Vers une Eglise Protestante Unie
Le groupe de travail des Commissions des Ministères EELF et ERF 1 s’est régulièrement réuni, à la demande des Comités directeurs.
1 Ce groupe est composé depuis novembre 2006 de 3 membres de l’EELF – 2 membres de la CDM, pasteur Pascal Hubscher et pasteur Jean-Frédéric Patrzynski, et le professeur Nicola Stricker nommée par la CDM avec l’accord du Conseil exécutif – et de 3 membres de la CDM ERF – pasteur Christian Baccuet (depuis juin 2007, auparavant pasteur Denis Heller), pasteur Ottilie Bonnema et Jean-Charles Wolff.
Il a dans un premier temps engagé une réflexion commune sur les ministères, en étudiant les similitudes et les spécificités de nos conceptions et de nos pratiques. Cela a permis de constater que les différences d’approches et de sensibilités ne sont pas des clivages entre les deux confessions, mais qu’elles traversent les deux Eglises elles-mêmes.
La première partie de ce document présente ce qui se vit aujourd’hui dans chacune de nos deux Eglises.
Dans un deuxième temps, ce groupe de travail a esquissé quelques pistes en vue de l’Eglise unie, dans la suite de la décision des Synodes de Sochaux, notamment en ce qui concerne une Commission des Ministères unique.
La deuxième partie de ce document présente ces quelques propositions.
Il importe en préalable de rappeler que notre réflexion sur les ministères se situe dans le cadre de la Concorde de Leuenberg (1973), en particulier son article 33 :
2. (…) « la condition nécessaire et suffisante de la vraie unité de l'Eglise est l'accord dans la prédication fidèle de l'Evangile et l'administration fidèle des sacrements » (…).
30. « En souscrivant à la Concorde, les Eglises, dans la fidélité aux confessions de foi qui les lient et aux traditions dont elles se réclament, (…) 33. c) (…) se déclarent mutuellement en communion quant à la prédication et à l'administration des sacrements. Cela inclut la reconnaissance mutuelle des ordinations et la possibilité de l'intercélébration ».
La reconnaissance mutuelle des ordinations est pleinement acquise. L’ERF et l’EELF emploient des mots différents, « reconnaissance de ministère » et « ordination », pour des notions semblables (voir ci-dessous partie I, E). Il est donc tout à fait possible d’avoir un corps pastoral unique pour l’Eglise unie.
Les thèses d’accord de Neuendettelsau (1982/1986) intitulées « Ministères et ordination » et celles de Tampere (1986), intitulées « Le ministère aujourd’hui », reçues en Assemblée générale à la Concorde de Leuenberg en 1987, développent encore davantage cette compréhension commune du « ministère ordonné ». De même, des accords bilatéraux nous unissent à d’autres Eglises protestantes : Luthériens, Réformés et Anglicans, à travers l’affirmation commune de Reuilly (1998) ; Luthériens et Anglicans à travers les Accords de Porvoo, Meissen, Washington.
Notre réflexion a ainsi une dimension œcuménique, elle s’insère dans le cadre des accords qui nous lient à d’autres Eglises et, plus largement, dans le concert de l’Eglise universelle.
I – Etat des lieux
La Constitution de l’EELF et la Discipline de l’ERF sont les textes qui nous régissent actuellement. Ils sont très proches sur bien des points, et disent ce qui nous rassemble et ce qui nous distingue. Dans la Constitution de l’EELF, le Titre 5 concerne « Les ministères ». Dans la Discipline de l’ERF, le Titre III traite « Des ministères, des ministres et des postes ».
A - SACERDOCE UNIVERSEL
Ce principe de base de l’ecclésiologie protestante est clairement partagé. En vertu de ce principe, tous les baptisés sont appelés à témoigner de leur foi et à propager l’Evangile.
