La crise autour de l'Irak ne peut pas être considéré comme un conflit de civilisation

Toutes les réactions du COE

En visite au Pakistan, le pasteur Konnrad Raiser, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises , a rencontré le gouvernement. Le ministre des Affaires étrangères, M. Mehmood Kasuri, a déclaré que les leaders musulmans devraient remercier les Eglises chrétiennes européennes et américaines pour leur refus d'une intervention militaire contre un pays musulman. K.Raiser et M. Kasuri ont, tous deux, déclaré qu'en dépit des propos de certains médias, la crise autour de l'Irak ne peut pas être considéré comme un conflit de civilisation.

Source(s) : FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE

   
  Déclaration de l'Alliance réformée mondiale sur l'éventualité d'une guerre contre l'Irak

Une guerre contre l'Irak est injustifiable.

L'Alliance réformée mondiale reçoit chaque jour, venant de tous les coins du monde, des déclarations par lesquelles ses Églises membres expriment leur opposition à l'éventualité d'une guerre contre l'Irak. Les Églises réformées y sont hostiles, y compris celles des États-Unis et du Royaume-Uni. Et nous ne sommes pas les seuls. Églises et chrétiens de toutes traditions se retrouvent côte à côte dans l'opposition à ce conflit.

L'Alliance réformée mondiale exprime son soutien à cette opinion chrétienne qui s'exprime d'une même voix, à l'échelle internationale, et dont elle se sent proche.

Une guerre contre l'Irak constituerait une violation de la Charte des Nations Unies et du droit international. Aucune nation n'a le droit d'en attaquer une autre. Le gouvernement des États-Unis et celui du Royaume-Uni évoquent le concept d'autodéfense préventive, que rien ne vient légitimer dans le droit international, surtout lorsqu'il n'existe guère de preuves d'une intention agressive de la part du pays visé. La Charte des Nations Unies étant orientée sans ambiguïté vers la recherche de solutions pacifiques, on imagine mal qu'une résolution de l'ONU puisse en toute légalité autoriser un pays et ses alliés à attaquer l'Irak.

Une guerre contre l'Irak est injustifiable. La foi et la tradition chrétiennes ont amené l'Alliance réformée à cette conclusion.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a décidé que l'Irak devrait se débarrasser de toutes les armes de destruction massive en sa possession. Les inspecteurs envoyés dans ce but en Irak doivent pouvoir mener leur tâche à son terme. Lorsque des mécanismes ont été mis en place pour vérifier, dans un pays, l'existence d'armes de destruction massive et pour les détruire, il est moralement injustifiable que d'autres armes de ce type, venant d'ailleurs, soient lancées sur ce pays.

L'Alliance réformée mondiale ne prend en aucune façon la défense de Saddam Hussein. Elle a une longue tradition de défense des droits de la personne remontant à l'époque du génocide des Amérindiens au 19ème siècle. Saddam Hussein est un tyran. La façon dont il traite son propre peuple constitue une violation caractérisée des droits de la personne, tout comme sa guerre d'agression contre le Koweït.

Mais la guerre préconisée par MM. Bush et Blair va sans aucun doute accroître les souffrances du peuple irakien et la violence ailleurs, au lieu d'aboutir à une solution démocratique souhaitable pour ce peuple ou de renforcer la paix et la sécurité dans le monde. Toute guerre contre l'Irak aura de graves conséquences pour la vie des gens. Et elle augmentera la violence et l'insécurité au niveau mondial.

En Irak, les enfants, les jeunes, les femmes et les hommes ont assez souffert pour qu'on ne leur impose pas encore d'autres destructions.

Il est de la responsabilité de tous les croyants d'attirer l'attention des responsables politiques sur le caractère sacré de la vie, car ceux-ci semblent avoir oublié que la vie appartient à Dieu et qu'elle est sacrée. Dans la Bible, le projet auquel sont appelés les croyants pour s'opposer au mal par le bien comporte la recherche persévérante de la paix (1 Pierre 3,11). Il ne s'agit pas là d'une attitude passive, mais d'une action consistant à faire tout son possible en vue d'éviter la guerre et de rechercher la paix.

