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Relations avec les Eglises chrétiennes

Questions pratiques

Baptême

  • Que dois-je faire pour me faire baptiser chez les réformés ou les luthériens ?

Réponse : Si vous êtes déjà baptisée dans une autre Eglise, l'Eglise réformée ou luthérienne ne vous rebaptiseront pas. Elles considèrent en effet que le baptême est le même dans toutes les Eglises chrétiennes pour autant qu'il ait été fait au nom du Père, du Fils et du St Esprit.
Si vous n'êtes pas baptisée ou si vous désirez devenir membre d'une de ces deux Eglises, il vous suffit de prendre contact avec un pasteur qui vous accompagnera dans une intégration ecclésiale soit par une préparation au baptême, soit par un accueil liturgique au cours d'un culte par exemple.

 

  • Est-il possible de célébrer un baptême protestant et un baptême catholique en même temps ? Un pasteur et un prêtre peuvent-ils les célébrer ensemble ?

Réponse : Il y a reconnaissance mutuelle du baptême entre les Eglises protestantes et catholiques.
Il y a cependant des compréhensions différentes de l'Eglise qui nous entraînent à célébrer le baptême chacun au sein de l'Eglise à laquelle il/elle appartient : le baptême protestant dans la communauté protestante (mais un prêtre peut être invité et participer, sauf à l'acte même du baptême), le baptême catholique dans la communauté catholique (mais un pasteur peut être invité et participer, sauf à l'acte même du baptême).
Il s'agit ainsi de concrétiser le fait que le baptême est une insertion dans l'Eglise de Jésus Christ dont le visage immédiat est une communauté concrète, donc soit catholique soit protestante.
Pour les protestants, il est important que le baptême ait lieu pendant le culte où la communauté est rassemblée car c'est la communauté qui rend visible l'Eglise dans laquelle le baptisé est inséré. Cette communauté rassemblée prend d'ailleurs elle aussi un engagement lors du baptême de l'enfant.
Ce principe est rarement transgressé (le sens du baptême en serait affaibli) sauf pour des cas spéciaux (maladie, handicap…) sur autorisation des conseils presbytéraux. Dans ce cas, des représentants de la communauté protestante se déplacent pour signifier l'engagement de l'Eglise auprès du baptisé. C'est en tout cas ainsi dans l'Eglise réformée de France.   
Pour les catholiques, la présence du prêtre et la famille peuvent suffire à signifier l'Eglise mais il faut que ce soit dans un lieu de culte catholique, et l'on tient à ne pas mélanger les rituels.  
Si, au sein d'une même famille par exemple, on souhaite lier « symboliquement » un baptême catholique et un baptême protestant, une solution (à la fois pratique et pédagogique) est la suivante : faire deux célébrations successives (là, on n'a pas le choix) mais de les vivre ensemble, les enfants protestants (leur famille et leur pasteur) assistant et pourquoi pas participant à la liturgie du baptême de l'enfant catholique ; puis les enfants catholiques (leur famille et leur prêtre) assistant et pourquoi pas participant à la liturgie du baptême des enfants protestants.
Ce « chemin » peut être vécu négativement comme le résultat d'une concurrence non résolue entre nos Eglises ou au contraire, il peut être posé comme une beau signe de reconnaissance et d'échange mutuelle dans une diversité réconciliée.


 

Cène-eucharistie

 

 

  • Que faire des enfants lors de la célébration de la Cène ? Les ignorer ? Les faire participer ?

