Assises 2004

Eglises, Mouvements et Associations
en quête de réconciliation et de paix

8-10 octobre 2004 à Clermont-Ferrand
ASSISES DE LA FÉDÉRATION PROTESTANTE DE FRANCE

Une contribution française et protestante
à la décennie du Conseil Oecuménique des Eglises

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Dimanche 24 février 2002

Corinne AKLI, pasteur de l'Eglise réformée de France à Aubervilliers
et Jean-Pierre STERNBERGER, pasteur de l'Eglise réformée de France et animateur biblique en région parisienne.
avec Irène DROIT et J.Jacques KOUAME, lecteurs.

Genèse 4,1-17
Luc 22,36-38 et 49
" Du champ de Caïn au jardin des oliviers "

MUSIQUE : Higelin - Aï 1729562

- Bruits de guerre et de violence. Dans une trentaine de minutes le bulletin d'information se fera l'écho des tensions qui agitent notre monde. Pouvons-nous faire comme si nous ne les entendions pas ?
Comment surmonter la violence ? Et d'abord, aurait-elle une signification ?

- Ce matin, avec une équipe de prédicateurs et de biblistes de la région parisienne, nous vous proposons un voyage : du champ de Caïn au jardin des oliviers.

- Mortel combat du frère qui ne domine pas le mal couché à sa porte. Violence refusée par Jésus qui rengaine la haine de Pierre, recolle l'oreille de Malchus.

- Que le Seigneur bénisse cette journée qui commence et qu'il bénisse ce temps que nous mettons à part pour retrouver des chemins de réconciliation et de paix.

MUSIQUE : Yannick Noah - plage 7 - SAN 49970962

Voici un poème de Stan Rougier d'après le Psaume 37 :

- N'entre pas dans le jeu des méchants
Ne te venge pas de ceux qui t'ont fait du mal
Ils se fanent aussi vite que l'herbe coupée
et se dessèchent comme le vert des prairies.

- Compte sur Dieu, agis dans la droiture.
Habite la terre et vis l'instant présent.
Mets en Dieu toute ta joie.
il comblera les désirs de ton cœur.
Va ton chemin à la trace de Dieu.
Compte sur Lui,
Il agira.
Il fera réussir ce qui te convient le mieux
comme Il fait naître le jour.
Il fera éclater ton bon droit
comme la lumière du midi.

- Repose-toi sur le Seigneur dans le silence.
Fais-lui confiance
Ne sois pas troublé par le secret de l'ambitieux,
celui qui use d'intrigues pour arriver.
Ne te laisse pas gagner par la colère,
renonce à la vengeance.
Ne te révolte pas, cela redouble le mal.

- Les teigneux courent à leur perte.
Ceux qui espèrent en Dieu,
le monde leur appartient,
Encore un peu de temps et la brute n'est plus là.
Tu te demandes ce qu'elle est devenue,
elle a disparu.

- Heureux les humbles,
ils recevront la terre en héritage,
ils seront comblés d'une si grande paix !
- L'adversaire de Dieu complote dans le dos du juste,
il s'exaspère contre lui.
Cela n'impressionne pas le Seigneur !
Il sait bien que les jours du tyran sont comptés.
Les va-t-en guerre tirent l'épée.
Ils usent de violence contre le petit et contre le pauvre.
Ils s'en prennent aux innocents.
- Celui qui tire l'épée périra par l'épée !

MUSIQUE : Yannick Noah - plage 7 - SAN 49970962

- Que celui qui a des oreilles pour entendre entende, au livre de la Genèse 4, v1-17, l'histoire de mon frère, cet ennemi.

