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DÉCLARATION
Beyrouth,
le 22 mars 2003
Union des
Églises évangéliques arméniennes au Proche-Orient
C'est avec une profonde tristesse que nous recevons les nouvelles du début
d'une guerre de plus dans cette région du monde où vit notre
Église et où elle accomplit son service.
Le comité central de l'Union des Églises évangéliques
arméniennes au Proche-Orient s'est réuni à Beyrouth
le 21 mars 2003 pour une rencontre ordinaire, au milieu d'une profusion
déconcertante de nouvelles donnant une multitude de détails
sur l'action militaire menée par les États-Unis et leurs
alliés en Iraq et alentour.
Au nom de nos Églises et de sa direction :
Nous affirmons le principe chrétien de paix et de réconciliation
personnifié jusqu'au sacrifice de sa vie par notre Seigneur et
Sauveur Jésus-Christ.
Nous regrettons le choix de la guerre comme moyen de faire face à
des problèmes intérieurs et extérieurs.
Nous déplorons l'usage de deux poids, deux mesures utilisés
dans les relations internationales pour garantir les intérêts
de certains gouvernements sur ce qu'est la manière juste de traiter
les êtres humains.
Nous nous joignons à la prière des Églises du monde
entier en vue de la résolution de ce conflit, en faveur des victimes
innocentes et en vue de la guérison des plaies de plus en plus
profondes dont souffrent les peuples de cette région du monde.
Nous déclarons notre solidarité avec ceux qui sont faibles
et sans défense.
Nous nous engageons à marcher humblement à la suite de notre
Seigneur Jésus et d'apprendre de Lui comment être faiseurs
de paix, localement et dans le monde entier.
Le Président
et le Comité Central de l'Union des Églises évangéliques
arméniennes au Proche-Orient
L'Union des
Eglises évangéliques arméniennes au Proche-Orient
est constituée d'Églises et de communautés dans les
pays suivants : Grèce, Turquie, Égypte, Chypre, Syrie, Iran,
Australie et Liban, où se trouvent ses organes de direction.
Document
original :
It is with profound sadness that we follow the news of the start of
yet another war that plagues the region of the world in which our church
lives and ministers.
The Central Committee of the Union of Armenian Evangelical Churches in
the Near East convened on March 21, 2003, in Beirut for its regular meeting
in the midst of a disconcerting influx of details of military action by
the USA and its allies in and around Iraq.
On behalf of our churches and leadership:
We affirm the Christian principle of peace and reconciliation that was
sacrificially personified by our Lord and Savior Jesus Christ.
We mourn the choice of war as a means to address internal or external
problems.
We deplore the double standards employed internationally to secure certain
governments' interests over the just treatment of human beings.
We join the church the world over in prayer for the resolution of the
current crisis, for the innocent victims, and for the healing of the ever-deepening
wounds of the peoples of our region.
We declare our solidarity with the weak and the defenseless.
We commit ourselves to humbly follow in the footsteps of our Lord Jesus
and learn from Him how to be peacemakers in our local and global neighborhoods.
Source(s) :
ACTION CHRETIENNE EN ORIENT
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Une
déclaration commune sur l'Irak
du 20 février 2003
Conseil des Eglises du Moyen-Orient - Programme de la Jeunesse
Fédération Mondiale des Etudiants Chrétiens (WSCF
- World Student Christian Federation) - Région du Moyen-Orient
Nous, jeunes
chrétiens du Moyen-Orient, qui appartenons à différentes
dénominations et mouvements d'étudiants chrétiens,
exprimons notre angoisse et notre inquiétude profondes devant l'éventualité
d'une action militaire contre l'Irak. Nous nous opposons fermement à
la guerre et affirmons la nécessité de trouver une résolution
pacifique à la crise présente.
Nous considérons
que la guerre imminente en Irak est une violation du principe chrétien
fondamental d'amour pour l'ensemble de la création de Dieu
En
entendant des appels à la vengeance, à la mort, à
la haine et à la destruction de pays et de cultures souveraines,
dans le but de contrôler leurs ressources, nous nous rendons compte
que ces valeurs ne répondent pas aux enseignements de Jésus-Christ
Nous avons
eu assez de guerres, de dévastation, de destruction et de violence.
La guerre engendre la guerre, et la violence davantage de violence. Nous
sommes persuadés que la guerre contre l'Irak n'est pas justifiée,
et que la seule intention des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne est
de contrôler les richesses de l'Irak et de satisfaire leurs propres
intérêts. Une telle guerre déstabilisera toute la
région, elle serait une nouvelle forme de colonisation, et fera
des millions de réfugiés - une situation qui serait inacceptable
pour les peuples du Moyen-Orient. Il y aura des répercussions de
cette agression dans le monde entier.
