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Fiche 2 Qu'ont
fait nos Eglises ?
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[2] § d'après Jean Marc Prieur : Conférence prononcée au titre de la conférence des Eglises Européennes et de FPF aux rencontres de Solan " Religions et Environnement ", organisée par le WWF les 11 et 12 Octobre 2001 |
La thématique
avait été lancée au niveau mondial par le Conseil
cuménique des Eglises à Vancouver en 1983 sous le
titre " Justice, paix et sauvegarde de la création
". Au niveau européen elle avait été particulièrement
portée par les Eglises allemandes et inspirée par le physicien
et philosophe Karl Friedrich von Weizsäcker et son ouvrage Le temps
presse. Il y affirmait alors que trois problématiques étaient
d'une grande urgence pour le monde : la paix, la justice et la préservation
de l'environnement ; qu'elles étaient liées entre elles
et que l'humanité était parvenue à une croisée
des chemins où elle pouvait aggraver les problèmes, mais
où il était encore temps de changer d'orientation pour y
porter remède. La suite des événements a révélé
la pertinence de ces analyses. Un premier
rassemblement européen s'est tenu à Bâle du 15 au
21 mai 1989, sur le thème "Paix et justice pour la création
entière ". Il était organisé par la Conférence
des Eglises Européennes (KEK) et le Conseil des Conférences
épiscopales d'Europe. L'intérêt de la triple problématique
traitée à Bâle a été de proposer une
vision globale des choses. Jusqu'alors les Eglises s'intéressaient
à la paix et à la justice, et la problématique de
l'environnement était nouvelle. On se rendit compte que toutes
trois étaient liées, tant au plan des causes que des remèdes
à apporter. Le second intérêt fut d'engager les chrétiens
et les Eglises dans une collaboration avec d'autres personnes, religions
ou organisations, sur des questions qui concernent tout le monde, et sur
lesquelles ils ont en tant que tels, peu de compétences particulières
et au sujet desquelles on peut même affirmer qu'il leur est maintes
fois arrivé d'agir en sens contraire. A Graz, en Autriche, du 23 au 29 juin 1997, le thème du second rassemblement européen retenu était " Réconciliation, don de Dieu et source de vie nouvelle ". Cette thématique était tout particulièrement suggérée par les crises intervenues à différents niveaux dans les pays anciennement communistes suite à l'effondrement de ces régimes, et visait à ne pas oublier les problématiques du rassemblement de Bâle, dont celle de l'environnement. De sorte que celle-ci fut retenue comme un des principaux sous-thèmes dont se préoccupa ce second rassemblement. Il adopta un Texte de base qui formule des recommandations, dont quatre concernent une " Pratique nouvelle de la responsabilité écologique, pour aujourd'hui et les générations futures ". On y lit, parmi les recommandations aux Eglises " de considérer et de promouvoir la sauvegarde de la création comme une partie intégrante de la vie ecclésiale de promouvoir un style de vie conforme aux critères de durabilité et à la justice sociale, et d'appuyer toute démarche tendant à une économie qui satisfasse ces mêmes critères d'adhérer à l'Agenda 21 en l'associant au Processus cuménique ou conciliaire de Justice, Paix et Sauvegarde de la Création d'établir avec le Conseil des conférences épiscopales d'Europe un réseau de responsables de l'environnement, avec lequel ils travailleraient en partenariat. " Depuis, le réseau chrétien européen de responsables de l'environnement s'est mis en place. Il a tenu sa première réunion en octobre 1998 à Vilemov (République Tchèque). 24 pays européens y étaient représentés. Il s'est notamment donné comme objectif de centraliser l'information et les compétences, de s'encourager et de se soutenir mutuellement par le développement d'actions communes, de renforcer la conscience écologique et l'engagement des Eglises européennes, d'identifier les problèmes écologiques et d'analyser les conséquences sociales et politiques des menaces qui pèsent sur l'environnement, de stimuler une collaboration appropriée entre les ONG et les institutions européennes dans ce domaine. Les sujets de travail retenus sont les changements climatiques, les transports, l'environnement et l'économie, l'agenda 21 et les styles de vie, une journée de la création, la biotechnique et le génie génétique, la biodiversité. Parmi les recommandations adoptées à Graz, il y avait également celle " que les Eglises rédigent une charte commune des droits et devoirs cuméniques fondamentaux " qui aiderait les Eglise européennes à vivre et témoigner dans ce continent. Celle-ci a vu le jour et a été officiellement proposée aux Eglises à l'occasion d'un troisième rassemblement européen, de moindre importance que les deux précédents, à Strasbourg en avril 2001. Elle contient aussi un volet sur la sauvegarde de la création qui affirme notamment la valeur propre des biens de la terre, la nécessité de mettre en place des conditions de vie durable, en particulier par l'adoption de styles de vie adaptés, et de discerner ce qui peut se faire d'un point de vue scientifique et technologique mais pas d'un point de vue éthique. |