Réponse : Le dossier de l'accueil des enfants à la cène est complexe.
Il y a plusieurs options selon les Eglises.
En général, pour les Eglises évangéliques de professants, ne participe à la cène que ceux qui sont baptisés et ont professé leur foi. Les enfants sont donc exclus bien qu'ils soient intégrés dans la vie de l'Eglise, car ce qui prime c'est la décision personnelle d'accueillir Jésus Christ dans sa vie personnelle et le discernement du corps et du sang du Seigneur. C'est à ce moment là qu'ils sont baptisés (souvent adolescents ou adulte), qu'ils deviennent membres de l'Eglise et sont accueillis à la cène.
Les Eglises luthériennes et Réformées pratiquent le baptême des enfants. La conception du chrétien est moins individualiste que les Eglises de professants : les enfants de parents chrétiens sont baptisés car ils sont considérés comme faisant partie de l'alliance de Dieu avec son peuple, comme les enfants d'Israël faisaient partie du peuple de Dieu dès leur naissance dans la première alliance. Ce qui les fait enfants de Dieu, ce n'est pas d'abord la décision personnelle (bien qu'elle comptera plus tard) mais le fait de naître dans le peuple de Dieu et la décision de Dieu de les accueillir dans son peuple. Puisqu'ils sont membres de l'Eglise, ils devraient pouvoir partager la cène qui est le repas de la marche chrétienne (comme tout le peuple d'Israël, même les enfants, partageait la manne au désert). Il faut cependant les former (nécessité de la catéchèse) pour qu'ils apprennent à « discerner le corps du Seigneur » (selon l'expression de l'apôtre Paul). Cette formation passe par la catéchèse et attend souvent que l'enfant soit conscient et ait lui-même personnellement professé sa foi avant d'être accueilli à la cène. Pendant ce temps intermédiaire (dans les Eglises luthériennes, mais aussi anglicanes), les enfants peuvent s'avancer à la cène et reçoivent une bénédiction de la part de Dieu, le pasteur prie courtement pour eux.
Aujourd'hui, des enfants ont parfois très tôt une foi très consciente. Dans certaines Eglises, après une préparation spéciale, ils peuvent parfois être accueillis à la cène, même s'ils n'ont pas terminé leur catéchèse (vers 15 ou 16 ans).
L'Eglise catholique a à peu près la même pratique que les Eglises luthériennes et réformées, sauf que l'âge d'accueil est en général plus tôt.
Quant à l'Eglise orthodoxe, elle donne l'Eucharistie à l'enfant dès son baptême. Cependant par la suite, les croyants (même adultes) participent peu à l'eucharistie car il est exigé une préparation très rigoureuse intégrant la confession et de jeûne.

Mariage

  • Mariage… mixte ? œcuménique ? interconfessionnel ? interreligieux ?

Pour les protestants, il y a mariage quand une femme et un homme se donnent librement leur parole, leur confiance et leur fidélité, et s’engagent dans la durée devant la société (ou ses représentants).
Les époux arrivent donc déjà mariés à l’Eglise ou au Temple.
S’ils sont chrétiens, la célébration religieuse de leur mariage ajoute une dimension : elle exprime leur reconnaissance devant Dieu, avec la communauté de l’Eglise qui les accueille.
Les paroles de bénédiction attestent que Dieu fait route avec eux comme il fait alliance avec l’Eglise et toute l’humanité.
Le mariage et sa célébration religieuse sont préparés par plusieurs entretiens avec le pasteur et/ou des membres de l’Eglise.

Si les deux époux ne sont pas protestants ...

Les Eglises protestantes les accueillent et les accompagnent volontiers. Dans les entretiens préalables, on aborde leur cheminement spirituel, on travaille sur l’authenticité de leur démarche, ils prennent connaissance des convictions de l’Eglise qui les accueille.
S’ils viennent d’une autre Eglise chrétienne, on veille aux bonnes relations avec celle-ci, par exemple en invitant les mariés à reprendre contact avec leur Eglise d’origine.
Certaines Eglises (évangéliques) insistent pour que les deux mariés aient une réelle conviction chrétienne, un engagement sérieux dans l’Eglise ou tout au moins une recherche spirituelle. Elles sont d’autant plus réticentes envers toute demande formelle.

Si l’un des époux n’a pas de conviction chrétienne …

Les Eglises protestantes l’accueillent volontiers.
Elles préparent le mariage en veillant à ce que les convictions de chacun (celles de chaque conjoint et celles de l’Eglise) soient respectées, notamment dans la célébration religieuse du mariage.
Dans la préparation avec les mariés, on évoque l’engagement du conjoint chrétien dans la famille, dans l’Eglise ou dans la société, ainsi que sa liberté de témoignage, notamment auprès des enfants.