En tant que
jeunesse chrétienne enracinée dans la foi chrétienne,
nous affirmons notre engagement pour des causes justes et nationales et
insistons sur le fait que
1 - la guerre n'est pas le moyen d'atteindre la paix ;
2 - nous condamnons les développements militaires dans cette région,
qui menacent la vie de millions de personnes ;
3 - nous attendons une résolution pacifique de tous les conflits
en suspens du Moyen-Orient, y compris le conflit arabo-israélien
en Palestine, sur les hauteurs du Golan de Syrie, et au Sud-Liban, par
le moyen de conventions des Nations Unies et par la volonté de
la communauté internationale.
Nous sommes appelés à être des témoins de paix
et d'amour envers toute la création. Nous sommes solidaires avec
nos frères et surs qui vivent l'oppression et la marginalisation
dans le monde entier, mais plus particulièrement avec ceux d'Irak
et de Palestine en ce moment critique de l'histoire de la région.
Nous demandons aux jeunes du monde entier d'élever leurs voix dans
la prière pour demander que la paix règne à nouveau
au Moyen-Orient.
MECC - Programme
de la Jeunesse WSCF - Région du Moyen-Orient
Source(s) :
ACTION CHRETIENNE EN ORIENT
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Conférence
de presse de l'archevêque catholique chaldéen de Bassorah, Mgr Kassab,
en visite au Conseil Oecuménique des Eglises : les Irakiens paient déjà
un trop lourd tribut à la guerre
28 janvier 2003
Mgr
Kassab, l'archevêque catholique de Bassorah, a participé le 28 janvier
à une conférence de presse au Conseil oecuménique des Eglises (COE)
à Genève au cours de laquelle il a lancé un cri d'alarme : une nouvelle
guerre aggraverait de façon effroyable la situation de son peuple.
L'Irak a connu huit ans de conflit avec l'Iran, en deux périodes, puis
les 6 semaines de la guerre du Golfe en 1991. "En fait, cette guerre n'a
pas duré 42 jours, elle se prolonge. Chaque jour, surtout depuis deux
mois, des avions américains et britanniques survolent notre territoire
et parfois lâchent des bombes qui tuent. De plus, il y a les sanctions
qui représentent une autre forme de guerre et tuent également, même si
l'on prend plus de temps pour mourir", souligne Mgr Kassab.
La mort
lente dans les hôpitaux
Il qualifie d'"épouvantables" les effets des hostilités. Il y a les séquelles
dues au type de munitions utilisées. "On constate énormément de fausses
couches au septième mois. Ces dernières années, on compte six fois plus
de leucémies qu'autrefois et nombre d'enfants de Bassorah décèdent de
cette maladie. On souffre de nouvelles affections que les médecins ne
parviennent pas à identifier".
La population doit encore affronter le manque d’eau potable, les
coupures d'électricité, la pénurie de médicaments et d'équipements dans
les hôpitaux - on opère sans anesthésie -la crise du logement, le chômage,
l'abandon scolaire. "De nombreux enfants et jeunes quittent 'école pour
exercer un petit métier, afin de permettre la survie de la famille".
Une aide
qui ne distingue pas l'appartenance religieuse
Quand il a été nommé, il y a sept ans, Mgr Kassab a décidé de ne pas être
l'évêque des chrétiens, mais le frère de tous les habitants du sud de
l'Irak. Son diocèse oriente surtout son aide vers les jeunes et les enfants,
sans distinction de religion. Avec un orphelinat, un centre de formation
à l’informatique, des jardins d'enfants où l'on observe des signes
de malnutrition...
La perspective d’une nouvelle guerre effraie les gens. "On a peur,
spécialement dans le sud du pays", déclare Mgr Kassab. "La population
stocke de la nourriture et du pétrole. Dans l'Eglise, depuis un mois,
nous prions chaque jour pour la paix."
Les islamistes
radicaux commencent à se manifester
Les chrétiens - dont 70 % sont catholiques chaldéens -constituent le 3,5
% de la population, soit environ 700'000 personnes, selon l'estimation
de l’archevêque. Les craintes actuelles provoquent-elles des tensions
avec la majorité musulmane ? "Nous avons d'excellentes relations avec
les religieux musulmans. Ils ont participé il y a quarante jours à l'inauguration
de la cathédrale catholique de Bassorah. Il y a cependant quelques petits
accrochages avec des groupuscules islamistes radicaux."
