Introduction
Mettez ensemble dix économistes et vous aurez dix explications différentes des raisons du chômage en France. Des raisons aussi pertinentes les unes que les autres. Les économistes font, certes leur travail, mais leurs débats montrent à l'évidence que l'on se trouve depuis deux décennies non en présence d'une crise, mais d'une profonde mutation. Les théories sont devenues inopérantes et toutes les propositions se valent dans la mesure où aucune ne semble en mesure de fournir une solution.
Le flot d'analyses déversé dans nos journaux ces derniers mois comme les multiples rapports publiés par les meilleures instances n'ont fourni aucune arme valable aux pouvoirs publics. Cette absence de plan réaliste et réalisable ouvre le champ à toutes sortes de propositions qui laissent les citoyens plus démunis que jamais. Cette prolifération de propositions accentue le sentiment que l'Etat, toujours lui, va finir par faire son choix des meilleures et apporter la solution.
Durée du temps de travail, coûts trop élevés, main d'oeuvre insuffisamment formée, défaut des investissements publics, dette de l'Etat, absence de pouvoir d'achat, abus de l'informatisation, technologie mal maîtrisée, on n'en finirait pas de recenser les motifs invoqués en une triste cacophonie. On n'en finirait pas non plus d'analyser les différences de solutions proposées à partir des mêmes prémices.
Pendant que patientent trois millions et demi de chômeurs (pour ceux qui sont officiellement recensés) et que des millions de salariés tendent piteusement le dos.