Avec les pratiquants des autres religions…

Les Eglises protestantes luthériennes ou réformées accueilleront fraternellement le pratiquant d’une autre religion.
Dans la préparation, elles évoqueront avec le couple la manière de vivre au quotidien deux religions différentes, dans l’accord ou la confrontation, et l’importance du lien de chacun avec sa communauté humaine et religieuse.
Elles attireront l’attention sur la liberté du témoignage de chacun, notamment dans l’éducation des enfants, et sur la liberté de choix des enfants.
Les Eglises protestantes évangéliques émettront de plus fortes réticences si l’un des époux est pratiquant d’une autre religion.

Si l’un des époux est chrétien catholique, orthodoxe ou anglican...

Les Eglises protestantes luthériennes et réformées invitent le conjoint non-protestant à prendre contact avec son Eglise afin qu’il y ait une reconnaissance réciproque (avec les catholiques* et anglicans) ou tout au moins une complémentarité (avec les orthodoxes**).
Que la célébration se passe à l’Eglise catholique (selon le rite catholique) ou à l’Eglise protestante (selon le rite protestant), le pasteur et le prêtre collaborent dans la préparation et la célébration autant qu’il leur est possible et dans le respect des convictions de chacun.
Avec les mariés, ils réfléchissent notamment au témoignage de leur différence dans l’éducation de leurs enfants, chacun apportant auprès d’eux la spécificité de sa foi.
Les mariés sont invités à rejoindre des groupes de foyers interconfessionnels, lieux d’échange et d’accompagnement.
Les Eglises protestantes évangéliques émettent une plus grande réserve sur des cérémonies interconfessionnelles mais elles accueillent généralement la participation d’un prêtre lors d’une célébration chez elles.

Voir aussi :

- le site de l'Association Française des Foyers Mixtes interconfessionnels Chrétiens

En cas de mariage des divorcés …

Le mariage d’un couple dont l’un est divorcé (ou les deux) n’est pas impossible.
En effet, sans cautionner le divorce, les Eglises protestantes prennent en compte le fait qu’un mariage peut échouer.
Un nouveau mariage suppose d’avoir clarifié l’histoire de l’échec vécu. Des paroles de consolation et de pardon peuvent éventuellement être prononcées.
Les entretiens de préparation aident à intégrer cette histoire et à donner du sens à un nouveau mariage « devant Dieu ».
La situation familiale particulière des nouveaux conjoints et leurs enfants est évoquée.
*Pour les catholiques, il s’agira, avec l’aide du prêtre, de demander une dispense canonique.
**Pour les Orthodoxes, le rite du couronnement est la partie centrale de la cérémonie de mariage et en fait son caractère sacramentel. Il est incontournable.

MARIAGE MIXTE JUDEO-CHRETIEN

Côté Juif : Il ne peut y avoir de célébrations type célébration Œcuménique que nous pratiquons régulièrement entre chrétiens.
Pour le judaïsme la célébration de mariage est essentiellement juive, car le contrat de mariage ( "Ketubah") "n'engage les deux parties que si elles sont juives "( Rabbin Michel Libermann de l'ULIF).
Pour qu'un tel mariage puisse avoir lieu, il faut donc que la partie non-juive se convertisse et pour cefaire suive une longue instruction religieuse.

Côté Protestant :

Toute célébration ne peut se faire sans un accueil de la tradition de l'autre, et au coup par coup, sachant que, bien souvent, même s'il se sent accueilli dans son irréductible différence, le juif se sentira un peu seul, bien souvent lâché par les siens.
Reste dans ce cas, mais c'est aussi valable pour les célébrations œcuméniques, la question des enfants qui se posera tôt ou tard et qui n'est pas mince.
Seront-ils élevés dans la foi chrétienne ou la foi juive, baptisés ou circoncis pour les garçons ?

