La migration n'est pas un délit

Conférence des Églises européennes - 12e Assemblée, Trondheim, Norvège 27 juin 2003

Irlande du Nord ; migrations en Europe ; les Eglises et le VIH ; les Eglises comme communautés de guérison ; les Eglises et les régions baltiques ; le marché Européen, un marché aux esclaves ? ; la bioéthique ; la réconciliation minorités/majorités ; diaconie à l'échelle européenne ; le témoignage des Eglises dans une société d'information ; les Eglises et la recherche de la paix ; le développement durable ; la guérison des mémoires ; pour une économie au service de la vie ; l'inter-religieux ; défis économiques, environnementaux et sociaux de l'Europe de l'Est, autant de carrefours préparatoires pour la 12ème Assemblée de la Conférence des Eglises Européennes (KEK).

Ces carrefours (« Hearings ») sont la première étape de la réflexion de l'Assemblée. Ils sont ouverts à tous et animés par les associations partenaires en prise directe sur le terrain avec les défis de l'Europe.

Un exemple est le carrefour sur les migrations, présidé par le Dr Anne Marie Dupré de la CEME, Commission des Eglises pour les Migrants en Europe. On a pu y entendre les témoignages concrets du travail au Royaume-Uni, en Grèce et en Espagne.

Le combat des chiffres, les contradictions des politiques d'Etat dominées par le tout économique et la lutte contre la tentation de faire des migrants des sous-personnes sont à l'ordre du jour.

L'ébauche de politique européenne proposée à Thessalonique est inquiétante. On salue l'opposition de l'Allemagne et de la Suède aux propositions du Royaume-Uni.

Les migrants clandestins ne choisissent pas leur situation. Ils n'ont pas d'autres choix. Ils recherchent la sécurité et des perpectives d'existence en quelque sorte « humaines » dans nos pays qu'ils savent plus riches.

Ils sont sans doute trompés par les filières mais aussi par les états qui entretiennent une ambiguïté. Les pays sont tributaires de la migration irrégulière : aucun pays de l'UE qui n'emploie des illégaux. On en veut pas mais on en profite.

Ils ne sont pas des criminels, la migration n'est pas un délit. Pourtant les politiques des Etats se radicalisent de manière inquiétante. Les propositions du Royaume-Uni à Thessalonique sont jugées scandaleuses.

Quelques principes affirmés avec force devraient servir de base à l'engagement des Eglises :

- on criminalise les migrants. Il n'y a pas de personnes illégales, seulement des personnes en situations irrégulières. L'opinion en a peur. C'est aux Eglises d'éduquer les mentalités autrement

- il n'est pas juste que des personnes ayant tout perdu soient encore rejetées. Il faut les aider et les régulariser. Les Eglises ont à lutter pour la dignité des migrants et faire campagne pour des traitements justes et égaux des demandeurs d'asile. Valoriser par exemple le Protocole de New York 1997 (détention seulement en cas de menace de sécurité) contre les tentations des Etats d'enfermer les migrants dans des camps à l'intérieur et maintenant à l'extérieur de l'Europe

- il faut tenir compte de leurs compétences et ne pas les sous- employer

- il faut refuser l'amalgame « demandeurs d'asile/migration économique »

- il faut encourager les Etats à signer la Convention pour la Protection des Droits des Migrants qui entre en vigueur au 1er juillet.

Les carrefours se poursuivent. Les membres de l'Assemblée peuvent ainsi participer à plusieurs d'entre eux.

Pour plus d'information :http://www.cecassembly.no

Source(s) : KEK;CONFERENCE DES EGLISES EUROPEENNES;
Date de parution : 27 juin 2003