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Mission
auprès des marins
Hans Rohde, pasteur à la mission allemande des marins au Havre. Pour moi,
à la mission allemande des marins, ce qui change, c'est que le
monde est devenu un petit village ! Tout est soudain si proche, même
un pays lointain vient vers moi à travers les marins de nationalités
très diverses. On découvre alors des coutumes, des manières
d'être et de penser qui sont radicalement différentes des
nôtres. Encore aujourd'hui, je me demande encore pourquoi certains
marins étrangers agissent de telle ou telle manière ! Mais
je pense qu'il ne faut pas se contenter de constater qu'ils ont des coutumes
différentes, il faut aussi faire l'effort de communiquer, de leur
parler et de réfléchir sur ce qui nous pose question. C'est
absolument nécessaire. Quel est votre rôle et votre statut lorsque vous rencontrez des marins de passage ? Pour les marins, je suis celui à qui on peut faire confiance. Bien souvent, de nombreux sujets sont difficiles à aborder avec l'équipage. Ce que je retrouve le plus fréquemment, ce sont des questions qu'ils se posent suite à une incompréhension. Incompréhension de la culture du pays où ils se trouvent, pour moi la France, soit de la part des autres marins. Ils me font confiance, je suis un peu hors du système, ils savent que je ne vais pas aller voir immédiatement le commandant ou les syndicats. Je suis un peu le lien avec la France et la terre, je peux leur expliquer des choses qu'ils ne pourraient demander à quelqu'un d'autre. Quand on arrive dans un autre pays, avec des gens qui sont aussi différents de nous, on est forcément désorienté. A la mission des marins, on peut leur donner un peu d'orientation. En ce qui vous concerne, quel avenir voyez-vous à la mondialisation ? Je pense que c'est un processus positif, mais si on fait bien attention à se donner des garde-fous. Le. plus grand danger serait de vouloir tout uniformiser et tout mélanger. Il est important de savoir d'où vient telle ou telle tradition, de retrouver les racines de chaque pays ou région du globe. D'accord pour transformer le monde en petit village, mais chaque habitant doit y conserver son identité propre. Il faut espérer
que dans l'avenir, la mondialisation aura un visage humain. En mer, je
pense que les mentalités sont bien plus avancées que sur
terre. Sur un bateau, ça se joue entre des personnes, des marins
qui doivent vivre ensemble au jour le jour, la communication et la compréhension
sont les conditions sine qua non du vivre ensemble. |