Constitution EELF, Préambule : « Tous les baptisés de l’Eglise sont appelés à participer à son ministère. Parmi eux, certains exercent des ministères ordonnés ou reconnus tels que ceux de pasteur, Inspecteur ecclésiastique, diacre, prédicateur, conseiller presbytéral et autre membre d’un conseil d’Eglise, professeur de théologie. ». |
Discipline ERF 11, § 1 : « L’Eglise réformée de France participe à la mission que le Seigneur confie à l’Eglise universelle, annoncer, servir et vivre l’Evangile auprès de tous les hommes. |
| Article 18 : « Par leur baptême tous les membres de l’Eglise sont appelés à prendre part à sa mission. | Par leur baptême, tous les membres de l’Eglise sont appelés à prendre part à cette mission. |
| Pour les former et les fortifier à cette fin, et pour concourir à l’annonce de l’Evangile, l’Eglise évangélique luthérienne de France discerne des ministères divers qu’elle reconnaît ou ordonne. » | Pour les former et les fortifier à cette fin et pour concourir à l’annonce de l’Evangile, l’Eglise réformée de France discerne et reconnaît, dans le cadre des Eglises locales et dans celui de l’union des Eglises, des ministères et des ministres divers que le Seigneur lui donne. » |
B – TROIS TYPES DE MINISTERES
La diversité des ministères est une réalité dans l’ERF comme dans l’EELF. On peut distinguer trois catégories de ministères.
Il y a des ministères de type collégial aux plans local, consistorial, régional ou national (conseils d’Eglise). Ces ministères font actuellement dans l’ERF comme dans l’EELF l’objet d’une reconnaissance liturgique.
| Cette reconnaissance liturgique est appelée « installation » dans l’EELF. | Cette reconnaissance liturgique est appelée « reconnaissance de ministère » dans l’ERF |
Il y a des ministères de type individuel au plan local ou régional (prédicateurs, lecteurs, catéchètes, chargés de mission régionaux…). Ces ministères font actuellement dans l’ERF comme dans l’EELF l’objet d’une reconnaissance liturgique.
| Cette reconnaissance liturgique est appelée « installation » dans la pratique de l’EELF. | Cette reconnaissance liturgique est appelée « reconnaissance de ministère » dans l’ERF |
Il y a des personnes qui exercent un « ministère personnel » (ERF) ou « de type individuel » (EELF) au niveau de l’Union : des pasteurs et d’autres ministres.
| Les pasteurs sont « ordonnés » dans l’EELF. | Les pasteurs sont l’objet d’une « reconnaissance de ministère » dans l’ERF. |
Les mots sont différents, les formes variées, mais la pleine validité est mutuellement reconnue car la réalité est suffisamment similaire.
Quelques personnes peuvent être ministres de l’Union sans être pasteurs : c’est le cas de certains professeurs de théologie, de certains aumôniers, ou encore de certains ministres admis pour un ministère particulier ; ils ne sont pas pasteurs, par choix personnel ou par discernement de la CDM. Ces ministres qui ne sont pas pasteurs font actuellement l’objet d’une reconnaissance liturgique dans l’une ou l’autre des Eglises.
| Cette reconnaissance liturgique est appelée « installation » dans l’EELF. Ces ministres ne sont pas inscrits au Rôle dans l’EELF car ils n’ont pas été ordonnés au ministère pastoral. |
Cette reconnaissance liturgique est appelée « reconnaissance de ministère » dans l’ERF. Ces ministres sont inscrits au Rôle dans l’ERF, car ils ont été admis et reconnus comme ministres de l’Union. |
C - LE MINISTERE PASTORAL
1. Un ministère spécifique
Les pasteurs ont un ministère spécifique, signifié par l’acte public de reconnaissance de ministère ou d’ordination. Les deux Eglises se retrouvent pour définir le ministère pastoral comme comportant trois dimensions : annonce de la Parole, administration des sacrements et ministère d’unité de l’Eglise.
| Constitution EELF 22 : « Le ministère de pasteur est un ministère ordonné en vue de l’annonce de l’Evangile | Discipline ERF 24 § 2 : « Le ministère pastoral comporte principalement l’annonce publique de la Parole de Dieu, |
| et de l’administration des sacrements. | la célébration des sacrements |
| Le pasteur assume en outre l’accompagnement des personnes et veille à l’unité de la communauté. Le pasteur est au service de l’ensemble de l’Eglise. Celle-ci peut lui confier certaines missions en tenant compte de sa formation et de ses compétences, à côté des charges particulières du poste auquel il a été nommé. » | et le ministère de communion, qui implique la vigilance sur la communauté, l’attention à l’égard de chacun de ses membres et le souci de l’unité entre les Eglises locales. Avec les autres membres du conseil presbytéral, le pasteur veille à la formation théologique; il partage avec eux le souci de l’édification et de la conduite de l’Eglise locale, notamment le soin de son administration et de sa gestion. » |
Cette définition commune permet l’écriture d’engagements communs pour la reconnaissance de ministère-ordination. Les textes actuels d’engagements se trouvent en annexe 1.
