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Les Gens du Voyage

par le pasteur Christian D’hont, de la Mission évangélique des Tziganes de France

Sur les grandes lignes politiques d'intégration, à ce jour, aucune d'entre elles n'a pris en compte la spécificité de notre mode de vie quelles que soient les obédiences. Il est vrai que le nomadisme et le fait de vivre en caravane pose beaucoup de questions au monde sédentaire :
d'où viennent-ils ?
Que font-ils ?
Où vont-ils ?

Aujourd'hui, le fait d'être à un endroit est un délit et encore bien plus le fait d'annoncer l'évangile qui pour la plupart sonne comme du prosélytisme ou de la vision d'une secte.

Notre église Vie et Lumière, membre de la Fédération Protestante de France depuis 1975, est toujours en but à cette politique de rejet dissimulé par le fait de l'opposition des Maires à la création d'églises locales.

Le rejet de l'implantation des chapiteaux en période estivale, la non reconnaissance de nos ministères par les administrations et obédiences, et pour certains cas très minimes, le refus d'enterrer nos défunts sont hélas bien réels.

Il arrive que certains tziganes, manipulés, en arrivent à la violence auprès de nos responsables. Le fait de la différence pose des problèmes même au sein de nos communautés.

La législation concernant le scolaire, à ce jour, nous pénalise de plein fouet : la décision d'inscription pour scolariser nos enfants dépend de l'autorisation de la Mairie. En effet, seul le Maire a le pouvoir de nous donner l'autorisation de stationner. L'un ne va pas sans l'autre. D'après le rapport Delamon, 70 à 80% de nos enfants sont analphabètes.

En France, le racisme est connu face aux populations émigrantes tandis que le racisme vécu par les Gens du Voyage français est sous-jacent et d'une réalité de plus en plus visible.

En résumé, cette situation devrait évoluer sachant nous comprendre au travers de nos différences. Tant que les Gens du Voyage auront ce semblant de liberté, l'annonce de l'Evangile sera encore une vraie valeur de notre démocratie.

 

Christian D'HONT
2004