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Les leaders politiques et religieux convergent vers Rome pour assister aux funérailles du pape Jean-Paul II

Rome, le 7 avril (ENI\Luigi Sandri) - Un nombre encore jamais atteint auparavant de représentants d'Eglises non catholiques assisteront aux funérailles du pape Jean-Paul II - les plus imposantes jamais célébrées en Italie dans l'histoire moderne.

La messe funèbre sera présidée le vendredi 8 avril par le cardinal Joseph Ratzinger, doyen du Collège des cardinaux, sur le parvis de la basilique Saint-Pierre, en présence de chefs d'Etat et de représentants de gouvernement de deux cents pays, et de délégations d'Eglises orthodoxes, anglicanes, protestantes et du Conseil oecuménique des Eglises (COE), ainsi que des représentants des communautés juives et musulmanes.

Les personnalités civiles et religieuses assistant aux funérailles seront entourées d'une foule imposante qui, disent les autorités italiennes, devrait dépasser un million de personnes. Depuis la Pologne seulement, terre natale de Jean-Paul II, des centaines de bus sont attendus dans la nuit.

Déjà aux funérailles de Jean XXIII, en 1963, à celles de Paul VI, et à celle de Jean-Paul I, les deux en 1978, il y avait des délégations de nombreuses nations et Eglises, mais demain, leur nombre sera beaucoup plus important.

Le mercredi 6 avril, le président des Etats-Unis George W. Bush est arrivé avec les anciens présidents Bill Clinton et George Bush à Rome, où ils ont rendu hommage dans la basilique Saint-Pierre où repose la dépouille du pape Jean-Paul II.

C'est la première fois qu'un président des Etats-Unis assistera à des funérailles d'un pape. Ce sera aussi la première fois pour un premier ministre britannique, à la tête d'un pays qui a rompu avec la papauté au 16e siècle sous le règne du roi Henri XIII.

Pratiquement toutes les Eglises orthodoxes enverront des représentants: d'Istanbul on attend Bartholomée ler, patriarche oecuménique de Constantinople, et "premier parmi ses paris" dans la hiérarchie de l'Eglise orthodoxe. De Moscou ce sera le métropolite Kirill de Smolensk, chef du Département des relations extérieures de l'Eglise orthodoxe russe, qui représentera le patriarche Alexis II et le Saint Synode de l'Eglise.

Selon certains journaux italiens, nombreux sont ceux au Vatican qui pensent que la présence du métropolite Kirill aux funérailles du pape pourrait engendrer un nouveau climat qui pourrait permettre au nouveau pape d'accomplir à Moscou ce voyage auquel Jean-Paul II avait tant rêvé.

L'archevêque de Cantorbéry, Rowan Williams, de l'Eglise d'Angleterre (anglicane), chef spirituel de la Communion anglicane mondiale, a annoncé sa participation. Ce sera le premier archevêque de Cantorbéry en exercice à assister aux funérailles d'un pape.

Mgr Daniel de Moldavie, vice-président de la KEK, représentait la Conférence des Eglises européennes (KEK).

Au Vatican, on considère comme " naturelle" la présence des représentants des Eglises de la Réforme.

Le Conseil oecuménique des Eglises, qui regroupe la plupart des grandes Eglises protestantes et orthodoxes, et au siège duquel Jean-Paul II s'était rendu personnellement en juin 1984, sera représenté par son secrétaire général, le pasteur Samuel Kobia. Selon un communiqué de l'agence de presse protestante italienne NEV, le pasteur Ishmael Noko, secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale, et le pasteur Setri Nyomi, secrétaire général de l'Alliance réformée mondiale, assisteront également aux funérailles.

"Je considère comme un devoir d'accepter l'invitation à participer à ce moment important pour l'Eglise catholique, aux côtés des représentants du protestantisme mondial", a déclaré Gianni Long, président de la Fédération des Eglises protestantes en Italie. "Notre présence est un témoignage du rôle des Eglises protestantes et l'expression de notre gratitude pour les initiatives oecuméniques encouragées par ce pape."