2. « Ministres » et « pasteurs », une question de vocabulaire
| Dans l’EELF, les pasteurs exercent leur ministère en paroisse ou dans un ministère spécialisé. | Dans l’ERF, on établit une distinction entre le « titre » et la « fonction ». |
| Dans l’EELF, il s’agit plutôt d’une diversification du ministère pastoral. | Le titre de « ministre » est donné à toute personne admise dans un ministère de l’Union de type individuel (voir B3 ci-dessus). Parmi les ministres de l’Union, le titre de « pasteur » est porté par ceux qui ont été admis comme pasteurs, les autres ministres ne pouvant avoir droit à ce titre. La fonction pastorale, ministère exercé au sein d’une Eglise locale, est la plus courante ; d’autres fonctions peuvent définir le type de ministère exercé : aumônier, animateur biblique, etc… ; pour les pasteurs admis dans un de ces ministères dits spécialisés, la fonction est accolée au titre : on dit par exemple « pasteur et animateur biblique ». C’est une manifestation de la diversité des ministères (ERF : SN 1984). Il convient de noter que, dans le langage courant, tous sont appelés « pasteurs ». Les ministres qui ne sont pas pasteurs portent le titre de leur fonction, par exemple « animateur biblique ». Ils ne sont pas appelés « pasteurs ». |
D – LE ROLE
Le « Rôle » est la liste officielle des pasteurs pour l’EELF, des ministres de l’Union pour l’ERF.
Il mentionne :
- la date d’ordination ou de reconnaissance de ministère du pasteur/du ministre
- le cas échéant, la fonction ou le type de ministère occupé par le pasteur/le ministre : enseignant, animateur jeunesse, informateur régional, aumônier aux armées, animateur biblique et théologique, aumônier des hôpitaux, aumônier de prison, animateur de centre, formateur en catéchèse…
- sa situation en cours : en activité, envoyé, en congé, retraité, mis à disposition, chargé d’aumônerie, hors-cadre…
On peut sortir du Rôle, par exemple par démission ou par radiation.
| La CDM EELF tient à jour sous l’autorité du Conseil exécutif le Rôle des pasteurs ordonnés ou agrégés. | Le Rôle des ministres de l’ERF est tenu par les soins du secrétaire général, sous la responsabilité du Conseil national. |
E – RECONNAISSANCE DE MINISTERE / ORDINATION
La reconnaissance de ministère dans l’ERF et l’ordination dans l’EELF manifestent l’entrée dans le ministère.
1. Différence de terminologie
« Ordination » ou « Reconnaissance de ministère », la terminologie est différente. En cheminant les uns avec les autres, nous avons très clairement constaté que, derrière ces mots, nous mettions des notions théologiques et ecclésiales semblables, avec des accentuations, des insistances particulières.
Il est intéressant de lire sur ce sujet la réponse de Jean-Pierre Monsarrat, alors président du Conseil National de l’ERF, donnée au Comité de Leuenberg suite aux décisions du SN 1984 : « Nous entendons bien exprimer par « reconnaissance du ministère pastoral » ce que l’on entend par « ordination » lorsque ce terme est débarrassé de sa connotation sacerdotale »2
Les « thèses sur l’ordination », dites de Lyon, rédigées en 1961 par le réformé Jean Bosc et le luthérien Albert Greiner mettent, en lumière ces similitudes 3.
2 in Actes du Synode National, ERF, 1985, p. 68-73.
3 iin Appelés à témoigner et à servir, Les Bergers et les Mages, 1999, p. 112-113.