En cas de guerre, que se passera-t-il pour les chrétiens du sud de l'Irak
? "Plutôt que de prévoir ce qui se passera, nous préférons nous concentrer
sur ce qui peut mettre fin à toute idée de guerre", répond Mgr Kassab.
L'Eglise agit-elle pour que le gouvernement de Bagdad respecte les résolutions
de l'ONU ? "Tout ce qui peut conduire à la paix est soutenu par l'Eglise.
Le gouvernement se dit lui-même prêt à respecter ces résolutions".
Tout
faire pour éviter la conflagration
L'archevêque de Bassorah pense-t-il que la population s'enfuira en cas
de conflit ? "On s'attend évidemment à des déplacements massifs, les gens
vont essayer de se mettre à l'abri". Craint-on une guerre civile après
la guerre "américaine" ? "Il est bien difficile de savoir ce qui est prévu
par ceux qui organisent la guerre et ce qui arrivera".
L'essentiel, pour Mgr Kassab, est d'éviter la conflagration. "Nous autres
chrétiens avons peur, tout comme les musulmans, répète-t-il. La force
destructrice de la guerre touchera les uns et les autres, sans distinction".
(apic)
Source(s) :
FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE
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Une
minorité exposée
Une guerre fragiliserait le statut des chrétiens irakiens
Bassora, Irak, le 22 novembre (ENI\Rainer Lang)
Plusieurs chrétiens irakiens craignent qu'une guerre contre l'Irak
ne provoque des tensions religieuses qui, disent-ils, n'existent pas actuellement,
entre les membres de leur communauté et leurs compatriotes musulmans.
En effet,
les communautés religieuses coexistent pacifiquement, explique
un chrétien rencontré par le correspondant d'ENI à
Bassora, la deuxième ville d'Irak, dans le sud du pays. Mais, une
guerre risquerait de déboucher sur un conflit religieux, fait-il
remarquer avec inquiétude. Si le fanatisme parmi les musulmans
s'est accru après la guerre du Golfe en 1991, disent les chrétiens,
cela n'a pas affecté les chrétiens de façon particulière.
"Nous n'avons pas eu de problèmes religieux jusque-là.
Nous n'avons jamais été victimes de harcèlement,
en tant que chrétiens", reconnaît l'un d'entre eux.
Pourtant
certains chrétiens craignent qu'un nouveau conflit ne mette fin
à la coexistence pacifique entre communautés religieuses,
en particulier dans le sud du pays, où la majorité des musulmans
sont chiites - comme plus de 60% des Irakiens dans le pays.
Même si les chrétiens minimisent les craintes concernant
leurs relations avec les musulmans, la liberté de parole et de
mouvement en Irak ne peut être considérée comme acquise.
Les activités évangéliques sont interdites, par exemple.
Les chrétiens
de Bassora, même s'ils ont peur qu'une guerre conduite par les Etats-Unis
ne soit engagée contre leur pays, ne prévoient pourtant
pas de problèmes religieux dans leur voisinage direct, où
tout le monde se connaît.
Mais ils se sentent exposés en tant que minorité et indiquent
que certains étudiants musulmans demandent à leurs enfants
de se convertir à l'islam. Et ils se rappellent aussi qu'en 1991
des chrétiens avaient été accusés par les
musulmans d'être alliés des Etats-Unis.
Dans le sud
du pays, la pression quotidienne est déjà forte pour les
chrétiens et les musulmans. Des habitants rappellent avec regret
que Bassora était une ville prospère dans les années
70, et qu'elle est devenue aujourd'hui l'une des plus pauvres du pays.
Bassora est située dans une zone d'exclusion aérienne imposée
à l'Irak, qui fait l'objet de bombardements effectués principalement
par des avions américains et britanniques survolant la région.
Bassora est un centre pétrolier important, dont la prospérité
a été affectée par deux guerres ces deux dernières
décennies. La ville a subi de grands dommages durant la guerre
entre l'Irak et l'Iran de 1980 à 1986 et elle a de nouveau été
dévastée durant la guerre du Golfe.
Les sanctions des Nations Unies, imposées à la suite du
refus de l'Irak de se conformer à 19 résolutions après
la guerre du Golfe, pèsent lourdement sur la population.
Un grand nombre d'habitants sont pratiquement sans emploi, des mères
et des enfants sont obligés de mendier dans les rues, l'eau potable
est rare et il n'y a pas d'électricité en de nombreux lieux.
