III. Dialoguer pour surmonter les peurs du « vivre ensemble »
A. Comprendre pour lutter contre nos peurs
Communautarisme, intégrisme et fondamentalisme, prosélytisme, essor des Eglises évangéliques, atteintes à la liberté de conscience, … La liste est longue des peurs qui paralysent la société française et crispe le débat démocratique.
De son coté, la Fédération protestante de France a une longue expérience du débat dans la diversité et même la différence : en effet, chacune des Eglises et des associations membre adhère à la Charte mais conserve, en toute liberté, sa spécificité et son identité, tant sur le plan théologique que pratique. La Fédération protestante, « un laboratoire du vivre ensemble » où débattre, apprendre à se connaître, surmonter ses préjugés et cheminer les uns vers les autres ? ... échanges d’expérience…
1. Le Communautarisme
… Laïcité, esprit communautaire et esprit fédératif ou l’expérience protestante : « S’il est, dans la société française aujourd’hui, un mot qu’il ne faut pas prononcer, c’est bien celui de « communautarisme » (…) Je l’ai dit, l’esprit communautaire ne me fait pas peur », Pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France, mars 2006
2. L’essor des Eglises Evangéliques
- Une main tendue aux Eglises issues de l’immigration : le développement, pour ne pas dire l’explosion, des Églises issues de l’immigration est probablement le fait le plus étonnant qui a marqué le protestantisme au cours de ces deux dernières décennies. Suite au rapport paru en 2005 : Les Eglises issues de l'immigration, la Fédération protestante de France vient de lancer le Projet Mosaïc.
3. Témoignage, évangélisation ou prosélytisme ? A préciser !
« L'ignorance reste grande quant au contenu et à la nature de l'offre chrétienne.
Mais cette méconnaissance est d'autant plus difficile à combler que nos contemporains croient savoir ce qu'est le christianisme ». Félix Moser
- Témoin du Christ : méditation de Thierry Huser, dans la revue Croire et Servir : Lorsque Jésus a quitté la terre, il n'y a pas laissé des adeptes, mais des témoins…
- Comment évangéliser sans prosélytisme par le théologien suisse Félix Moser : « La vérité chrétienne est de l'ordre de la confession de foi, de la vérité subjective, et je ne pourrai m'en servir pour légitimer et pour opérer une sorte d'endoctrinement ou de prosélytisme. Mais, lorsque nous parlons et agissons au nom de Jésus-Christ, nous cherchons à transmettre nos convictions. Evangéliser sans prosélytisme, soit. Mais reconnaissons aussi que nous cherchons à influencer, que nous voulons dire notre foi et défendre des valeurs chrétiennes. Rien ne me paraît plus suspect que cette recherche éperdue d'une communication idéale, qui par avance se prémunit de toute confrontation un peu sérieuse. »
- Evangélisation ou prosélytisme ? par le pasteur Pierre Lacoste : « La tentation des évangéliques aujourd'hui, c'est de réduire l'Evangile, de le mutiler, d'en éliminer les exigences […] qui ne le rendraient pas agréable à la société. Avec le même zèle, ils doivent mettre en évidence la nécessité de présenter l'Evangile dans sa totalité, celui de Jésus-Christ, sauveur et Seigneur, dont les exigences ne peuvent être minimisées. »
- L'urgence de l'annonce de l'Evangile, le témoignage et le prosélytisme : contribution orthodoxe de Nicolas Lossky : « Chacun de nous pourra citer, (…), telle ou telle forme de prosélytisme compris comme un non respect de la liberté de conscience. Ce que Dieu ne fait jamais : Il invite; Il offre, mais ne force pas les consciences. Mais ayant dit cela, il faut penser à la paille et à la poutre. Personne d'entre nous n'est à l'abri de la tentation, à laquelle je viens de céder, de voir le prosélytisme chez « les autres ». Lorsque j'étais jeune, dans les années quarante, je me souviens fort bien que j'avais une conception de l'Orthodoxie comme d'un trésor «possédé» par « nous, les Orthodoxes », et qu'il fallait l'asséner comme à coups de bâton à tous ceux qui ne faisaient pas partie de l'Église Orthodoxe historique. Je faisais du prosélytisme. »
4. La menace intégriste
- Intégrisme et fanatisme : chacun sa vérité : le théologien André Dumas nous livrait en 1980 une réflexion qui demeure totalement d’actualité : « Ce serait un vrai malheur s'il n'existait plus que deux camps dans l'Eglise comme dans le monde : ceux qui doutent de tout sans rien confesser, et ceux qui affirment tout sans rien chercher ; en un mot, le clan de Pilate et le clan des pharisiens sous le choc conjugué desquels Jésus est mort. Ce serait un vrai malheur que nous nous partagions entre le scepticisme et intégrisme fanatique sans lieu pour la foi »
La Bible est-elle parole de Dieu ? par le théologien André Gounelle ?
Par les théologiens A.G. Martin & J.M. Berthoud :
Faut-il avoir peur de la critique textuelle ? (1)
Faut-il avoir peur de la critique textuelle ? (2)
Lire la Bible et débattre : quelques outils à votre disposition :
Le site de l’animation biblique, espace fédératif de la découverte et dialogue autour des textes bibliques
Lire et interpréter la Bible avec Théovie, service de formation à distance de l’Eglise Réformée de France
5. Menaces sur la liberté de conscience ?
B. Dialoguer avec la société
- La loi de 1905 en débat : table ronde réunit Jean-Arnold de Clermont (Fédération protestante de France), Alain Bauer (Grand Orient de France) et Guy Coq (écrivain catholique) dans les colonnes du journal Réforme
- La laïcité, avenir du débat démocratique. Pour les responsables des protestants de France et de la Ligue de l’enseignement, la laïcité a plus à souffrir de l’ignorance des religions que de leur non-respect : Jacqueline Costa-Lascoux et Jean-Arnold de Clermont débattent dans les colonnes du journal Témoignage Chrétien
- Libres penseurs et libres croyants, conditions d'un dialogue par théologien Michel Bertrand :
(…) En notre temps, le témoignage chrétien (…) rencontre (…), le plus souvent, l'indifférence ou l'incompréhension. Le professeur P.L. Dubied a décrit ce phénomène sous le nom « d'athéisme pratique » qu'il désigne comme une maladie spirituelle. (…). Dans cette mentalité on ne veut pas se demander (…), s'il y a une dignité, un but à l'être humain dans le monde. Non, on vit, on répond aux impératifs immédiats, sans recul. (…). L'existence ou l'inexistence de Dieu ne change rien à la réalité. Ce refus de s'affronter à la question du sens fait de l'athéisme pratique non seulement un adversaire de la foi et de la doctrine chrétienne, mais aussi un adversaire de l'humanisme athée. (…) maladie spirituelle d'autant plus grave que son ampleur et son pouvoir de séduction sur les esprits semblent dominer la vie spirituelle de notre temps : on a généralement peur de s'attaquer à lui ; il constitue en effet la mentalité des gens « raisonnables », bien installés dans la réalité, qui regardent narquois et goguenards ceux qui cherchent le sens ultime du monde et de l'homme au lieu de se conformer aux seules évidences de la réalité.