| L’EELF a conservé le terme d’ordination comme la plupart des Eglises luthéro-réformées. Le ministre ordonné est « mis en ordre », « mis à sa place » pour que l’Eglise soit édifiée, qu’elle remplisse sa mission et que la Parole soit proclamée. Il ne s’agit aucunement d’entrer dans un ordre qui rassemblerait des clercs. | L’ERF, dans les années 1980, a opté pour le terme reconnaissance, en écartant ceux de consécration et d’ordination, qui étaient, dans un contexte religieux catholique, trop ambigus. Les Eglises réformées d’autres pays utilisent le mot d’ordination. Le terme de reconnaissance porte en lui-même deux notions complémentaires significatives, celle de la gratitude et de la louange envers Dieu pour les ministres qu’il donne et celle de l’accueil public du ministre apte à exercer un service. |
| L’EELF parle d’ordination uniquement pour les ministères de pasteur et de diacre et utilise le terme d’installation pour les autres ministères. Les luthériens tiennent ainsi à distinguer parmi les ministères ceux, ordonnés, qui touchent à la vie même de l’Eglise, à son fondement, à sa mission et ceux, installés, dont les tâches ne sont pas constitutives de l’Eglise ; il n’y a pas de hiérarchie ni de supériorité entre eux, mais une question de finalité différente. | L’ERF utilise le même terme de reconnaissance pour des ministères très divers (ministères de l’Union, ministères collégiaux, ministères locaux). Les réformés cherchent ainsi à souligner la grande diversité des ministères qui constitue la richesse de l’Eglise en matière d’édification et de témoignage; pour autant, seuls les ministres de l’Union doivent adhérer à la Déclaration de foi et sont dits témoins de l’universalité de l’Eglise. |
| Pour les luthériens, l’ordination est unique et marque le ministre à vie ; pour autant, un pasteur peut être rayé du Rôle. | Pour les réformés, la reconnaissance liturgique peut se répéter et cesse son « empreinte » lorsque le ministre quitte le ministère. Un pasteur à la retraite reste habituellement inscrit au Rôle. Lors d’un changement de ministère, on parle de moins en moins de reconnaissance de ministère mais plutôt d’accueil dans un nouveau ministère. |
Au-delà de l’aspect fonctionnel du ministère, nous reconnaissons qu’une dimension symbolique est attachée au ministre reconnu ou ordonné.
2. Les liturgies
Les similitudes dans la compréhension de la « reconnaissance-ordination » apparaissent très nettement dans les liturgies qui contiennent toutes deux les notions suivantes :
- Dieu appelle et donne des ministres à l’Eglise pour son édification et sa mission.
- L’Eglise reçoit ces ministres et reconnaît leur vocation.
- Le ministre s’engage conformément à la vie de l’Eglise et à la fonction ministérielle qu’il va remplir (prédication de la Parole, administration des sacrements, ministère d’unité).
- L’Eglise s’engage envers le ministre.
- L’imposition des mains et l’invocation à l’Esprit Saint ont lieu pour que le Christ Seigneur de l’Eglise le soutienne dans son ministère.
Les accentuations différentes apparaissent, entre autres, dans le contenu du déroulement liturgique.
| Pour les luthériens, seul l’inspecteur ecclésiastique impose les mains. D’autres ministres ordonnés entourent le nouveau ministre, en tant que témoins. | Pour les réformés, lors de l’imposition des mains, présidée toujours par un représentant de l’autorité synodale, il est important de mettre en évidence la diversité des ministères reconnus. Des ministres de l’Union mais aussi des conseillers presbytéraux, des personnes ayant des ministères locaux (prédicateur, catéchète), des membres de l’Eglise locale imposent les mains. |
| Le culte d’ordination dans l’EELF a lieu lors d’un culte de l’Inspection régionale, en présence du Conseil synodal, de la section régionale de la CDM, des pasteurs et des membres des différentes paroisses de l’Inspection. | Le culte de reconnaissance du ministère dans l’ERF, présidé par un représentant de l’autorité synodale (membre du Conseil régional) a lieu dans l’Eglise locale desservie par le ministre reconnu. La présence d’un membre de la CDM n’est pas nécessaire. Un accueil de tous les nouveaux ministres se fait ensuite lors du Synode national. |
| Dans l’EELF, l’épiscopè est fortement souligné par le rôle prépondérant de l’inspecteur ecclésiastique. La dimension personnelle du ministère est nettement mise en avant, même si la dimension de l’Eglise universelle, vécue au niveau régional, est rappelée. | Dans l’ERF, la dimension collégiale des ministères, ainsi que l’aspect local de l’Eglise, sont davantage soulignés même si la réalité synodale est rappelée par l’utilisation d’une liturgie commune et par la présidence de la cérémonie. |
F – LA COMMISSION DES MINISTERES