C'est cette vocation à la paix qui conduit l'Alliance réformée mondiale à lancer un appel aux dirigeants du monde entier pour qu'ils renoncent à s'engager sur le sentier de la guerre et qu'ils recherchent la paix avec persévérance. C'est cette même vocation qui a amené l'Alliance à envoyer une délégation en Irak pour exprimer notre solidarité à nos sœurs et à nos frères qui s'y trouvent. Nous avons le souci des enfants, des jeunes, des femmes et des hommes de ce pays - musulmans, chrétiens et autres croyants. Notre foi nous invite à aimer notre prochain comme nous-mêmes. La guerre qu'exigent MM. Bush et Blair n'est évidemment pas celle d'une religion contre une autre. En solidarité avec le peuple d'Irak, nous prions pour que soient évitées cette guerre et les souffrances qui en résulteraient.

L'appel que nous lançons
· Nous appelons nos Églises membres, ainsi que les chrétiens du monde entier, à prier et à protester sans cesse. A prier pour le peuple irakien et pour tous les dirigeants qui ont actuellement à prendre des décisions, afin qu'ils soient attentifs à l'appel que Dieu leur adresse, ainsi qu'aux cris des gens du peuple d'Irak, et qu'ils choisissent la vie plutôt que la mort.
· Nous appelons les Nations Unies - et notamment les quinze pays représentés au Conseil de sécurité de l'ONU - à placer les exigences du droit international, la volonté des Nations Unies de préférer, depuis toujours, les solutions pacifiques, et la valeur de la vie au dessus de leurs intérêts propres.
· Nous appelons les gouvernements des États-Unis et du Royaume-Uni à se détourner du chemin conduisant à la destruction et à la mort.

"Heureux ceux qui font œuvre de paix, ils seront appelés enfants de Dieu."

Source(s) : ALLIANCE REFORMEE MONDIALE

   
 

Actualité Irak
La Fédération protestante de France entendue par les Sénateurs américains

Des responsables religieux de pays européens membres du Conseil de sécurité seront à Washington, le 26 février, pour convaincre les Etats-Unis de ne pas déclencher la guerre en Irak. Parmi eux, le président de la Fédération protestante de France, le pasteur Jean-Arnold de Clermont

Communiqué de presse

Paris, le 25 février 2003

Des responsables religieux de pays européens membres du Conseil de sécurité seront à Washington, le 26 février, pour convaincre les Etats-Unis de ne pas déclencher la guerre en Irak. Parmi eux, le président de la Fédération protestante de France, le pasteur Jean-Arnold de Clermont.

Des représentants d'Eglises américaines, opposées la guerre, ont rencontré Tony Blair, Gerhard Schroeder, le Quai d'Orsay et ont rendez-vous avec Vladimir Poutine (visite à Moscou du 3 et 5 mars) et le Pape Jean-Paul II (visite à Rome du 27 au 28 février). Pour le moment, malgré leurs efforts, leurs demandes de rendez-vous avec le Président Bush n'ont pas abouti.

Le 26 février au Capitol, des représentants d'Eglises protestantes du Royaume-Uni, de France, d'Allemagne et des Etats-Unis vont exprimer leurs positions contre la guerre en Irak. A leur sortie, ils adresseront un message public et une prière. Ils signeront une Lettre ouverte au gouvernement américain.

Le pasteur Jean-Arnold de Clermont, qui avait organisé la visite au Quai d'Orsay, pour la délégation d'Eglises américaines le 11 février, sera le représentant des Eglises françaises.

Programme :

12 : 00 PM
Prières pour la paix en l'Eglise méthodiste au 100 Maryland avenue N.E. Washington, DC

1 : 00 PM
" public briefing " Pièce 406, Dirksen Senate Office Building

2 : 00 PM
Prière devant le bâtiment de l'Eglise méthodiste, 100 Maryland Ave. N.E.

