Assises 2004

Eglises, Mouvements et Associations
en quête de réconciliation et de paix

8-10 octobre 2004 à Clermont-Ferrand
ASSISES DE LA FÉDÉRATION PROTESTANTE DE FRANCE

Une contribution française et protestante
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Femmes et violences

Par Christiane DELTEIL

Une violence peut en cacher une autre. L'insécurité grandit, le sentiment d'insécurité se répand, lui-même accru par les discours "sécuritaires". Pas un journal télévisé qui ne relate quelque fait divers : violences urbaines, incendies de voitures, vols, cambriolages, agressions, etc...
Les violences faites aux femmes commencent tout juste à sortir de l'ombre : incestes, violences conjugales, viols, harcèlement moral ou sexuel, etc... Il en est qui restent masquées: l'une dont la société semble s'accommoder car elle concerne "le plus vieux métier du monde" : la prostitution; d'autres moins visibles encore : l'esclavage que l'on croyait révolu depuis son abolition et qui réapparaît dans nos pays des droits de l'Homme sous la forme d'exploitation sexuelle ou d'exploitation par le travail clandestin.
Il importe de démasquer cette face cachée de nos sociétés et de révéler toutes ces souffrances enfouies, ainsi que les mécanismes qui engendrent et perpétuent ces situations et que nous n'avons pas à subir comme des destins.

I - Le dévoilement de ces violences

La prise de conscience de l'ampleur des violences faites aux femmes et leur condamnation, à la fois dans les mentalités et dans le droit, sont très récentes.
On a tenté d'expliquer ce fait par le silence des femmes victimes qui ne dénonçaient pas les violences qu'elles subissaient.
Mais ce silence s'inscrit dans une longue histoire d'inégalités entre les hommes et les femmes et de domination des hommes sur les femmes, ce que Françoise Héritier, anthropologue, nomme "la valence différentielle des sexes" dans son livre "Masculin, féminin, la différence des sexes".
Comment dénoncer ce que jusqu'à très récemment la loi et les mours admettaient et admettent encore dans de trop nombreux pays ? Ainsi, ce n'est qu'en 1975 en France, patrie des droits de l'homme, donc de l'égalité inscrite au frontispice de nos mairies qu'a été abrogé "l'article rouge" du code pénal (art 324) qui excusait le meurtre commis par son conjoint sur son épouse ou sur sa complice surprise en flagrant délit d'adultère au domicile conjugal. Auteur d'un crime dit "passionnel", ce meurtrier plus malheureux que coupable ne devait être puni que d'un léger châtiment.
Les victimes se confiaient à des proches. Elles parlaient, mais leurs paroles n'étaient pas entendues et entendables car comme le dit Liliane Daligand : "la violence nous rend sourds, aveugles et muets". Et la violence envers les femmes était admise socialement et culturellement.

Ce n'est donc pas un hasard si la mobilisation contre les violences faites aux femmes a émergé dans les années 70 dans un contexte de féminisme militant.
C'est d'abord pour faire prendre en compte la gravité de l'acte de viol et pour obtenir sa condamnation que la mobilisation des mouvements féministes, dont le Mouvement Jeunes Femmes, s'est organisée dans les années 75. Il fallait s'opposer aux mythes fortement ancrés qui font du viol une "exception", un "accident", un évènement dans lequel d'ailleurs la victime a une part de responsabilité. ( - elle l'a bien cherché - elle faisait de l'auto-stop - elle n'est pas vierge - elle s'habillait de façon provocante, etc...). Quant à l'auteur, on parlait de pulsion sexuelle irrésistible. Il faudra attendre 1980 pour que le viol devienne un crime défini comme " tout acte de pénétration sexuelle de quelque nature qu'il soit commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace, surprise".

Tout au long des années 80 et 90, la dénonciation des violences n'a cessé de progresser. Elles ont fait l'objet d'études et de recherches en France, mais aussi en Europe et lors des grandes conférences mondiales de l'ONU consacrées aux droits des femmes. En novembre 1993, lors de la Convention de l'ONU sur l'élimination des violences faites aux femmes, l'ONU en donne la définition suivante dans sa déclaration finale :
"La violence faite aux femmes désigne tout acte de violence fondé sur l'appartenance au sexe féminin, causant ou susceptible de causer aux femmes des dommages ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, et comprenant la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée" .

II - L'ampleur et la diversité de ces violences

La violence à l'encontre des femmes représente une masse terrifiante d'actes et de faits: harcèlement, agressions sexuelles, viols, viols par incestes, violences conjugales, homicides, et encore de nos jours pour certaines populations, mariages forcés, meurtres d'honneur, mutilations génitales, sans parler des violences que constituent la prostitution, la pornographie et les intégrismes religieux.