L’EELF comme l’ERF ont chacune une Commission des Ministères. Leur mission est globalement la même, mais les modalités sont différentes, en termes de composition, de délégation d’autorité (la CDM ERF prononce l’admission, la CDM EELF transmet un avis au Conseil exécutif qui décide de l’ordination), d’accompagnement des ministres (des sections régionales existent dans l’EELF mais pas dans l’ERF)…
| La CDM EELF est placée sous l’autorité du Synode Général. Elle est chargée d’accompagner les ministres de l’Eglise et de contribuer à la réflexion sur la doctrine et la pratique des ministères. | La CDM ERF est une Commission synodale élue par le Synode national pour 3 ans. Elle a pour objectif principal de prononcer l’admission d’hommes et de femmes en qualité de ministres de l’ERF. La Commission est invitée aussi à participer à une réflexion plus générale sur les ministères, aujourd’hui, dans l’Eglise. |
| La CDM EELF émet un avis pour les pasteurs proposants et les futurs ordonnés qu’elle transmet au Conseil exécutif qui est seul à décider de l’ordination. | La CDM ERF a la charge de décider de l’admission ou de la non admission au ministère. |
| Elle est composée par deux sections régionales, Montbéliard et Paris. Dans chaque section, 3 laïcs et 3 pasteurs élus pour trois ans par le synode régional. Membre de droit : l’inspecteur ecclésiastique qui la préside et le président du Conseil synodal. Cette section accompagne les étudiants de la région dès la première année des études et les pasteurs de la région. Elle suit les proposants, transmet le dossier avec son avis à la CDM nationale en vue de leur ordination. Elle organise les évaluations périodiques des différents ministères. Elle a pour responsabilité de discerner les prédicateurs laïcs et les autres ministères utiles à l’Eglise. |
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| Les deux sections se réunissent au moins trois fois par an en CDM nationale. Se joint aux membres un professeur de théologie élu pour trois ans par le Synode général. | La CDM ERF est composée de 5 ministres et de 5 laïcs. Son président, ministre, est élu par la Commission elle-même et assure une fonction de permanent. Participent aux séances, sans droit de vote, un professeur de l’IPT et un professeur de la Faculté de théologie de Strasbourg.
La CDM ERF rencontre les étudiants en théologie désireux d’exercer le ministère, à différents moments de leur parcours universitaire. Elle a la responsabilité d’accorder l’autorisation d’effectuer le Master Pro, puis le proposanat d’une durée de 2 ans. Après l’évaluation finale de cette période probatoire, elle prononce l’admission ou non au ministère. Elle rencontre aussi les ministres venant d’une autre Eglise de la Réforme et a la responsabilité de prononcer l’autorisation d’exercer le ministère dans l’ERF avec une période d’adaptation avant qu’il y ait admission et inscription au Rôle. Elle est en contact avec des ministres déjà inscrits au Rôle qui changent de type de ministère. Elle a dans de telles situations la charge de leur accorder une autorisation de changement de fonction. En dehors de ces situations particulières, elle n’a pas de décision à prendre, ni d’accompagnement à assurer auprès des ministres durant leur parcours ministériel. L’admission entraîne la reconnaissance liturgique et l’inscription au Rôle des ministres de l’Eglise réformée de France. |
Pour une présentation plus détaillée des CDM, voir l’annexe 2.
II – Propositions
La pratique de nos CDM et les réflexions de notre groupe de travail nous conduisent à esquisser quelques grandes lignes de ce que pourrait être la CDM de l’Eglise Unie. Nos propositions s’inscrivent dans le cadre de la décision des Synodes de Sochaux 2007 : une Commission nationale des Ministères unique, et des régions confessionnelles.
Il s’agit de pistes de réflexion destinées à être débattues quand le moment sera venu. Elles permettent pour l’instant de repérer des questions sur lesquelles nous serons ensemble invités à bouger les uns vers les autres, les uns avec les autres. Elles permettent également de vérifier la faisabilité d’une telle démarche, ce qui est source de confiance !
Le mot « Union » utilisé dans notre document dit le niveau national de l’Eglise unie.
Nos propositions portent particulièrement sur les points suivants :
- A4 : la CDM prononcerait l’admission. C’est la pratique actuelle de l’ERF, cela changerait celle de l’EELF. Idem pour A1 : incompatibilité entre le fait d’être membre de la CDM et membre du Conseil national/exécutif.
- B : les Commissions régionales d’accompagnement des ministres. Ce serait une nouveauté dans l’ERF (articulation avec le conseil régional) comme dans l’EELF (elles remplaceraient les sections régionales de la CDM).
- C1 et C2 : deux sections dans le Rôle, celle des pasteurs et celle des autres ministres ; cela modifierait la pratique de l’EELF (un Rôle des pasteurs et une liste des autres ministres) et celle de l’ERF (un seul Rôle pour les ministres de l’Union, sans sections distinctes).