Le Capitol servira de toile de fond pour la prière et la signature de la Lettre ouverte

Interviendront :

- Pasteur Jean-Arnold de Clermont, pdt de la Fédération protestante de France
- Pasteur Manfred Koch, pdt de l'EKD (Conseil d'Eglises protestantes allemandes)
- Révérend Alan D. McDonald, de l'Eglise d'Ecosse
- Mme Salpy Eskidjan, du Conseil œcuménique des Eglises (Genève)
- Révérend Bob Edgar, Secrétaire général du Conseil national des Eglises américaines, qui a rencontré Gerhard Schroeder
- Jim Wallis, qui a rencontré Tony Blair
- James E. Winkler, Secrétaire générale de l'Eglise méthodiste unie (Eglise de G. W. Bush)


Contacts avec les médias:

à Paris, Myriam DELARBRE : 01 44 53 47 13 ou 06 61 59 89 07
à Washington : Carol FOUKE : c.fouke@ncccusa.org 00 1 - 212 870 22 52 (parle français)

Source(s) : FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE

   
 

"Non à une opération militaire en Irak", a déclaré le Comité exécutif du Conseil oecuménique des Eglises dans un long plaidoyer pour la paix. Le COE propose, à ses 340 Eglises membres, que le Mercredi 5 mars, premier jour du Carême 2003, soit une Journée de prière pour la paix en Irak.
Déclaration : Non à une opération militaire en Iraq

Toutes les réactions du COE
Conseil œcuménique des Eglises
COMITE EXECUTIF
Bossey, Suisse
18-21 février 2003

Nous croyons que, comme toute la création, nous sommes créés par Dieu, qui veut que nous recherchions la paix et la justice. Nous croyons qu'avec la grâce de Dieu, aucun acte de foi, d'espérance et d'amour n'est trop difficile pour ceux qui mettent leur confiance en Lui. C'est pourquoi, nous qui sommes des fidèles de Jésus Christ, le prince de paix, guidés par son Esprit, nous lançons un appel aux responsables politiques et à tous les croyants.

METTEZ FIN aux menaces de guerre contre l'Iraq !

Le Comité exécutif du Conseil œcuménique des Eglises, réuni à Bossey (Suisse) du 18 au 21 février 2003, demeure gravement préoccupé par les appels réitérés à une opération militaire en Iraq, lancés par les Etats-Unis et d'autres gouvernements occidentaux, et déplore vivement que les pays les plus puissants de la planète en reviennent à considérer la guerre comme un instrument de politique étrangère acceptable.

En même temps, le Comité exécutif est tout autant préoccupé par les violations des droits fondamentaux de la personne commises par le gouvernement iraquien et invite celui-ci à se conformer aux normes et critères internationaux relatifs à ces droits ainsi qu'aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui ont force obligatoire.

Le Comité exécutif salue les messages sans ambiguïté de dignitaires de toutes les traditions chrétiennes du monde entier, unis dans leur condamnation de cette guerre. Le Comité est très heureux de voir que les Eglises ne se contentent pas de lutter en première ligne pour éviter cette guerre mais qu'elles tentent de se préparer à faire face à la catastrophe humanitaire qui risque de frapper la population iraquienne innocente.

Le Comité exécutif salue la prise de position courageuse de responsables d'Eglises en faveur de solutions pacifiques, notamment dans des pays comme les Etats-Unis et le Royaume-Uni, où ils se trouvent en opposition directe avec les desseins des responsables politiques.

Le Comité exécutif salue et apprécie les efforts de tous les responsables d'Eglises et organisations œcuméniques en vue de mobiliser l'opinion publique pour éviter une guerre contre l'Iraq et pour instaurer la paix. Il approuve entièrement la Déclaration adoptée par des responsables d'Eglises lors de la réunion mise sur pied le 5 février 2003 à Berlin (Allemagne) par le COE pour discuter de l'attitude à prendre face aux menaces d'opérations militaires en Iraq; il félicite l'Eglise évangélique d'Allemagne d'avoir accueilli cette rencontre et organisé une audience avec le chef du gouvernement allemand. Il salue également les récentes rencontres de responsables d'Eglises américaines avec des représentants haut placés des gouvernements du Royaume-Uni et de France.

