| Fils de pasteur, mari de pasteur
Assistant social, Michaël Berly est le mari d’Ingrid, proposante dans la Vallée du Lot.
Ensemble :Êtes vous vous-même engagé dans l'Église où exerce votre épouse ?
Michaël Berly : Tout d’abord il me faut préciser que le regard que je porte sur le métier de mon épouse n’est pas neuf, car, avant d’être mari de pasteur, j’ai été fils de pasteur. C’est en tant que croyant que je suis engagé dans l'Église et non pas en tant que mari de pasteur. Je participe de façon régulière aux cultes, surtout quand c’est mon épouse qui prêche (je lui fais après-coup mes petits commentaires). J’ai également choisi de m’engager dans les activités du groupe scout local ainsi que dans le groupe de jeunes.
Cet engagement est limité par le fait que j’exerce une activité professionnelle à plein temps, mais aussi parce qu’en tant que conjoint de pasteur, je veille à l'équilibre de notre cellule familiale. Après tout, mon prochain, c’est d’abord ma femme et mon fils. J’ai donc le souci de soigner les moments qu’il me reste avec eux.
Ens. : Les contraintes du ministère de votre épouse sont-elles une gêne pour votre vie de couple, votre vie familiale ?
M. B. : Oh que oui ! Il est d'autant plus difficile de ménager du temps avec mon épouse que le métier de pasteur impose des activités en soirées et en week-end, alors que ce sont les moments où je suis disponible. Cependant, c’est un métier flexible et le temps investi en soirée au profit de la paroisse peut quelquefois être “rattrapé” pour la famille a un autre moment.
Ens. : Pensez-vous que ce soit plus facile/plus difficile pour une femme d'exercer ce ministère ?
M. B. : Je trouve les femmes en général plus douées pour les relations humaines… Pour cette raison, peut-être est-ce plus facile pour elles d’exercer le métier de pasteur ? Cependant, l’Église a toujours été menée par des hommes. L’homme est traditionnellement le symbole de l’autorité dans l’Église. Cela demande peut-être pour ces derniers d’accepter de faire confiance et de donner à la femme pasteur la place qui lui revient. Peut-être est-ce une difficulté supplémentaire pour les femmes pasteurs de trouver une légitimité ?
Ens. : L'Église dont votre femme est le pasteur attend-elle quelque chose de vous en tant que mari du pasteur ?
M. B. :J’ai été accueilli dans la paroisse au même titre que mon épouse. J’occupe le presbytère avec mon épouse aussi je pense que l’Église a des attentes à mon égard.
Il semble que l’on m’ait attendu dans certaines pastorales où traditionnellement les femmes des pasteurs étaient présentes. J’ai également souvent été sollicité pour m’impliquer dans tel ou tel œuvre protestante à caractère social du fait de ma profession. Les activités sont multiples et je suis souvent amené à expliquer les raisons pour lesquelles je ne peux participer à chacune d’entre elles.
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