- C1 et D : « reconnaissance de ministère-ordination », modification de la terminologie.
- C4 : une nouveauté quant aux pratiques actuelles.
- D1 : invitation à la rédaction d’une nouvelle liturgie.
A – UNE COMMISSION DES MINISTERES UNIQUE
Elue directement par le Synode, la Commission des Ministères tiendrait directement de lui son autorité et rendrait compte devant lui. 10 membres paraît un nombre équilibré. La représentation à parité laïcs/ministres est conforme à nos pratiques. Plutôt que de déterminer une composition qui dirait à l’avance combien de réformés et de luthériens la composeraient, nous préférons laisser à la commission des nominations la sagesse de constituer une commission où les sensibilités seraient représentées, sachant que d’autres critères sont essentiels : qualité de discernement, sens de la collégialité…
Les membres de la CDM ne pourraient pas être membres du Conseil national/exécutif, pour qu’il n’y ait pas collusion d’intérêts ou confusion d’autorité.
C’est ce que font déjà les CDM actuelles.
Actuellement chaque CDM demande cela aux candidats, l’ERF faisant commenter sa Déclaration de foi et l’EELF faisant commenter un livre symbolique luthérien. Le corpus serait simplement élargi aux textes de référence de l’Eglise unie.
Que la CDM prononce l’admission est une manière de distinguer le discernement quant aux capacités à être ministre, du souci de pourvoi des postes, pour éviter là aussi collusion d’intérêts ou confusion d’autorité.
Cette décision interviendrait pour le passage d’un ministère en paroisse à un ministère spécialisé, d’un ministère spécialisé à un ministère en paroisse, ou d’un type de ministère spécialisé à un autre type de ministère spécialisé. Cela permettrait d’effectuer le discernement sur le changement de type de ministère, de veiller à la formation nécessaire, d’évaluer la période d’adaptation. Les Commissions régionales d’accompagnement des ministres (voir ci-dessous partie B5) auraient un rôle d’accompagnement personnel des pasteurs changeant de type de ministère.
La CDM aurait autorité pour prononcer l’admission à d’autres ministères de l’Union nationale, de ministres qui ne sont pas pasteurs, par choix personnel ou suite au discernement de la CDM. Elle déciderait du changement de type de ministère.
Ne dépendraient pas de la CDM les ministères locaux, les ministères collégiaux, les chargés de mission, etc…
C’est ce que font les CDM actuelles.
Cela permet de penser ensemble le contenu du Master Pro et le discernement quant aux lieux de stage proposés aux candidats. Les CDM actuelles sont en relation avec les facultés. Actuellement, le président de la CDM ERF est membre de la Commission Master Pro de l’IPT, ainsi qu’un membre de l’EELF nommé par le Conseil exécutif ; pour garder l’équilibre actuel entre la représentativité académique et la représentativité ecclésiale au sein de cette commission, un 2ème membre de la CDM pourrait faire également partie de la Commission Master Pro.
B - DES COMMISSIONS REGIONALES D’ACCOMPAGNEMENT DES MINISTRES
Côté ERF, ces commissions répondraient à la demande récurrente dans les synodes régionaux d’un accompagnement des pasteurs. Côté EELF, elles remplaceraient les sections régionales de la CDM. Les appeler « CRAM » ne serait pas très heureux... On pourrait les nommer « CRAC » (Commissions Régionales d’ACcompagnement) ou « CORAM » (COmmissions Régionales d’Accompagnement des Ministres) !
Un petit nombre de membres et la parité laïcs/pasteurs nous semblent favorables à la rencontre humaine qui permet un véritable accompagnement.
La coutume dans l’EELF veut que l’inspecteur ecclésiastique préside et établisse l’ordre du jour des rencontres des sections régionales de la commission des ministères ; pour éviter la collusion entre la fonction pastorale de l’inspecteur et la présidence de cette commission nous proposons donc qu’il n’en soit plus ainsi. De même, pour que cet accompagnement des pasteurs ne soit pas lié au rôle d’autorité du président du Conseil régional ou de l’Inspecteur ecclésiastique, il serait important que le président/inspecteur ne préside pas cette commission.
C’est ce qui se fait actuellement.
Elles aideraient en particulier à l’intégration du ministre dans la culture ecclésiale de la région qui l’accueille.
C’est la CDM qui autoriserait le changement (voir A5), mais celui-ci serait préparé et accompagné par la Commission régionale d’accompagnement.