Constatant que la Guerre du golfe de 1991 n'a pas apporté la paix à la population iraquienne mais lui a valu 12 années de souffrances dues aux sanctions économiques; préoccupé par le fait que la situation semble évoluer inexorablement vers une opération militaire en Iraq; prenant note du rapport présenté le 14 février au Conseil de sécurité des Nations Unies par les inspecteurs de l'ONU; constatant l'opposition croissante de l'opinion publique à une guerre en Iraq, dont témoignent les manifestations en faveur de la paix qui ont rassemblé des millions de personnes dans le monde entier;

conscient que dans leurs actions le COE et les Eglises doivent

a) être guidés par l'obligation morale de sauvegarder la dimension sacrée de la vie et par la conviction que la guerre ne constitue pas un moyen acceptable de résoudre les conflits;
b) s'efforcer d'encourager le soutien de l'opinion publique internationale aux Nations Unies, garantes de mesures légitimes concernant l'Iraq;
c) comprendre que les modalités soigneusement élaborées des inspections de l'ONU en font un instrument à long terme et que 20 années d'inspection sont plus efficaces, moins coûteuses et plus appropriées que 20 jours de guerre;
d) reconnaître qu'il est nécessaire non seulement de désarmer l'Iraq mais aussi d'éliminer de tout le Moyen-Orient les armes de destruction massive;
e) reconnaître les effets négatifs de la situation sur les relations entre chrétiens et musulmans, forçant de nombreux chrétiens à quitter la région qui a vu naître le christianisme;
f) insister sur la nécessité d'une solution durable et équitable des conflits entre Arabes et Israéliens et de la fin de l'occupation illégale de la Palestine;
g) promouvoir la démocratisation et le respect des normes et critères internationaux en matière de droits de la personne dans tous les pays arabes ainsi qu'en Israël;

rappelant la "Déclaration sur les menaces d'opérations militaires contre l'Iraq" adoptée par le Comité central du Conseil œcuménique des Eglises lors de sa réunion à Genève du 26 août au 3 septembre 2002;

réaffirmant qu'une guerre contre l'Iraq serait immorale, malavisée et contraire aux principes de la Charte des Nations Unies, le Comité exécutif

- affirme que la guerre en Iraq causera une crise humanitaire grave, entraînant de grandes souffrances, notamment pour les enfants, des pertes en vies humaines, des dommages matériels et écologiques et un gaspillage de précieuses ressources; qu'elle renforcera et accentuera les divisions et la haine entre les communautés, aggravant ainsi la déstabilisation de la région;
- invite instamment le Conseil de sécurité des Nations Unies à faire respecter les principes de la Charte des Nations Unies, qui limitent strictement l'usage légitime de la force armée et à éviter de créer un précédent et d'abaisser le seuil de tolérance de l'usage de la violence pour résoudre les conflits internationaux;
- invite en outre les responsables politiques des Etats-Unis et du Royaume-Uni à renoncer à toute opération militaire préventive contre l'Iraq;
- prie instamment les pays membres du Conseil de sécurité de donner les compétences et le temps nécessaires aux inspecteurs des Nations Unies pour qu'ils puissent accomplir leur mandat de désarmer l'Iraq et d'éliminer ses armes de destruction massive;
- invite instamment le gouvernement iraquien à coopérer sans réserve avec les inspecteurs de l'ONU pour éliminer toutes les armes de destruction massive et mettre fin à toutes les activités de recherche et de production dans ce domaine;
- condamne les violations des libertés et droits fondamentaux commises en Iraq et demande instamment aux responsables de ce pays de garantir à tous ses habitants le respect intégral de leurs droits civils, politiques, économiques, sociaux, culturels et humains, y compris leurs droits religieux;
- encourage les Eglises à continuer à mettre en question et à dénoncer toutes les politiques de sécurité nationales qui préconisent les frappes militaires préventives au titre de l'autodéfense légitime, sapant de ce fait les principes et l'esprit de la Charte des Nations Unies;
- invite toutes les Eglises à renforcer leur engagement et leurs efforts en faveur de la paix et leur recommande la Déclaration de Berlin du 5 février en les invitant à se joindre à cet acte de témoignage en faveur d'une solution pacifique du conflit;
- invite les fidèles du monde entier - hommes, femmes et enfants - à prier avec ferveur pour que les responsables des pays soient inspirés à rechercher une solution pacifique du conflit iraquien;
- propose que le premier jour du carême 2003 soit consacré à la réflexion et au retour sur soi et qu'il soit une journée de prière pour la paix en Iraq dans toutes les Eglises membres et dans celles du monde entier.