Pour aller plus loin, on peut conseiller la lecture du petit livre de Pierre CHOUCHAN, Couples mixtes pour le meilleur et pour le pire. Voyage dans l'intimité des familles juives et non-juives, Romillat, 2000, qui comporte en annexe des témoignages de prêtres, de pasteurs et de rabbins.

Documentation

Revue des Foyers Mixtes n°127-128
Ce bulletin trimestriel et international, donne des nouvelles des groupes de foyers interconfessionnels et de leur rassemblement au Rocheton. Il offre des textes de réflexion, il répercute l'appel lancé aux responsables des Eglises sur l'impossible Eucharistie commune pour ces couples, et les réponses des Eglises. Le Conseil des Eglises chrétiennes en France suit le dossier.
2 place Gailleton, 69002 LYON

 

 

Echange de chaire ?

  • Faut-il supprimer les échanges de chaire ?

Pour l'Eglise catholique, le Directoire œcuménique semble tranchant :
son §134 dit : « Pour la liturgie eucharistique catholique, l'homélie, qui fait partie de la liturgie elle-même, est réservée au prêtre ou au diacre, car elle est la présentation des mystères de la foi et des normes de la vie chrétienne en accord avec l'enseignement et la tradition catholique. »

Mais ce n'est pas si simple, le Directoire invite à « tenir compte des contextes locaux pour appliquer ce texte » (§31). Il note que souvent les situations oecuméniques sont sans précédent. Il faut donc inventer avec discernement (§30) pour aller dans le sens de la communion. C'est pourquoi les évêques ont promulgué des directives propres à la France les 20-21 décembre 1993 sur ce sujet, qui rend légitime l'invitation d'un pasteur à « commenter la Parole de Dieu au cours d'une eucharistie. »
Voici le texte : « La pratique qui s'est répandue en certaines régions que nous avons pris l'habitude d'appeler « échanges de chaire », si elle relève de formes de la prédication, ne peut définir ce que l'Eglise catholique appelle « homélie liturgique » », « Si, au cours d'une eucharistie, le prêtre qui la préside a invité un pasteur à commenter la Parole de Dieu, il adressera aux fidèles, en accord avec le pasteur, quelques mots pour le présenter et le remercier, et marquer le caractère exceptionnel de cette prédication. Ainsi, le célébrant maintiendra l'unité de l'enseignement et de l'unique sacrifice du Christ qui sont rendus présents dans le mystère de l'eucharistie ». Directoire œcuménique, p.34.

in : Directoire œcuménique : Conseil pontifical pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens, Paris, Cerf, 94.

Autres questions

  • Pourquoi, en France, les Eglises protestantes s’appellent-elles « Temples » ? 

Réponse : Si les Eglises protestantes en France s’appellent souvent « Temple », c’est le fruit d’une histoire religieuse très conflictuelle.
En effet, à l’époque de la Réforme, pendant les guerres de religions puis pendant les persécutions, le catholicisme a refusé d’appeler « Eglises » les bâtiments des protestants et les ont désignés par « temple », comme les temples païens.
Les protestants se sont appropriés ce terme qui les arrangeait bien pour se distinguer d’un catholicisme persécuteur.
L’appellation est restée.
Pour certains théologiens, d’un point de vue strictement théologique, il faudrait inverser les appellations. Il serait plus juste de dire « église » pour les protestants à cause de leur compréhension du lieu de culte comme lieu de rassemblement de l’ecclésia. Et il serait plus juste de parler de « Temple catholique » puisque pour les catholiques, il est le lieu de la présence de Dieu (dans la permanence du saint sacrement) même en dehors du rassemblement de l’ecclésia.
Mais ces remarques théologiques ne résistent pas au poids historique et sociologique. On parle toujours de « temple protestants » dans une grande partie de la France. Cependant pas partout. Par exemple, les Alsaciens qui n’ont pas la même histoire religieuse, parlent d’ « Eglise » et non de « Temple ».