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I. Le constat

Les interdépendances planétaires

Petit à petit, les économies nationales sont entrées dans l'ère de l'interdépendance. Le phénomène s'est amplifié après la guerre de 1940, notamment en raison de l'aide du plan Marshall qu'il a fallu gérer. Il s'est alors créé un organisme (l'OCEE) regroupant les pays intéressés. Cet organisme s'est transformé (en 1960) en Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui contrôle et harmonise les politiques économiques de ce qui était à l'époque les vingt quatre pays les plus développés.

D'autres institutions internationales ont vu le jour après la guerre, notamment le FMI (Fonds monétaire international) et la Banque mondiale, à l'occasion de la Conférence de Bretton-Woods qui posa les bases d'un nouveau système monétaire international. I1 y eut également la création du GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) en 1947 dont le but est de favoriser le libre échange.

L'Europe, de son côté, a vu naître la Communauté économique européenne (CEE) qui regroupe aujourd'hui douze pays et s'est transformée en Union économique. Cette Europe des Douze multiplie les accords de préférence avec d'autres pays. Par la convention de Lomé, elle aide au progrès d'une soixantaine de pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (pays ACP).

Dès 1949, s'est également constitué le Conseil de l'Europe, ouvert à tous les pays européens qui en acceptent les principes. Ses buts sont essentiellement sociaux et humanitaires. On lui doit notamment la Convention européenne des droits de l'homme.

Les grands font la loi.
L'interdépendance économique est une donnée de fait. Pour beaucoup de pays, notamment la France, il a fallu de tous temps se procurer des matières premières, dont le pétrole. Le quadruplement du prix du baril en 1973 a relancé la nécessité d'exporter, chacun se trouvant obligé de vendre plus pour pouvoir acheter le même volume d'énergie.

C'est un petit nombre de nations qui domine le monde. Les pays membres de l'OCDE assurent à eux seuls près de 80% de la production mondiale. Parmi ces pays, sept seulement assurent les quatre cinquièmes du total de l'OCDE. Il s'agit du groupe du G7 formé des Etats-Unis, du Japon, de l'Allemagne, de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Italie et du Canada. Quatrième exportateur mondial, la France joue un rôle important dans les échanges internationaux. Elle fait partie des quelque dix pays dont le revenu annuel par habitant dépasse les vingt mille dollars (par comparaison, celui d'un Polonais est onze fois moindre). Les Etats-Unis et le Japon réalisent à eux deux plus de 55% de la production des 7.

On ne s'étonnera pas, dans ces conditions, de voir à quel point les pays développés dominent les échanges mondiaux (à plus de 70%). Cela ne saurait durer. Le monde désormais, s'organise autour de trois pôles géographiques : la vieille Europe avec l'Allemagne pour chef de file ; l'Amérique du Nord avec les Etats-Unis, le Canada et le Mexique ; l'Asie, dont le Japon reste l'élément dominant. Ce qui frappe aujourd'hui, c'est que les échanges inter-Pacifique surpassent les échanges inter-Atlantique. Autrement dit, le développement économique s'opère à une vitesse folle en Asie* sans que l'Europe semble y prendre garde. L'Europe qui pourrait bien s'écrouler comme s'écroulèrent d'autres empires à travers l'histoire.

* La Chine connaît, aux dépens des conditions de travail et de sécurité, des taux de croissance vertigineux (de l'ordre de 13%) et celui des pays de l'Asie de l'Est a été, au cours des années 80, le double de celui des pays de l'OCDE. Avant l'an 2000, cette région pèsera d'un poids égal à celle de l'Europe.