Source(s) : FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE

   
 


Une délégation de l'Alliance réformée mondiale (ARM) s'est rendue à Bagdad pour témoigner de sa solidarité avec les chrétiens irakiens et leurs voisins musulmans

Alors que l'Irak et le reste du monde retiennent leur souffle dans l'attente d'une guerre que certains estiment inévitable, des représentants de l'Alliance réformée mondiale (ARM) ont effectué une visite pastorale à Bagdad.

"Notre but était d'affirmer notre communion avec nos soeurs et nos frères irakiens - et leurs voisins musulmans", a déclaré le pasteur Setri Nyomi, secrétaire général de l'Alliance, au journaliste d'ENI, durant une interview téléphonique. "Pour la plupart des Irakiens, la menace d'une guerre a encore réduit la qualité de vie - déjà soumise à de graves restrictions, conséquences de 12 années de sanctions", a fait remarquer le pasteur Nyomi.

La délégation a rencontré des irakiens chrétiens et musulmans et des membres de cinq communautés presbytériennes en Irak.
"Notre groupe avait décidé à dessein de ne pas s'entretenir avec des leaders politiques, mais de prendre contact avec des citoyens ordinaires, qui seront les premiers à souffrir des conséquences d'une guerre inacceptable", a expliqué le secrétaire général de l'ARM. "Nous voulions transmettre au peuple irakien, aux chrétiens comme aux musulmans, que les chrétiens du monde entier sont en union avec eux."

Il y a environ 650 000 chrétiens en Irak, qui représentent moins de 3 % des 22,5 millions d'habitants. Environ 70 % des chrétiens sont membres de l'Eglise chaldéenne, qui est en union avec l'Eglise catholique romaine.
Selon les chrétiens, le fanatisme s'est développé parmi les musulmans dans les années qui ont suivi la guerre du Golfe en 1991, mais ceci n'a pas affecté de façon importante les communautés chrétiennes. Pourtant certains chrétiens craignent qu'un nouveau conflit ne mette fin à la coexistence pacifique entre les communautés religieuses, en particulier dans le sud du pays, peuplé en majorité de musulmans chiites - comme plus de 60 % de la population du pays.

Le pasteur Nyomi était accompagné de prof. Margaretha Hendriks, de l'Eglise protestante des Moluques, qui a présenté une déclaration de solidarité des responsables chrétiens et musulmans indonésiens avec le peuple irakien; d'Olivia Masih White, de l'Eglise unie du Christ (Etats-Unis); et du pasteur John Paarlberg, de l'Eglise réformée d'Amérique, qui vit à New York.

L'Alliance réformée mondiale réunit plus de 75 millions de chrétiens dans le monde appartenant aux Eglises congrégationalistes, presbytériennes, réformées et unies, et représente 218 Eglises membres dans 107 pays. Par ailleurs, le Conseil oecuménique des Eglises (COE) a condamné les pays occidentaux qui préconisent la guerre, mais a aussi appelé l'Irak à se conformer aux résolutions des Nations Unies.

Le Comité exécutif du COE, réuni à Bossey, en Suisse, s'est déclaré "extrêmement préoccupé par les appels à l'intervention militaire contre l'Irak lancés par les Etats-Unis et certains gouvernements occidentaux et a vivement déploré que les nations les plus puissantes du monde considèrent de nouveau la guerre comme un instrument acceptable de politique étrangère".

Dans une déclaration très ferme sur la question, le COE ajoute: "En même temps, le Comité exécutif est également préoccupé par la violation, par l'Irak, des droits fondamentaux de la personne et exhorte le gouvernement irakien à se conformer aux normes internationales des droits de la personne et à se soumettre aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies."

Le COE, dont le siège est à Genève, rassemble 342 Eglises de pratiquement toutes les traditions chrétiennes, dans plus de cent pays. L'Eglise catholique romaine, qui n'est pas une Eglise membre, coopère activement avec le COE. (ENI)

Source(s) : FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE

   
 

Déclaration de responsables d'Eglises européens réunis à Berlin le 5 février 2003, à l'invitation du Conseil œcuménique des Eglises (COE), agissant en concertation avec la Conférence des Eglises européennes (KEK), le Conseil national des Eglises du Christ aux Etats-Unis (NCCCUSA) et le Conseil des Eglises du Moyen-Orient, et invités à se rencontrer par l'Eglise évangélique d'Allemagne (EKD).