Le Secrétariat d'Etat aux Droits des femmes et à l'Egalité a fait procéder à une enquête nationale qui s'est déroulée en l'an 2000 sur les violences envers les femmes, auprès d'un échantillon représentatif de 7000 femmes âgées de 20 à 59 ans.
Au moment de l'enquête, de nombreuses femmes ont parlé pour la première fois des violences qu'elles avaient subies. L'enquête met en lumière l'importance du mur de silence. Les violences conjugales, les plus nombreuses, sont aussi les plus cachées : plus de deux femmes sur trois avaient gardé le silence. Au cours des douze mois précédant l'enquête, une femme sur dix vivant en couple a révélé avoir été victime de violences, soit si on extrapole 1 350 000 femmes.

Il n'existe pas de portrait type des femmes victimes de violence conjugale. Cette violence traverse tous les milieux sociaux mais deux fois plus les jeunes (20-24 ans) que leurs aînées.
La femme peut être atteinte dans son intégrité physique ou psychique. La violence conjugale a un coût psychologique, familial et social élevé, les enfants étant eux-mêmes témoins ou /et victimes.
Les femmes subissent également des violences dans la rue et au travail sous forme d'injures, d'agressions ou de harcèlement moral et/ou sexuel.
2,9% des femmes, soit toujours par extrapolation 50 000 femmes, disent avoir été victimes d'un viol sur les douze derniers mois. 72% des sondées, victimes d'un viol avant l'âge de 15 ans, n'en avaient jamais parlé. Or, seuls 8 000 viols sont déclarés.

Il est une violence qui se banalise de plus en plus, c'est celle de la prostitution. Sous la pression de certains pays européens et en particulier les Pays-Bas, la prostitution tend à devenir un métier comme un autre, les prostituées devenant des "travailleuses du sexe" et les proxénètes des "marchands du sexe".
Or, aujourd'hui comme l'a montré une mission d'information parlementaire présidée par Christine Lazerges, alors députée de l'Hérault, chargée de mesurer l'ampleur du phénomène et dont le rapport a été publié, nous n'avons plus à faire face seulement à une prostitution classique mais à une traite massive de femmes des pays les plus pauvres vers les pays riches et ce dans le cadre du travail forcé, du mariage forcé et de la prostitution. Tous les pays sont concernés, en tant que pays pourvoyeurs, pays de destination ou encore pays de transit.
La prostitution est aujourd'hui largement étrangère et fortement organisée en réseaux.
En général ce sont des femmes jeunes dont certaines sont mineures même s'il n'est pas toujours possible de s'en assurer, puisque leurs exploiteurs leur ont confisqué tous leurs papiers d'identité. Ces femmes ont été bernées par des promesses de travail, ou bien savaient qu'elles devraient se prostituer mais n'imaginaient pas les violences qu'elles auraient à subir. Car il y a un vrai marché aux esclaves. Certaines sont vendues, revendues jusqu'à une dizaine de fois, violées, battues pour les casser. Elles sont constamment en proie à la peur, peur de leurs exploitants, peur de finir en prison comme irrégulières, peur que leurs familles subissent des représailles si elles dénoncent leurs conditions de vie.
C'est l'atteinte à la dignité la plus grave qui soit car la personne prostituée - femme ou homme, car il y a aussi une prostitution masculine - n'est plus une personne mais est utilisée comme une marchandise et un objet de gain.
Il en est de même pour l'esclavage dit domestique dénoncé en France par le Comité contre l'esclavage moderne, qui a révélé son existence, et a reçu depuis sa création trois cents victimes. Les victimes sont en majorité des femmes et des fillettes recrutées dans les pays du tiers monde, essentiellement Afrique et Sud-Est asiatique. On les retrouve le plus souvent en banlieue, dans les grands ensembles, non scolarisées et s'occupant exclusivement des enfants des employeurs et des tâches domestiques. Ce sont les victimes les plus exposées aux maltraitances :

58% ont subi des violences, 25% ont été violées et 11% ont été torturées.
20% sont employées par des diplomates ou du personnel d'ambassade protégés par leur immunité de juridiction.

Les moyens dont disposent les pouvoirs publics pour lutter contre ces diverses formes d'esclavage ne sont pas à la hauteur de la gravité de la situation : les réponses répressives se heurtent à des obstacles tant juridiques que pratiques ; quant à l'aide aux victimes, elle présente de graves lacunes.

Certes la France a aboli l'esclavage au XIXe siècle et l'a déclaré crime contre l'humanité par une loi du 21 mai 2001, mais nous pourrions reprendre cette phrase d'Henri-Frédéric Amiel qui écrivait en 1852:" nous avons aboli l'esclavage, mais sans avoir résolu la question même : en droit, il n'y a plus d'esclaves, en fait il y en a ". De même, nous pourrions dire, en France, nous avons aboli la prostitution, mais sans avoir résolu la question même.