"Les
Eglises aident déjà un certain nombre d'Irakiens, chrétiens
et musulmans, avec très peu de moyens à leur disposition",
dit un chrétien. "Mais s'il y a une guerre, ce seront les
plus vulnérables."
(ENI)
Source(s) :
FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE
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Dans le conflit qui s'annonce
"Si la guerre éclate, chrétiens et musulmans resteront
soudés"
novembre
2002
L'évêque
irakien Shlemon Warduni n'a qu'une réponse à donner à tous ceux qui lui
demandent comment soutenir le peuple de son pays: "Priez pour nous."
Devant la possibilité d'une intervention militaire contre l'Irak, les
chrétiens irakiens ont été invités à prier le 22 novembre.
L'évêque Warduni du Patriarcat chaldéen espère que toutes les Eglises
et communautés s'associeront à cette journée de prière réclamée par son
Eglise, qui suit l'ancien rite chaldéen mais est rattachée à Rome.
L'Irak
compte 650 000 chrétiens, qui représentent moins de 3 % d'une population
majoritairement musulmane dans ce pays de 22,5 millions d'habitants. Environ
70 % des chrétiens sont membres de l'Eglise chaldéenne, et la politique
laïque du gouvernement signifie que les chrétiens chaldéens sont bien
représentés dans la classe moyenne.
Même si
le président irakien Saddam Hussein se présente parfois comme un musulman
pieux, l'idéologie du son parti, le parti Baas, est souvent considérée
comme plus proche d'une forme socialiste de nationalisme arabe que d'un
gouvernement islamique.
Les responsables
religieux mettent l'accent sur la liberté de pratiquer que possèdent les
chrétiens aujourd'hui, mais ils expriment leur inquiétude devant la menace
d'une guerre si l'Irak ne se conformait pas aux demandes de la résolution
du Conseil de sécurité des Nations Unies adoptée le 8 novembre.
Pour Gregorius Salbea, l'archevêque orthodoxe syrien de Mossoul, dans
le nord de l'Irak, qui appelle les responsables religieux à prendre des
mesures pour se préparer à l'éventualité d'une crise, "nous sommes
en danger à tout moment".
Si la guerre éclate, chrétiens et musulmans resteront soudés, affirme
le pasteur Haitham A. Al Jazrawi, de l'Eglise évangélique presbytérienne
de Kirkuk, dans le nord de l'Irak.
"En tant que chrétiens, nous ne nous distinguons pas du peuple irakien",
souligne-t-il en avertissant que "l'Occident va tout détruire ici",
et en rejetant toute suggestion selon laquelle les chrétiens n'auraient
pas la liberté de pratiquer leur religion en Irak. "Il n'y a rien de
vrai dans cela, il n'y aucune sanction particulière imposée par le gouvernement
contre nous" Oshana Talia, diacre de l'Eglise assyrienne à Kirkuk,
décrit les relations entre chrétiens et musulmans comme "très bonnes.
Les Eglises sont comme des soeurs, et les musulmans et les chrétiens sont
très proches."
Les églises et les mosquées sont souvent voisines, précise Oshana Talia,
et les chrétiens peuvent visiter sans difficulté les mosquées, tout comme
les musulmans peuvent aller dans une église.
Mais plus
d'une décennie de sanctions, imposées après l'invasion du Koweït par l'Irak
en 1990 et en raison du refus du gouvernement de se plier aux décisions
des Nations Unies, a laissé l'économie en ruines.
Le taux actuel de chômage serait de 65 % et ceux qui ont un emploi doivent
se débrouiller avec un salaire très bas - souvent pas plus de cinq dollars
EU par mois. En outre, le taux d'inflation est élevé et la valeur de la
devise a chuté. Un seul dollar équivaut à 2 000 dinars irakiens aujourd'hui,
alors qu'avant l'imposition des sanctions il y a 12 ans, un dinar irakien
équivalait à environ trois dollars EU.
Des organismes
d'Eglises tels que le Conseil oecuménique des Eglises à Genève et le Conseil
des Eglises du Moyen-Orient ont, ces derniers mois, lancé des mises en
garde contre une action militaire à l'encontre de l'Irak et ont réclamé
la levée des sanctions qu'ils jugent inefficaces contre le régime et nuisibles
pour la population appauvrie.
L'imam Abdul
Aziz al Shamah de Mossoul dit apprécier ces efforts. "Ces responsables
religieux méritent notre respect car ils défendent les droits de la personne."
(ENI)
Source(s) :
FPF;FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE
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