Opposition à la guerre en Irak
Des responsables d'Eglises unis

05 février 2003

1. En notre qualité de responsables d'Eglises européennes et nous exprimant d'entente avec des conseils d'Eglises des Etats-Unis et du Moyen-Orient, nous demeurons profondément préoccupés par les appels à une action militaire contre l'Irak lancés et réitérés par les Etats-Unis et certains gouvernements européens. A nous qui sommes animés par la foi, l'amour de nos prochains nous fait obligation de nous opposer à la guerre et de rechercher la résolution pacifique des conflits. En tant qu'Eglises, nous prions pour que la population de l'Irak et celle de tout le Moyen-Orient connaissent la paix, la justice et la sécurité. Une telle prière nous oblige aussi à être des instruments de paix.

2. Nous déplorons qu'une fois encore les pays les plus puissants du monde considèrent que la guerre constitue un moyen acceptable de mener leur politique extérieure, ce qui suscite un climat général de crainte, de menace et d'insécurité.

3. Nous ne pouvons accepter les objectifs d'une guerre contre l'Irak tels qu'ils sont présentés par ces gouvernements, et notamment par celui des Etats-Unis. Envisager une guerre et des frappes militaires préventives comme des moyens de modifier le régime d'un Etat souverain est un acte immoral et une violation des principes de la Charte des Nations Unies. Nous prions instamment le Conseil de sécurité de faire respecter ces principes, qui limitent strictement l'utilisation légitime de la force militaire, et d'éviter de créer un précédent déplorable en abaissant le seuil de tolérance de la violence en tant que moyen de résoudre les conflits internationaux.

4. Nous croyons que la force militaire est un moyen inapproprié de parvenir à l'élimination d'armes de destruction massive irakiennes. Nous insistons pour que l'on accorde aux mécanismes d'inspections mis en place avec soin par les Nations Unies le temps nécessaire à l'accomplissement de leur travail.

5. Tous les Etats membres des Nations Unies doivent se plier aux résolutions impératives de celles-ci et résoudre les conflits par des moyens pacifiques. L'Irak ne saurait faire exception. Nous en appelons au gouvernement iraquien pour qu'il détruise toutes les armes de destruction massive et tous les sites servant à la recherche et à la production dans ce domaine. L'Irak doit coopérer sans réserve avec les inspecteurs des Nations Unies et garantir le respect intégral des droits civiques, politiques, économiques, sociaux et culturels de tous ses habitants. La population irakienne doit pouvoir espérer qu'il existe d'autres solutions que la dictature et la guerre.

6. Une guerre aurait des conséquences humanitaires inacceptables et entraînerait notamment de vastes déplacements de population, l'effondrement des structures de l'Etat, l'éventualité d'une guerre civile et de grands bouleversements dans toute la région. La détresse des enfants iraquiens et la mort inutile de centaines de milliers d'habitants du pays au cours des 12 dernières années pendant lesquelles les sanctions ont été appliquées nous touchent profondément. Dans la situation actuelle, nous réaffirmons solennellement la validité des principes humanitaires admis de longue date, en vertu desquels il doit être possible de venir au secours des populations dans la détresse.

7. En outre, nous mettons en garde contre les conséquences à long terme d'une telle guerre dans le domaine social, culturel, religieux et diplomatique. En attisant les foyers de violence qui consument déjà la région, on ne réussira qu'à exacerber la haine profonde qui fait le jeu des idéologies extrémistes et aggrave l'insécurité et l'instabilité dans le monde. En tant que responsables européens d'Eglises, nous avons le devoir moral et pastoral de nous opposer à la xénophobie dans nos propres pays, tout en apaisant les craintes de tous ceux qui, dans le monde musulman, estiment que le "christianisme occidental" est opposé à leur culture, leur religion et leurs valeurs. Nous devrions rechercher la coopération en faveur de la paix, de la justice et de la dignité humaine.

8. Tous les gouvernements, et notamment les membres du Conseil de sécurité, ont la responsabilité d'examiner la question dans toute sa complexité. Tous les moyens pacifiques et diplomatiques d'obliger l'Irak à se soumettre aux résolutions du Conseil de sécurité n'ont pas encore été épuisés.