Abel était éleveur de moutons et de chèvres, Caïn était agriculteur.
Au bout des jours, Caïn apporta des fruits de la terre en offrande à l'Eternel.
Abel apporta lui aussi des premiers-nés de son bétail avec leur graisse.
L'Eternel fit attention à Abel et à son offrande mais à Caïn et à son offrande, il ne fit pas attention.
Caïn fut très en colère, il faisait la tête.
l'Eternel dit à Caïn : "Pourquoi es-tu en colère ? pourquoi fais-tu la tête ? C'est sûr, tu aurais meilleure mine si tu faisait bien mais si tu ne fais pas bien…
A l'entrée, le péché est couché, il te désire. Toi, domine-le.
" Caïn dit à Abel son frère …
et voilà, quand ils étaient dans le champ, Caïn se dressa contre Abel son frère, et le massacra.
L'Eternel dit à Caïn : "Où est Abel ton frère ?"
Il dit : "Je ne sais pas ; est-ce que par hasard, je serais gardien de mon frère ?"
Il dit : "Mais qu'est-ce que tu as fait ? La voix du sang versé de ton frère crie depuis le sol jusqu'à moi.
Maintenant, tu es maudit du sol qui a ouvert sa bouche pour recevoir le sang de ton frère que tu as versé. La prochaine fois, quand tu le cultiveras, il ne te donnera plus son énergie. Tu seras nomade et vagabond sur la terre."
Caïn dit à l'Eternel : "Ma faute est trop lourde à porter. Voici, tu me chasses aujourd'hui loin de la surface du sol et loin de ta face je serai caché, je serai errant et vagabond sur la terre, mais voilà ce qui arrivera, quiconque me trouvera me massacrera."
L'Eternel lui dit: "Si c'est comme ça, quiconque massacre Caïn, sera puni sept fois ".
L'Eternel mit un signe sur Caïn pour que quiconque le trouve ne le frappe pas.
Alors, Caïn sortit loin de la face de l'Eternel. Il habita au pays de Nod, à l'est d'Éden.
Caïn coucha avec sa femme ; elle devint enceinte et enfanta Hénoc.
Il fut bâtisseur de ville, et il appela cette ville du nom de son fils Hénoc.

MUSIQUE : Yannick Noah - plage 1 - SAN 49970962

- Cette histoire de Genèse 4, c'est une histoire pleine de trous. Comme un film dont on aurait perdu des morceaux de pellicule ; un roman dont les pages auraient été arrachées. On a l'impression qu'il manque quelque chose et même quelque chose d'important.

- Moi, j'aimerai bien savoir pourquoi Dieu ne fait pas attention à l'offrande de Caïn. Le texte est muet, malgré tout ce qu'on a voulu lui faire dire. J'aimerai connaître ce que Caïn et Abel se sont dit dans le champ. Le texte ne le dit pas. Comment Caïn a pu attirer Abel dans son champ ? Et qu'a-t-il fait de son corps, après ?

- Caïn mon frère, mon semblable aide-moi à relire ton histoire, ton drame. Que s'est-il passé pour que surgisse cette bouffée de violence qui fera de toi le premier de tous les meurtriers ? De quel conflit non résolu, de quelle injustice non réparée, de quelle parole ou de quel affront a jailli ton geste irrémédiable ? Tu étais si triste, ton visage abattu, comment as-tu pu perdre la face devant ton frère, devant ton Dieu ? Et cette porte, pouvais-tu la refermer avant que ne surgisse la bête immonde, le désir du sang ?

- Et Adam et Eve, comment ont-ils réagi face au drame ? Le texte ne le dit pas. Je voudrais savoir d'où vient cette femme que Caïn épouse et qui n'est ni sa mère, ni sa sœur, j'aimerais savoir comment elle s'appelle... Mais c'est comme si toutes ces choses qui nous intéressent, n'avaient aucune importance pour l'écrivain biblique.

- Nous ne saurons que ce que le texte nous dit et nous devrons nous en contenter, nous en savons suffisamment.

- Que celui qui a des oreilles pour entendre entende l'histoire de la première mort et du tout premier crime, l'histoire de Caïn, fils d'Eve, fils de Dieu.

- Qu'est-ce qui nous est dit ?
D'une part, et en très peu de mots, le déroulement des faits. Très peu de mots. Aucun détail. Comme si le nombre de mots était compté ou comme si l'auteur souhaitait juste dessiner un cadre pour autre chose.
Autre chose. Oui, c'est autre chose qui occupe la plus grande partie de notre texte : les paroles que Dieu adresse à Caïn à trois moments de son histoire :
- au temps de la colère, de la préméditation, de la tentation AVANT le meurtre,
- puis au temps de la dénégation et de la fuite, alors que Caïn croit encore pouvoir cacher son geste,
- enfin au temps de l'attente d'une sanction, quand Caïn a peur de ne pouvoir survivre dans un monde où quiconque le trouvera pourra le tuer.
Trois temps où nous voyons successivement Caïn comme un être tenté, un être fuyant, un être qui a peur.

MUSIQUE : Yannick Noah - plage 1 - SAN 49970962

Nous sommes tous des assassins ! C'était le titre d'un film.
Comme Caïn, nous sommes tous des enfants d'Adam, fils et filles de l'union de l'homme et de la femme. Comme Caïn nous sommes tous à un moment de notre histoire tentés, lâches ou effrayés.
Les paroles que Dieu adresse à Caïn il me les adresse à moi aussi, à toi :
Pourquoi es-tu en colère ?
Pourquoi fais-tu la tête ?