L'arsenal juridique est inadéquat car l'esclavage, déclaré crime contre l'humanité, n'est caractérisé comme tel, que s'il y a un plan concerté dirigé contre un groupe de population dans son ensemble. Il est donc inapplicable aux cas individuels et à la traite des personnes.

III - L'interprétation de ces violences

Peut-être faut-il rappeler une notion simple et fondamentale : la violence, nous la portons chacun, chacune en nous. Elle nous habite. Elle se manifeste en particulier dans notre rapport ambivalent à autrui : l'autre est ressenti comme une menace et nous souhaitons l'éliminer en raison de sa différence, mais en raison même de cette différence il nous attire et notre désir nous porte vers lui ou vers elle. Nous le savons depuis le mythe d'Adam et d'Eve, et celui de Caïn et d'Abel. Nous y sommes plus sensibles encore depuis la découverte de la psychanalyse. L'humanité étant sexuée, les rapports entre hommes et femmes ne peuvent être exempts de violence.

La violence à l'encontre des femmes n'est pas un phénomène nouveau. C'est un phénomène mondial qui s'accompagne d'une tolérance officielle, sociale et surtout culturelle. C'est pourquoi la prise en compte de ces violences a été d'abord l'ouvre de mouvements féministes, en particulier pour les violences à l'encontre des femmes au sein de la famille. A Pékin, sous leur pression, le droit des femmes a été reconnu comme faisant partie intégrante des droits universels de l'Homme. En même temps devant l'universalité des abus contre les femmes, tant dans les pays industrialisés que dans les pays en voie de développement, il est reconnu dans la plate-forme d'action de Pékin que la violence vient essentiellement du statut inférieur des femmes dans leur famille et au sein de la société.

L'article 5 de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'encontre des femmes précise "Les préjudices et pratiques coutumières sont fondés sur l'idée de l'infériorité ou de la supériorité de l'un ou de l'autre sexe". Une des causes fondamentales des violences faites aux femmes est liée au pouvoir, aux privilèges et au contrôle masculin.

Une des formes les plus redoutables de ce pouvoir et de ce contrôle tient à l'utilisation de la religion. Une des violences les plus massives à l'égard des femmes à l'échelle de la planète se trouve aujourd'hui exercée et légitimée au nom de la religion. On pense en premier lieu à diverses formes d'islamisme, et à l'application de la charia dans certains pays musulmans. Sous des formes qui peuvent paraître plus policées, la religion, y compris chrétienne, cautionne en divers lieux la discrimination et l'exclusion à l'égard des femmes tout en prétendant honorer leur dignité. Elle a contribué par le passé, et contribue encore trop souvent, à faire intérioriser par des femmes des attitudes de dépendance, des comportements de soumission, plus que de dénonciation et de révolte. S'il est vrai que nous, protestants, avons fortement progressé vers la reconnaissance de l'égalité entre femmes et hommes, sommes-nous sûrs d'être affranchis d'un modèle masculin du pouvoir: l'idée que la figure symbolique du pouvoir et de l'autorité est une figure masculine ? Et comment cette idée, profondément intériorisée, ne rejaillirait-elle pas subtilement sur nos pratiques ?

C'est la définition de la masculinité dans son rapport à la féminité qui devrait être toute entière interrogée. La culture dont nous avons héritée a fait en sorte que les hommes entretiennent avec le pouvoir comme avec la sexualité un rapport différent de celui des femmes. Comment joue cette différence ? Pourquoi le désir de l'un s'impose-t-il trop souvent à l'autre ? Comment échapper à ces mécanismes par lesquels la différence entretient , reproduit, légitime toujours à nouveau de l'inégalité ? Car nul n'a droit à l'autre et nul n'a droit sur l'autre. Le rapport à l'autre devrait se vivre dans un échange égalitaire et non dans un rapport de domination qui implique toujours un rapport de violence.

La vision évangélique est à cet égard porteuse d'une nouveauté radicale par son message d'égalité.

Lors d'une conférence-débat organisée à Paris le 6 décembre 2000 par le CNIDFF (Centre national d'information sur les droits des femmes et des familles) sur le thème "La violence interdite", dans le cadre de la campagne européenne "Tolérance zéro", Annie Guilberteau, Directrice adjointe, soulignait avec force le lien entre les violences faites aux femmes et les structures de nos sociétés :
" La violence exercée contre les femmes n'est pas une série d'actes individuels. C'est en quelque sorte une maladie "sociale" entre grands guillemets. Une maladie sociale qu'une société inégalitaire dans la reconnaissance des droits de la personne humaine produit de façon spécifique envers les femmes, lorsqu'il s'agit d'inégalités dans les rapports sociaux de sexe, mais de façon plus générale envers certains groupes sociaux... Les violences exercées contre les femmes ont un fondement commun : la domination sexiste. Elles sont à lire dans la structuration même des liens sociaux, qui souvent altèrent la liberté des femmes, leur sentiment de sécurité et leur sentiment de confiance en elles. Elles sont à lire dans la répartition sexuelle des rôles, qui favorise encore la subsistance de rapports inégaux entre femmes et hommes et se joue la plupart du temps en défaveur des femmes. Elles sont à lire dans le poids d'une Histoire qui, à travers son organisation juridique, a longtemps privé les femmes de droits et les a considérées comme mineures à vie ".