9. Nous estimons avoir l'obligation spirituelle, au nom de l'amour de Dieu pour l'humanité, de nous prononcer contre la guerre en Irak. Avec ce message, nous adressons un signe fort de solidarité et de soutien aux Eglises d'Irak, du Moyen-Orient et des Etats-Unis. Nous implorons Dieu de guider les responsables, afin qu'ils prennent leurs décisions sur la base de réflexions approfondies, de principes moraux et de critères légaux exigeants. Nous invitons toutes les Eglises à se joindre à nous dans cet acte de témoignage, à prier et à encourager la participation de tous les fidèles à la lutte pour la résolution pacifique de ce conflit.


Liste des participants

Pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises

Pasteur Keith Clements, secrétaire général de la Conférence des Eglises européennes

Präses Manfred Kock, président du Conseil de l'Eglise évangélique d'Allemagne (EKD)

Evêque Walter Klaiber, chef de la Arbeitsgemeinschaft Christlicher Kirchen in Deutschland (Communauté de travail des Eglises chrétiennes d'Allemagne ACK) et de l'Eglise évangélique méthodiste (Allemagne)

Pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France

Evêque Herwig Sturm, Eglise évangélique de la confession d'Augsbourg et de la confession helvétique en Autriche

Pasteur Thomas Wipf, président de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse

Evêque Jonas Jonson, évêque de l'Eglise de Suède et le pasteur Kjell Jonasson, Eglise de Suède

Chanoine Trond Bakkevig, Eglise de Norvège

Archevêque Jukka Parma, Eglise évangélique luthérienne de Finlande

Evêque Karsten Nissen, Eglise évangélique luthérienne du Danemark

Mme Alison Elliot, Eglise d'Ecosse et Action commune des Eglises d'Ecosse (ACTS)

Pasteur Arie W. van der Plas, Eglises réformées des Pays-Bas et Eglises protestantes en union des Pays-Bas

Archevêque Theofan, Eglise orthodoxe russe, archevêque de Berlin et d'Allemagne

Evêque Athanasius d'Achaïa, Eglise de Grèce

Pasteur Nuhad Daoud Tomeh, représentant du Secrétariat général du Conseil des Eglises du Moyen-Orient

Bob Edgar, secrétaire général du Conseil national des Eglises du Christ aux Etats-Unis

James Winkler, secrétaire général du Conseil général d'Eglise et société de l'Eglise méthodiste unie, Etats-Unis

Pasteur Rebecca Larson, directrice de la Division d'Eglise et société de l'Eglise évangélique luthérienne d'Amérique, Etats-Unis

Thor-Arne Pröis, directeur de l'Action commune des Eglises (ACT International), Genève

Source(s) : FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE

   
 


A Berlin, les Eglises élaborent d'une attitude commune

04 février 2003

Soucieux d'exprimer de manière concertée leur réaction à la menace d'intervention militaire en Irak, les responsables des Eglises européennes ont convoqué une réunion urgente d'une journée qui se tiendra le mercredi 5 février 2003 à Berlin. Cette réunion est organisée par le Conseil oecuménique des Eglises (COE), à la suite d'une initiative de l'Eglise évangélique d'Allemagne (Evangelische Kirche in Deutschland EKD) et en concertation avec la Conférence des Eglises européennes (KEK).

Ce même jour, à l'issue de leur réunion, les responsables d'Eglises rencontreront le chancelier allemand Gerhard Schröder. Une conférence de presse aura lieu à 14.00 heures dans le bâtiment de l'académie évangélique de l'église française " Friedrichstadtkirche " au " Berliner Gendarmenmarkt ".

Dans la lettre d'invitation, Peter Weiderud, coordinateur de l'Equipe " affaires internationales " du COE, souligne que " la crise irakienne est entrée dans une nouvelle phase, encore plus critique " à la suite de la présentation au Conseil de sécurité de l'ONU, le lundi 27 janvier, du premier rapport des inspecteurs des armements. Relevant que l'Europe peut jouer " un rôle de tout premier plan " dans la crise actuelle, il déclare que la réunion " sera utile tant aux Eglises qu'à l'ensemble du mouvement oecuménique dans leurs efforts pour éviter une catastrophe humanitaire et les conséquences incalculables qu'entraînerait une guerre éventuelle, aussi bien dans la région que sur le plan international ".