- Que celui qui a des oreilles pour entendre entende Dieu le Vivant qui s'adresse à Caïn le Vivant.

- Lui qui n 'a pas jeté un regard favorable aux offrandes de Caïn, il lui adresse la Parole ?
Il met des mots sur ce sentiment qui agite Caïn, ce sentiment qui survient toujours après ce que nous considérons comme une injustice, une frustration. Cette révolte a un nom "colère et abattement". Dieu nomme le danger.

- Le texte ajoute une connotation amoureuse, une fascination du désir. C'est un verset parallèle à la phrase que Dieu dit à Eve au moment de son départ du jardin : " Vers ton homme ira ton désir, mais lui, il te gouvernera " (Gen.3 vl6) et ici : " A l'entrée le péché est là, couché à ta porte. Il te désire mais toi, gouverne-le."
C'est un passage difficile à traduire, à comprendre. L'entrée, c'est une ouverture, une bouche, une porte, un seuil. Passé ce seuil, c'est la spirale de la violence.

- Tapi dans l'ombre de la porte quelque chose ou quelqu'un est couché prêt à bondir, prête à assaillir celui qui osera faire le pas décisif. C'est la première fois que ce mot "péché" entre dans la Bible. Contrairement à nos souvenirs, ce n'est pas avec Adam, ni avec Eve que le péché fait son entrée mais ici, avec Caïn.

- Avec le péché arrive aussi la première faute d'orthographe de la Bible, ce n'est pas rien : un mélange des formes masculines et féminines, une faute d'accord, une faute de genres. Ce péché - chose ou animal, masculin et féminin - est sur le point d'entrer.

- Mais CaÏn aurait pu résister ! Il aurait pu ne pas toucher à cette porte, ne pas laisser la chose l'envahir.

- Caïn n'est pas condamné à commettre le mal, il peut le maîtriser.
Il ne tient qu'à lui de se montrer plus fort que le désir projeté sur lui.
Seule la réponse du désir de Caïn au désir du péché peut donner naissance à la violence.
Comme dans un film fantastique de la série des "Allien", un être inconnu et menaçant tente de pénétrer l'univers de Caïn. Cette "chose" est pleine de désir.

- Alors, " en voix off ", Dieu éveille le soupçon.
Le visage de Caïn est penché vers le sol, attiré vers le trou béant de l'ouverture. Il faudrait qu'il redresse son visage, qu'il ne croise pas le regard mortifère du monstre.

- De notre côté, nous disons combattre la violence, nous approuvons à voix haute les déclarations de l'ONU et du Conseil Oecuménique des Eglises pour une décennie contre la violence. Mais, en secret, nous savons bien que nous subissons une irrésistible attirance pour ce fruit défendu. Nous en sommes si friands qu'un film sans coups de feu, sans règlements de compte, sans voitures incendiées, sans frayeur ni palpitation nous semble insipide, et un journal télévisé sans catastrophe, sans émeute, sans attentat nous donne l'impression que les journalistes n'ont pas bien fait leur travail.

- Cette parole de Dieu à Caïn, il pourrait bien la redire à chacun de nous " en voix off " quand la colère ou le désir de nuire ou le désir de mort risquent de nous submerger : "Toi tu peux rester maître de la situation tu n'es pas obligé de réagir à l'injustice par la violence, tu peux trouver mieux."

MUSIQUE : Yannick Noah - plage 1 - SAN 49970962

- Maintenant, le sang d'Abel est versé, Caïn semble dans un état second, à demi-conscient de son acte. Surpris, stupéfait. Dieu revient lui parler. C'est la deuxième fois.
Où est Abel ton frère ?
Je ne sais pas, répond Caïn. Le temps utilisé marque l'incertitude du temps.
Je n'ai pas su, et si je l'ai su, je ne le sais plus. Amnésie ? Hypocrisie ?
Ou plutôt incapacité là encore à faire face, de voir le mal face à face.

- Moi non plus, quand je fais le mal je n'arrive pas à l'affronter, à l'intégrer. Cela demeure comme en dehors de moi. La colère peut me mettre hors de moi. Je ne sais plus ce que je fais parce que je ne supporterai pas de le savoir. Le bourreau ne peut savoir ce qu'endure sa victime ; s'il ressentait cette douleur il serait obligé de la faire cesser.
Nous mettons parfois des dizaines d'années pour affronter notre propre histoire tant elle est douloureuse. Nous préférons faire comme si rien ne s'était passé. L'oubli est un refuge.

- Après tout, sommes-nous gardiens de nos frères ?
Sommes-nous responsables et avons-nous à répondre de ce qu'il se passe au Rwanda, au Tchad, au Soudan, en Chine ou en Palestine, en Afghanistan ou à Manhattan ?

Nous ne savons pas où sont passés nos frères, nous nous en doutons bien un peu, nous savons même très bien comment faire pour en savoir plus.
Mais nous ne pouvons pas supporter le mal face à face.
Dieu, lui, sait où est Abel. Il ne peut faire autrement.
Il entend la plainte qui monte de la terre.

- Que celui qui a des oreilles pour entendre entende aussi le cri du premier mort et de la toute première victime, l'histoire d'Abel, frère de Caïn, fils d'Adam et Eve, fils de Dieu.

MUSIQUE : Yannick Noah - plage 1 - SAN 49970962

- Nous arrivons à la troisième parole de Dieu à Caïn.
Quelle va être la punition qui sanctionnera le premier crime de l'humanité ?
Caïn a peur mais Dieu ne s'acharne pas sur le sort du meurtrier.
Ce ne sera pas : "œil pour œil, dent pour dent, vie pour vie". Il lui laisse la vie sauve.
Mais le sol a ouvert la bouche.
Je vous l'ai dit c'est une histoire pleine de trous.
Après le monstre couché à l'ouverture, après les trous de mémoire, il y a cette autre ouverture la bouche du sol béante comme une bouche de métro. Un trou sombre et sanglant. Après s'être abreuvé du sang d'Abel, le sol maudit Caïn et refuse de se laisser dompter. Caïn ne sera plus cultivateur.

- De même qu'il a couvert de vêtements de peaux Adam et Eve pour les protéger à l'extérieur du jardin d'Eden, Dieu va maintenant poser sur Caïn un signe de protection. Certes il sera banni à cause du sol et du sang versé, mais il sera protégé à cause de Dieu.

- Le signe est accompagné d'une promesse : si quelqu'un venait à toucher à sa vie, Dieu lui-même interviendrait. Il promet de le venger sept fois, une plénitude, un chiffre placé là pour bien montrer que désormais CaÏn est intouchable. Dieu lui-même prend sa défense.

- Il lui fait grâce. Une nouvelle chance, un nouveau départ. Caïn quitte le lieu de son crime pour s'éloigner vers l'Est. Un nouvel avenir s'ouvre pour lui. Il va poser les fondements d'une ville en l'honneur de son fils, ce nouvel homme qui vient de naître. La troisième génération ne s'installera ni au jardin, ni aux champs, ni au désert mais dans une ville qui se bâtit avec ses relations sociales, commerciales, culturelles, humaines... A nouveau tout est possible, l'histoire s'ouvre sur l'infini des possibles.
C'est une histoire sans fin.
Une histoire pleine de trous, comme un film dont on aurait perdu des morceaux de pellicule, un roman dont il faudrait inventer une suite.

MUSIQUE : Yannick Noah - plage 1 - SAN 49970962

- On pourrait s'arrêter là. Tout est dit. L'histoire se finit bien : Dieu ne réclame pas vengeance. Il brise l'engrenage. Il place le meurtrier sous sa protection et lui offre une seconde chance.

- Est-ce que ça veut dire que les humains ne changeront jamais ? On peut continuer à s'entretuer et Dieu à chaque fois viendra nous tendre la main ? Lui " il peut tout, il n'est que bonté" et nous, nous ne pouvons pas changer !

- C'est cela continuons à nous blesser, à nous déchirer, à battre nos enfants et comptons sur l'éternelle bonté du Seigneur ! Non, c'est trop facile.
L'histoire de Caïn n'est pas là pour cautionner notre propre violence mais pour la démasquer.

- En fait, nous n'avons toujours pas résolu la question de fond :
Caïn aurait-il pu refermer la porte ? Y a-t-il une fatalité à la violence ?
Est-ce possible de résister à la chose monstrueuse qui pousse au crime, n'y a-t-il personne qui soit capable de refermer la porte ouverte par Caïn ?

- Jésus nous propose cette alternative à la violence. Il nous faut quitter le champ cultivé de Caïn, et avancer vers une colline toute proche de Jérusalem, un jardin clos planté d'oliviers.

- Que celui qui a des oreilles pour entendre entende l'histoire du complot et de l'embuscade au jardin des oliviers.

- Juste avant son arrestation, Jésus avait prévenu ses disciples, Luc 22 v36?38 :
" Que celui qui n'a pas d'épée vende son vêtement et en achète une. Car, l'Ecriture déclare "il a été considéré comme un voyou et bien, c'est moi qui vous le dit, c'est ce qui va m'arriver très bientôt.
Pour moi, c'est la fin.
Ils lui disent : Seigneur, voici deux épées. Et Jésus répond : ça suffit "

- Voilà Jésus est sur le seuil. Jusque là ses compagnons n'avaient aucun besoin d'argent, de provisions, ni d'armes, mais les temps changent. Le moment crucial arrive, Jésus va être traité comme un malfrat. Les épées sont prêtes.
Jésus entre ensuite dans le jardin des oliviers. Judas le rejoint, accompagné d'une garde armée. Il embrasse Jésus. C'est le signal pour les attaquants.

" Ceux qui sont avec Jésus demandent : Seigneur, frapperons-nous avec l'épée ?
L'un d'entre eux frappe le serviteur du grand prêtre et lui tranche l'oreille droite. Arrêtez, dit Jésus et, touchant l'oreille de l'homme, il le guérit. " Luc 22 v49.

- Dans l'évangile de Jean, ce serviteur s'appelle Malchus, et Jésus ajoute, en s'adressant à Pierre : "Rengaine ton épée, remets-la en place". Le geste fatal a été stoppé net. Jésus rengaine la haine de Pierre, il recolle les morceaux. L'ouverture se referme. Le mal commis est réparé.

- Alors, que celui qui a des oreilles pour entendre entende l'histoire du premier qui dit non à la mort, l'histoire de Jésus, fils de Dieu.

- Cette porte fermée, c'est un non à la brutalité. Comme une preuve qu'il est possible, même au cœur du plus sombre conflit de dire : stop la violence. Il est possible de surmonter le goût du sang et de la vengeance.
Pas de légitime violence. Pas de " c'est lui qui a commencé. " Pas non plus " c'est affreux... On a tué des innocents... " Comme s'il était permis de tuer des coupables !
L'attitude de non-violence n'est ni une faiblesse ni un masochisme, mais une redoutable insolence vis à vis de l'adversaire et une arme terriblement efficace si on en juge d'après la suite : le troisième jour, ce sera le putsch de la résurrection, la victoire sur la mort et son pouvoir.
Pour moi, se présenter de face, tendre l'autre joue c'est avoir ce courage de regarder l'autre dans les yeux et c'est ce croisement des regards qui nous désarme. Dans ce regard je ne vois plus simplement mon ennemi mais aussi un frère.

- En fait, déjà depuis Caïn et Abel, nous nous trompons d'ennemi.
Le véritable adversaire c'est ce mal qui nous pousse hors de nous-mêmes, ce réflexe de colère qui nous submerge. La violence est souvent engendrée par une situation insoutenable, une fascination non-dévoilée, un désir non-maîtrisé.
Je crois qu'il nous est possible de maintenir la porte fermée. Ne pas céder à la pression, résister au mal. Bien sûr, le Seigneur nous aime et il nous pardonnera si nous défaillons mais il est venu nous montrer lui-même le chemin à prendre.

- Jésus ne nous dit pas de ne pas avoir d'ennemis, au contraire pour arriver à les aimer, il faut bien en avoir, des ennemis. Par contre, il montre comment les combattre sans se nuire à soi-même, sans se rendre coupable, sans entrer dans le jeu "infernal" de la vengeance.
Rengaine ta haine, range ton épée.

MUSIQUE : Yannick Noah - plage 7 - SAN 49970962

Avant de nous séparer sous la bénédiction du Seigneur, je vous propose l'exhortation que Paul adresse aux Galates (Gal 5 vl3-14) :
"Quant à vous, vous avez été appelés à être libres. Seulement, ne faites pas de cette liberté un prétexte pour vivre selon les désirs de votre propre nature. Au contraire, laissez-vous guider par l'amour pour vous mettre au service les uns des autres. Car toute la loi se résume dans cette seule parole : aime ton prochain comme toi-même."

- Et qui est mon prochain ?

- Suis-je le gardien de mon frère ?

- Toute la loi se résume dans cette seule parole : " Aime ton prochain comme toi-même. "

- Que le Seigneur vous bénisse et vous garde, qu'il vous accorde la paix et la force de son esprit, dès maintenant et à jamais.

MUSIQUE : Higelin - Aï 1729562 - plage 1


MEDITATIONS RADIODIFFUSEES
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