Elles auraient un rôle de conseil, détaché de toute décision quant à l’évolution du ministre.
Par exemple les chargés de mission, les prédicateurs...
C - LE « ROLE » DE L’EGLISE UNIE
Pour faire droit à la fois au souci de l’EELF (spécificité du ministère pastoral) et à celui de l’ERF (le ministère de la Parole et des sacrements étant premier, mais non supérieur, tous les ministères de l’Union sont reconnus de la même manière comme des dons de Dieu, attestant la relation de l’Eglise à son Seigneur 4), il y aurait deux sections dans le Rôle, celle des pasteurs et celle des autres ministres de l’Union.
4 Synode National ERF 1984, décision VI, 4.
Qui dit Eglise unie dit corps pastoral uni, donc un Rôle des pasteurs sans sections confessionnelles pour bien signifier qu’il s’agit de la même Eglise. On pourrait ainsi passer d’une région à une autre sans avoir à changer de section dans le Rôle, donc sans repasser devant la CDM.
La proposition d’accoler les deux termes « reconnaissance de ministère-ordination » met en évidence le sens commun de cette cérémonie (voir partie D).
Il s’agit ici de faire droit à la tradition réformée quant à la diversité des ministères, et à la possibilité d’une plus grande diversité des ministères souhaitée par l’EELF depuis longtemps (cf. débat sur les diacres…). Dans le Rôle existerait donc une section pour les ministres qui, sans être pasteurs, ont été reconnus à un ministère s’exerçant comme ministère de l’Union (voir II, A6).
Les ministères de type local (paroisse, région) ou collégial ne seraient pas inscrits au Rôle.
L’harmonisation est simple à faire. Il faudrait préciser pour chaque ministre :
- le type de ministère ; par exemple : pasteur, pasteur et animateur biblique, animateur biblique… Dans le Rôle actuel de l’ERF, il est fait mention des fonctions suivantes : enseignant, animateur jeunesse, informateur régional, aumônier aux armées, animateur biblique et théologique, aumônier des hôpitaux, aumônier de prison, animateur de centre, formateur en catéchèse.
- la situation en cours : en activité, envoyé, en congé, retraité, mis à disposition, chargé d’aumônerie, hors-cadre…
En cohérence avec le fait que la CDM prononcerait l’admission des ministres de l’Union, elle se prononcerait aussi sur la sortie du Rôle, sur demandes motivées de l’Union et selon des procédures d’instruction et d’appels à préciser selon le type de sortie (démission, fin d’une période de maintien, radiation…). Il va de soi que pour la radiation, le synode national/général serait souverain.
D - RECONNAISSANCE DE MINISTERE-ORDINATION
Elle manifeste l’entrée dans le ministère.
Accoler les deux termes « reconnaissance de ministère-ordination » met en évidence le sens commun de cette cérémonie 5.
5 Cependant, vu la sensibilité forte sur le vocabulaire, on pourrait envisager, au moins dans un premier temps, de remplacer le « - » par un « ou » et d’inscrire « ordination » ou « reconnaissance de ministère » selon la sensibilité spirituelle du pasteur.
La similitude des liturgies ayant été notée, il serait souhaitable d’élaborer une liturgie commune pour exprimer l’unité de l’Eglise. La liturgie commune célébrée par l’UEPAL le 16 septembre 2007 à Plobsheim montre que les différences par rapport à la présidence et à l’imposition des mains (et aux conceptions qu’elles expriment : diversité et collégialité pour l’ERF, spécificité et importance de l’épiscopè pour l’EELF) peuvent être prises en compte. Les engagements des liturgies actuelles sont très proches (voir annexe 1).
Les différences quant au lieu de célébration (Eglise locale ou culte régional) méritent d’être évaluées. Un acte régional marque l’unité de l’Eglise unie et exprime la dimension de l’Eglise universelle à laquelle le pasteur est rattaché par son ministère. Un acte célébré dans l’Eglise locale marque le lien entre le pasteur et la communauté humaine dans laquelle son ministère se déroule. Les distances géographiques jouent ici un rôle important quant aux facilités de rassemblement.
Il s’agirait ainsi de manifester la commune appartenance des ministres à l’Eglise unie.
Une liturgie de reconnaissance au sens d’accueil, d’installation ou d’envoi serait célébrée dans le lieu qui accueille le ministre. C’est ce qui se fait actuellement.