Au nombre des participants figurent le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du COE, le pasteur Keith Clements, secrétaire général de la KEK, et le pasteur Manfred Kock, président de l'EKD. Des représentants du Conseil des Eglises du Moyen-Orient et du Conseil national des Eglises du Christ aux Etats-Unis seront également présents.

Voici la liste complète des participants :

Pasteur Konrad Raiser, Secrétaire Général du Conseil Oecuménique des Eglises (www.wcc-coe.org)

Pasteur Keith Clements, Secrétaire Général de la Conférence des Eglises Européennes (www.cec-kek.org)

Präses Manfred Kock, Président du Conseil de l'Eglise Evangélique d'Allemagne (EKD) (www.ekd.de)

Evêque Walter Klaiber, responsable de la communauté de travail des Eglises Chrétiennes d'Allemagne (ACK) (www.oekumene-ack.de ), et de l'Eglise Evangélique Méthodiste (Allemagne) (www.emk.de)

Pasteur Jean-Arnold de Clermont, Président de la Fédération Protestante de France (www.protestants.org)

Evêque Mag. Herwig Sturm, Eglise Evangélique de la Confession d'Augsbourg en Autriche (www.evang.at)

Pasteur Thomas Wipf, Président de la Fédération des Eglises Protestantes de Suisse (www.sek-feps.ch/index.php)

Evêque Jonas Jonsson, de l'église de Suède et le Pasteur Kjell Jonasson, de l'Eglise de Suède (www.svenskakyrkan.se)

Chanoine Trond Bakkevig, Eglise de Norvège (www.kirken.no) Archevêque Jukka Parma, Eglise Evangélique Luthérienne de Finlande
(www.evl.fi)

Evêque Karsten Nissen, Eglise Evangélique Luthérienne du Danemark (www.folkekirken.dk)

Dr. Alison Elliot, Eglises d'Ecosses and "Churches Together in Scotland" (ACTS) (www.churchofscotland.org.uk)

Pasteur Arie W. van der Plas, Eglises Réformées de Hollande et Eglises Hollandaises en voie d'union (www.unitingprotestantchurches.nl )

Archevêque Feofan, Eglise orthodoxe Russe, archevêque de Berlin et d'Allemagne (www.r-o-k.de )

Evêque Athanase d'Achaïe, Eglise grecque (www.ecclesia.gr)

Pasteur Nuhad Daoud Tomeh, Représentant du secrétariat général du Conseil des Eglises du Moyen-Orient (www.mecchurches.org)

Dr. Bob Edgar, Secrétaire Général, Conseil Nationale des Eglises du Christ aux Etats-Unis (www.ncccusa.org)

James Winkler, Secrétaire Général, Direction générale de "Eglise et Société", Eglise Méthodiste Unie, USA (www.umc.org)

Dr. Rebecca Larson, Directrice exécutive de la division Eglise et Société, Eglise Evangélique Luthérienne en Amérique, USA (www.elca.org)

Pour toute information complémentaire, s'adresser au Bureau des relations avec les médias, tél.: +41 (0)22 791 64 21 / (41 22) 791 61 53

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Le Conseil oecuménique des Eglises (COE) est une communauté de 342 Eglises.
Elles sont réparties dans plus de 100 pays sur tous les continents et
représentent pratiquement toutes les traditions chrétiennes. L'Eglise
catholique romaine n'est pas membre mais elle collabore activement avec le
COE. La plus haute instance dirigeante du COE est l'Assemblée, qui se réunit
environ tous les 7 ans. Le COE a été formé officiellement en 1948 à
Amsterdam, aux Pays-Bas. Le secrétaire général Konrad Raiser, de l'Eglise
évangélique d'Allemagne, est à la tête du personnel de l'organisation.


Conseil oecuménique des Eglises
Bureau des relations avec les médias

Tél: (41 22) 791 6153 / 791 6421
Fax: (41 22) 798 1346
Courrier électronique: media@wcc-coe.org
Web: www.wcc-coe.org

Source(s) : FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE