concernant le commerce international. C'est une responsabilité pour laquelle les chrétiens, qui croient à l'unicité de Dieu et à l'universalité de l'Eglise, doivent travailler conjointement. 3) Sur le sujet de l'eau (accès à tous, prix, gratuité). Il faut que le prix de l'eau soit tel que le consommateur soit à même d'en reconnaître la valeur. Le prix de l'eau distribuée doit non seulement prendre en compte les coûts de purification de l'eau distribuée et celui de l'épuration des eaux usées, mais aussi le coût de maintenance de la qualité de la ressource. En effet il est essentiel que l'eau de source, celle des fontaines, cette eau gratuite là reste d'une qualité telle qu'elle puisse rester potable. Or nous n'en prenons pas le chemin ; partout, et notamment en France, la qualité de l'eau de surface, et même de l'eau souterraine continue à se dégrader, en particulier à cause des pollutions diffuses. Un développement durable suppose que des mesures adéquates soient prises pour que non seulement la qualité de l'eau naturelle ne se dégrade pas, mais encore pour reconquérir sa qualité lorsqu'elle est dégradée. " Et si le sel perd sa saveur ? " nous questionne Jésus, mais que deviendrions nous si l'eau perdait son sens biblique de pureté ? 4) Sur la question de la perception de notre société occidentale par d'autres, notamment le monde musulman, il faut souligner la confusion existant entre le système économique dominant et le monde judéo-chrétien. Pour un musulman qui vit dans un pays qui ne fait aucune distinction entre pouvoir politique et pouvoir religieux (c'est le cas de la plupart des pays musulmans), il est impossible de dissocier le système économique et politique occidental et ses traits choquants (la domination de l'argent, le culte de la richesse, du plus fort, la publicité ), du monde judéo-chrétien avec lequel il se superpose. De ce point de vue, les chrétiens (comme les juifs) ont une responsabilité essentielle parce que leur protestation est tragiquement muette. |
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| II. Participation à la table ronde finale : selon trois axes, basés sur trois catégories d'expériences personnelles. | |
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1) Nécessité
de disposer de données fiables sur l'état de l'environnement,
une dimension qui n'est pas "internalisée" par l'approche
économique classique, ni les outils statistiques dont elle dispose.
Pour ce faire, il faut se doter de systèmes d'observations, de
mesures, et d'informations sur les milieux naturels et les pollutions
qui soient fiables et accessibles au public. Ces nouveaux " services
publics " doivent être placés sous la responsabilité
d'organismes scientifiques dotés des moyens nécessaires.
Il faut en effet connaître, comprendre, prévoir, se représenter
le monde réel et partager la connaissance. 2) Souligner
l'importance du rôles des associations (intervenant après
Christian Garnier, vice-président de France Nature Environnement,
la tâche est plus facile !). Elles fournissent, avec les scientifiques,
des données complémentaires et exercent une fonction sociale
irremplaçable, à coté des administrations, des entreprises
et des politiques. En effet elles jouent un rôle de veille et d'alerte.
En s'inscrivant dans plusieurs champs (de l'environnement, de l'action
sociale, de l'aide au développement) elles constituent des réseaux
extrêmement complémentaire. - 3) Enfin,
il faut parler aussi, puisque nous sommes ici du rôle des associations
d'un autre type : les Eglises(et plus généralement
les associations cultuelles). Ainsi, la Fédération Protestante
de France (que représentait ce matin J.A. de Clermont, mais
il n'en a pas parlé en limitant son propos à une approche
strictement théologique) a mis en place un groupe de travail "
Environnement et Développement Durable " dans le cadre de
sa commission " Eglise et Société ". La FPF a
ainsi produit un document, diffusé sur son site (http://www.protestants.org/),
dans le but d'approfondir le sujet et de générer des contributions
des communautés... On pourrait ainsi espérer contribuer
à structurer ainsi une dimension nouvelle de la "veille étique",
notamment si nous parvenons à coupler ce travail de réseau
avec celui qui se développe déjà au niveau européen
dans le cadre de la KEK, ou au niveau du Conseil Oecuménique des
Eglises. En conclusion,
il faut souligner la complémentarité de ces réseaux.
On doit toujours souligner le caractère fructueux du dialogue
entre approches et sensibilités différentes. En
se référant notamment à John Cobb (les théologien
américain contemporain du " process "), nous devons souligner
notre responsabilité dans la dénonciation d'un modèle
occidental dominé exclusivement par l'argent comme seule référence,
alors que le reste du monde (notamment musulman) le perçoit comme
une expression du christianisme... Si nous ne savons pas dénoncer
avec force cette confusion, nous resterons la cible d'autres Djiadh !
L'importance du dialogue inter-religieux est essentielle de ce point de
vue. Dans la mesure où il n'a pas été encore commencé,
il ne peut être que fructueux !
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