5. Une reconnaissance de ministère aurait lieu pour les ministères collégiaux et les ministères locaux.
Une reconnaissance liturgique a déjà lieu dans l’ERF, appelée « reconnaissance de ministère », et dans l’EELF, appelée « installation ». Cela ne changerait donc pas.
Annexe 1
Les engagements du pasteur lors de la reconnaissance de ministère ou de l’ordination
dans les liturgies actuelles de l’ERF et de l’EELF
EELF (ANELF) Dieu vous a appelé(e)s à le servir comme pasteur. En réponse à l'appel de notre Seigneur Jésus Christ, dans la communion de l'Église universelle, êtes-vous prêt(e)s à accomplir fidèlement le ministère qui vous est confié en annonçant la Bonne Nouvelle de Jésus Christ contenue dans l'Écriture sainte, et en célébrant les sacrements institués par notre Seigneur, en conformité avec les confessions de foi reconnues par notre Église, en particulier la Confession d’Augsbourg ? |
ERF(*) a. engagements communs à tous les ministres : b. engagements spécifiques au pasteur : (autres engagements particuliers : animateur de centre, animateur de jeunesse, animateur en milieu universitaire, bibliste, catéchète, diacre, enseignant en théologie, évangéliste, informateur régional, itinérant et chargé de mission) |
(*) Les pasteurs de l’ERF peuvent également prendre les engagements suivants, repris des “Liturgies d’accueil” de 1975. Ils remplacent à la fois les engagements communs à tous les ministres et les engagements particuliers à un pasteur ci-dessus.
NN... le Seigneur vous appelle à demeurer vigilant dans la prière, à travailler au rassemblement de la communauté chrétienne dans l’écoute de la Parole, la célébration du baptême et de la cène. Le Seigneur vous appelle à transmettre l’Evangile conformément à l’Ecriture Sainte, en communion de foi avec notre Eglise ; à être attentif (ve) pour écouter et comprendre tout homme, votre frère ; à garder secrètes les confessions que vous recevrez. Le Seigneur vous appelle à rechercher l’unité des chrétiens là où vous vivrez et dans l’Eglise universelle ; à discerner et encourager toutes les formes de service nécessaires au peuple de Dieu pour sa mission dans le monde.
Annexe 2
Présentation des CDM EELF et ERF
La CDM de l’EELF est sous l’autorité du Synode Général. Elle est chargée d’accompagner les ministres de l’Eglise et de contribuer à la réflexion sur la doctrine et la pratique des ministères. Les sections régionalesElle est composée par deux sections régionales, Montbéliard et Paris. * Cette section accompagne les étudiants de la région dès la première année des études et les pasteurs de la région. * Elle suit les proposants, transmet le dossier avec son avis à la CDM nationale en vue de leur ordination. * Elle organise les évaluations périodiques des différents ministères. * Elle a pour responsabilité de discerner les prédicateurs laïcs et les autres ministères utiles à l’Eglise. La CDM nationaleLes deux sections se réunissent au moins trois fois par an en CDM nationale. Se joint aux membres un professeur de théologie élu pour trois ans par le Synode général. * Elle tient à jour sous l’autorité du Conseil exécutif le Rôle des pasteurs ordonnés ou agrégés par l’EELF. * Elle émet un avis pour les pasteurs proposants et les futurs ordonnés qu’elle transmet au Conseil exécutif qui est seul à décider de l’ordination. * Elle veille à la formation des étudiants en théologie de l’EELF. En accord avec les facultés dont ils dépendent à l’organisation des stages en cours d’études. * Elle donne un avis au Conseil exécutif sur les demandes de bourses présentées par les étudiants en théologie. |
La CDM de l’ERF est une Commission synodale élue par le Synode national pour 3 ans, comprenant 10 membres. Missions spécifiques Elle rencontre aussi les candidats venant d’une autre Eglise de la Réforme et a la responsabilité de prononcer l’autorisation d’exercer le ministère pastoral dans l’ERF avec une période d’adaptation avant qu’il y ait admission et inscription au Rôle. Elle est en contact avec des ministres déjà inscrits au Rôle qui changent de ministère. Elle a dans de telles situations la charge de leur accorder une autorisation de changement de fonction. Relations avec les autres instances Elle travaille en relation étroite avec les instances de l’Eglise, tant à l’échelon régional que national et avec l’Institut protestant de théologie. Le président de la Commission est membre de la Commission Master Pro de l’IPT. A chaque Synode national, elle rend compte de son travail au travers d’un rapport annuel. |