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Depuis
plusieurs années nous sommes interrogés au sujet de la place
et du rôle des personnes homosexuelles au sein de nos Eglises. Trois
questions précises émergent à propos de l'accueil
dans l'Église des personnes homosexuelles, de la présence
de ministres homosexuels et de la célébration d'un culte
de bénédiction d'un couple homosexuel.
Le CPLR
(Conseil Permanent Luthéro-Réformé) a proposé,
pour entrer dans ce débat, un document de base à l'intention
des Eglises locales en octobre 2002. Ce document a été largement
diffusé -il était aussi consultable sur Internet- et travaillé
par différents groupes : conseils presbytéraux, groupes
bibliques, assemblées de consistoire et d 'inspection
Les réponses révèlent qu'un large débat a
eu lieu et qu'il a permis à des positions très différentes
de s'exprimer dans une écoute réciproque et respectueuse.
Certains rapports ont indiqué qu'au cours de la réflexion,
plusieurs personnes avaient évolué dans leurs convictions.
Le débat a souvent montré qu'il était réducteur
de parler d'homosexualité en général : avant d'être
un homosexuel, toute personne est un homme ou une femme avec ses désirs
et ses fidélités, ses zones d'ombre et de lumière,
sa foi et ses combats.
A l'issue de cette consultation et à partir de ses options théologiques
fondamentales, le CPLR partage quelques convictions et questions
La référence aux Écritures
Face aux
textes bibliques qui parlent de l'homosexualité, nous sommes ramenés
à notre interprétation de l'Écriture. Notre fondement
commun est cette conviction, qui se situe au centre de la révélation
biblique, qu'en Christ tout être humain est inconditionnellement
aimé de Dieu. Toute lecture de la Bible se trouve soumise à
cette condition première.[1]
La Bible nous interroge aussi sur notre relation au prochain et c'est
dans ce cadre -second par rapport à l'annonce première de
la justification par la foi- que se situe notre réflexion.
A partir des Écritures, les réformateurs ont souligné
que l'être humain est fondamentalement un être en relation
: avec Dieu et avec son prochain. Il n'est jamais humain tout seul.
Cette approche nous conduit à interroger l'homosexualité
sur son rapport à l'altérité. Pour les uns, l'homosexualité,
en restant dans le registre du " même ", présente
une carence d'altérité. Pour les autres, l'altérité
est au cur de toute rencontre quelle qu'elle soit, la différenciation
sexuelle apparaissant alors comme une altérité seconde
par rapport à l'irréductibilité de l'autre en tant
que personne.
Les questions posées à nos Églises
L'accueil
de personnes homosexuelles
Dans la compréhension luthéro-réformée, I'Église
ne se définit pas par la qualité de ses membres mais par
l'annonce de l'Évangile et l'administration des sacrements. De
ce fait l'accueil est inconditionnel et il ne nous appartient pas de juger
qui fait partie du peuple de Dieu.
Dans l'Église,
communauté de pécheurs-pardonnés, chacun est invité
à occuper sa place et à participer à la vie sacramentelle,
quelle que soit son origine, son sexe, son milieu ou son orientation sexuelle.
Théologiquement le statut d'enfant de Dieu est premier par rapport
à toute autre détermination [2].
La présence
de ministres homosexuels
Comme tout membre de l'Eglise, la personne homosexuelle est appelée
à participer pleinement au sacerdoce universel en tant que témoin
de l'Évangile.
Cependant, certains des membres de l'Église sont appelés
à exercer des ministères particuliers. L'Eglise discerne
et reconnaît leur vocation, porte une attention à leurs aptitudes
à annoncer l'Évangile, à administrer les sacrements
et à assurer un ministère d'unité à travers
leurs compétences et leur personne L'orientation sexuelle n'est
pas un critère de discernement en tant que tel. Les communautés
locales participent à ce discernement. Actuellement, il apparaît
que l'homosexualité d'un ministre est un obstacle à son
appel par une église locale. S'agissant d'autres types de ministères,
la question se pose différemment.
La bénédiction
d'un couple homosexuel
Il n'est pas opportun d'envisager un culte de bénédiction
qui entretiendrait la confusion entre couple homosexuel et hétérosexuel.
Comme chacun
de nous, les homosexuels et homosexuelles en couple reçoivent dans
la vie de la communauté et l'accompagnement pastoral, la parole
de grâce, de pardon et de nouveauté de vie qui est celle
du Seigneur.
Le Conseil
propose cet avis comme une parole honnête et humble qui tente de
faire le point sur une question difficile en tension entre le souci d'accueillir
pleinement des frères et des surs qui confessent Jésus-Christ
comme leur Seigneur et la responsabilité de veiller à l'unité
de l'Église.
Liebfrauenberg
1er février 2004
[1] Jean
3.16. Ephésiens 2.
[2] 2 Galates 3.27-28
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