
Propos recueillis par Daniel Cassou avant le départ de Danielle Vergniol
avec l’aimable autorisation de

29-08-2007
Quelles sont vos motivations ?
Sensible à l’aspect missionnaire du message évangélique, je ne peux imaginer garder pour moi ce que je crois et la formidable espérance que m’a donnée ma rencontre avec Dieu. Au cours de mes études en théologie j’ai eu l’occasion de faire deux séjours à Jérusalem pour approfondir des sujets d’étude avec des personnes qui avaient choisi de vivre sur ce petit coin de terre où Jésus avait vécu. Ma motivation ressortit à ma croyance en l’Église universelle. Mes nombreuses rencontres avec des chrétiens de partout ont enrichi ma vie et élargi l’espace de ma tente au sens propre comme au figuré. Mes rencontres avec des croyants d’autres religions ont été moins nombreuses mais tout aussi profondes. Je me méfie beaucoup du syncrétisme, mais j’apprécie à sa juste valeur le dialogue avec les humains qui fondent leur vie sur une foi.
Quelle mission pensez-vous accomplir ?
C’est au cours de la préparation d’une dizaine de jour que les objectifs, les lieux d’affectation, les équipes, seront travaillés et décidés. Les groupes peuvent varier de 15 à 25 personnes, et les lieux d’affectation dépendent des besoins. Si, au début, la bande de Gaza était incluse dans les destinations possibles, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Par ailleurs, vous lisez, écoutez et regardez comme moi les informations et vous vous rendez compte que tout peut basculer d’un moment à l’autre. Ce n’est donc que vers le début du mois d’octobre qu’un premier courrier pourra vous informer de ma destination, du groupe auquel j’appartiens et des tâches qui nous seront confiées. Sur un plan plus général, je peux quand même dire que je n’oublie pas que la mission est avant tout placée sous le signe de la paix. Il me semble que le plus important c’est le fait d’ajouter une arche ou juste une petite pierre, mais quelque chose, aux ponts qui tentent de se construire entre les mouvements pacifistes et pacifiques de quelque origine qu’ils soient. Regarder, écouter, rencontrer… Ceux et celles qui m’envoient ont des attentes. Il faut pouvoir rendre compte, tenter de comprendre pour expliquer plus simplement ce qui se passe, ce qu’on peut faire, ce pour quoi on doit pleurer et prier.
Quelle préparation et quel soutien ?
Tous ceux à qui j’en parle considèrent les choses avec crainte, et une grande reconnaissance aux instances qui ont imaginé ce programme. Les communautés catholiques de Poitiers -où nous vivons depuis un an- ont été très attentives à ce projet. Le groupe œcuménique du Poitou a choisi EAPPI (Ecumenical Accompaniment Programme in Palestine and Israel) comme sujet d’étude et de prière pour la prochaine saison. Grâce aux sœurs Bénédictines de Prailles (Deux-Sèvres), je rencontrerai leur communauté installée sur le Mont des Oliviers. Et j’ai déjà un rendez-vous pour la semaine de l’unité 2008 !
Pour ce qui est du soutien matériel, le Conseil régional de l’ERF-Ouest s’est mobilisé pour récolter les fonds nécessaires. La Cimade, le Défap, la Mission Populaire, les régions Sud-Ouest et Ile de France de l’ERF ont participé au projet. Le pasteur Valérie Mitrani, présidente du Conseil régional ERF-Ouest et le pasteur Jean-Claude Léveillé, jeune retraité, ayant tous deux vécu la mission à plusieurs reprises via le Défap, cheminent avec moi concrètement et spirituellement dans cette préparation.