Cette analyse féministe des causes et origines des violences faites aux femmes a des conséquences directes sur la manière de prévenir les phénomènes de violences et d'accueillir, d'aider et d'accompagner tant les victimes de violences que leurs auteurs.

Quelques pistes de travail

Quelles pourraient être à cet égard les tâches des Eglises, institutions, oeuvres et mouvements de la Fédération Protestante ?
Je propose quelques pistes :

  • Nommer de façon explicite ces violences, les rendre visibles, ne pas les banaliser, ne pas leur trouver d'excuses et inciter à ce qu'elles soient sanctionnées pénalement dans ce lieu solennel qu'est un Palais de Justice, car comme le soulignait Anne D'Hauteville lors d'un colloque Jeunes Femmes intitulé "Les femmes et la justice" : "Rendre la justice, c'est d'abord dire le droit, dire l'interdit, faire le partage entre ce qui est permis et ce qui est interdit, dire l'intolérable, indiquer qui est auteur, qui est victime... C'est faire circuler la parole, c'est dire les choses à la place de la violence. Car seule la parole peut écarter la violence puisque la violence nie la parole".
  • Offrir aux victimes et aux auteurs de violence un lieu d'écoute et de parole.
  • Démasquer les formes d'inégalités qui subsistent dans notre société, tant dans le domaine politique malgré la loi sur la parité que dans le domaine du travail (où les femmes subissent davantage que les hommes la conjugaison pauvreté, précarité, temps partiel, bas salaires), et dans la sphère domestique (où elles continuent à assurer 8O% des tâches).
  • Se saisir de l'ensemble du dossier de la prostitution à partir de l'éclairage qu'apporte l'Evangile : affirmation de la dignité de la personne humaine qui ne saurait être confondue avec la liberté illimitée du désir, refus de considérer le corps comme de la marchandise, refus de considérer la prostitution comme un mal nécessaire.
  • Réfléchir aux formes spécifiques que revêt la violence religieuse dans ce domaine des violences faites aux femmes (ex : utilisation des Ecritures à des fins de légitimation de la prédominance masculine - travail sur notre langage et nos représentations dans la liturgie, dans la prédication, dans la catéchèse, dans la formation théologique ainsi que dans les parcours de formation des responsables des œuvres et mouvements....).
  • Pourquoi cette violence, phénomène mondial et millénaire, a-t-elle été et continue-t-elle à être aussi massivement tolérée dans toutes les sociétés ?

    - Y a-t-il un lien entre ces violences et la différence dite « naturelle » des sexes ?
    - Y a-t-il des formes spécifiquement religieuses de violences ou de discrimination à l’égard des femmes, y compris dans nos propres Eglises ?
    - Quelles initiatives vous semblent prioritaires aujourd’hui en vue de l’engagement des Eglises dans la lutte contre ces violences (par ex : violences conjugales, prostitution, etc…) ?

En définitive, la violence à l’égard des femmes ne saurait être considérée ni comme l’addition de comportements individuels ni comme un problème spécifique aux femmes. C’est un problème global, inscrit dans l’organisation même de notre société.

Comment conjuguer liberté et égalité dans notre rapport à l’autre ? Telle est la grande question, qui est devant chacun, chacune de nous individuellement, et devant nous collectivement. Les Eglises ont à y apporter leur contribution spécifique.

Christiane DELTEIL

Bibliographie :
Françoise Héritier : Masculin- Féminin, La pensée de la différence. Paris, Ed. Odile Jacob, 1996.
Revue Esprit : L’un et l’autre sexe. N°3-4, mars-avril 2001

Christine DELTEIL, mariée, 3 enfants, et des petits-enfants
Présidente du Centre d’Information sur les droits des femmes et des familles (C.I.D.F.) de l’Hérault; Formatrice au Mouvement Jeunes Femmes; Membre du Conseil Economique et Social de la Région Languedoc-Roussillon
A été membre du Conseil Régional de l’Eglise réformée de France de la région Cévennes-Languedoc- Roussillon; présidente du DECAUMA, ancien département des Centres et Mouvements de la FPF et catéchète d’adolescents(es).