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  Votre pasteur sera-t-il une femme ?

Par Olivier Brès *.
Pour le Journal Ensemble de l’Eglise réformée de France –région Sud-Ouest – Novembre 2002

Ces deux dernières années la région Sud-Ouest a accueilli cinq pasteurs débutants (proposants), dont trois femmes. Et sur ses 46 pasteurs, 10 sont des femmes. Si cette proportion reflète à peu près la réalité nationale actuelle, la moitié des pasteurs qui débutent aujourd'hui sont des femmes.

Ensemble : Olivier Brès, vous êtes président du Conseil régional de notre région. Vous accompagnez souvent les processus de nomination des ministres. L’accueil de femmes comme ministres pose-t-il des problèmes particuliers ?
Olivier Brès : Il ne me semble pas. Bien des Églises du Sud-Ouest ont déjà accueilli une femme comme ministre. Et je n’ai entendu aucune Église dont le poste est vacant demander spécialement un homme comme futur ministre. Une Église m’a demandé que son futur pasteur manifeste beaucoup d’autorité (c’était même formulé plus trivialement), mais nous avons convenu que cela pouvait aussi bien se réaliser avec une femme qu’avec un homme. Il n’y a pas aujourd’hui de réticence des Conseils presbytéraux.
Ensemble : Est-ce que la “gestion des carrières” des ministres change avec le nombre de femmes ministres ?
Olivier Brès : Il y a certainement un phénomène qui se révèle encore plus fortement avec le ministère pastoral féminin, c’est la place du conjoint. Déjà, pour la nomination ou le changement de poste d’un ministre homme, le travail de l’épouse et ses contraintes entraînent de plus en plus de difficultés. Or pour un ministre femme, il arrive parfois qu’elle choisisse de suivre les priorités professionnelles de son mari. Et il n’y a pas toujours un poste pastoral là où il doit aller, ou là où il a décidé de faire toute sa carrière.
Il y a donc aujourd’hui des négociations nécessaires dans les couples, car l’Église ne peut pas à tout coup trouver une solution qui convienne absolument au conjoint du ministre, homme ou femme. Mais il me semble que c’est une situation que doivent connaître d’autres couples.
Ensemble : Alors, vraiment, rien de particulier ?
Olivier Brès : Peut-être faut-il mentionner les questions qui se posent vis-à-vis des couples de ministres, quand la femme et le mari souhaitent tous les deux exercer un ministère pastoral : il y a d’abord les difficultés concrètes d’emploi du temps et de disponibilité pour les enfants quand les deux membres du couple ont les mêmes horaires. Et puis s’ils sont au service de la même Église, cela veut dire que tout est en commun, vie professionnelle et vie familiale. Et les couples où les conjoints travaillent ensemble savent que cela peut être périlleux… ou merveilleux. Il faut dire que souvent l’Église et les couples eux-mêmes cherchent des solutions qui permettent à l’un(e) d’exercer un ministère paroissial et à l’autre un ministère plus spécialisé. Mais ce n’est pas toujours possible. Et il arrive que l’un(e) ou l’autre cherche à exercer un autre métier.
Ensemble : Et les congés maternité !?
Olivier Brès : Rien à en dire. Ou plutôt d’abord s’en réjouir. Quand je dirigeais des travailleurs sociaux au Diaconat de Bordeaux, des assistantes sociales et des éducatrices m’annonçaient régulièrement une future maternité. C’est vrai que c’était un souci d’organisation. Mais j’avais appris à d’abord les féliciter, me réjouir avec elles, et ensuite à chercher des solutions. Et des solutions on en trouve toujours. Dans l’Église aussi.
Ensemble : Alors, vivent les femmes ministres !?
Olivier Brès : Oui. Et je voudrais noter une dernière chose : je constate souvent que nos assemblées du dimanche sont vraiment mixtes. Il y a une bonne moitié d’hommes dans la plupart de nos cultes. C’est une autre manière d’affirmer que notre foi réformée n’est pas réservée à des femmes que des ministres hommes dirigeraient, mais qu’elle fait place à chacun, quel que soit son sexe, quelle que soit sa vocation.

*Président du Conseil Régional de l'Église Réformée en Sud-Ouest.