Extraits de la brochure "la sexualité, pour une réflexion chrétienne", publiée par la Fédération Protestante de France en 1975

Il n'y a pas d'indications directes dans l'Ecriture sur la limitation des naissances. Ce problème ne préoccupait pas les contemporains des écrivains bibliques. Ils avaient au contraire envie et souci d'une descendance nombreuse, signe et preuve de la bénédiction de Dieu. La terre était faiblement peuplée. La mortalité était élevée. L'éducation des enfants se faisait au sein des familles et des tribus. N'entraînant pas de dépenses, les enfants garants de la survie familiale, constituaient, au contraire, une main d'oeuvre indispensable. Et surtout Israël, communauté patriarcale, puis messianique, devait se perpétuer jusqu'a ce que ses enfants, au jour du Seigneur,voient l'accomplissement des promesses faites à leurs pères. Les problèmes étaient alors posés par ces malédictions qui avaient nom : célibat, veuvage, stérilité. Il en va tout autrement pour nous qui vivons dans un contexte diamétralement différent.

L'homme a reçu mission de Dieu de gérer la terre, de la dominer pour l'humaniser. Alors que sa trop grande fécondité risque de menacer gravement la survie de l'humanité, l'homme a le devoir de maîtriser cette fécondité. Même si notre pays est à même d'accueillir encore un grand nombre d'enfants, l'explosion démographique mondiale nous concerne aussi. Nous devons en partie notre niveau de vie à l'explosion du tiers monde. Ce tiers monde a faim. Nos enfants mangent le pain d'enfants vivant dans des régions défavorisées.

Les recherches scientifiques, les progrès techniques sont donc dans la ligne de l'obéissance à Dieu, tant que l'homme peut les maîtriser pour les mettre au service de sa mission de dominer la terre afin de la rendre habitable.

Dans la fidélité à l'Esprit de l'Evangile, nous sommes donc conduits à indiquer les voies nouvelles.

Méthodes de contraception - Il parait inutile de rappeler la différence fondamentale qui sépare, en matière de contraception, l'Eglise catholique des Eglises protestantes. Pour la première, la seule contraception envisageable est celle dite naturelle (observation des périodes fécondes, méthodes des températures ou méthode d'Ogino) ; il est vrai que de nombreux catholiques se sont résolus, parfois avec un profond déchirement, à ne pas se soumettre aux impératifs du magistère. Il en va tout autrement pour les protestants. Nous ne voyons pas de différence, au niveau des intentions, entre les méthodes de contraception naturelles et artificielles (orale, mécanique, intra-utérine, etc.), les seuls critères à retenir étant :

- l'innocuité pour les deux partenaires comme pour les enfants ultérieurement conçus ;

- la réversibilité, c'est-à-dire la possibilité du retour à une fécondité normale ;

- le degré d'acceptation et de tolérance pour l'un et l'autre des partenaires ;

- la simplicité d'emploi et le coût de la contraception choisie, en fonction du niveau social et économique.

Cependant nous n'avons pas plus à imposer nos options que n'ont à tenter de dévaloriser les méthodes contraceptives ceux qui y sont idéologiquement opposés.

En tout état de cause, il importe qu'existe une information très large, simple et démythifiante, à laquelle chacun puisse sans honte recourir.

On peut aussi souhaiter, dans les années qui viennent, la mise au point d'une contraception masculine, de type "pilule", qui aurait le double avantage de ne pas bouleverser les cycles physiologiques féminins, et de pouvoir faire partager équitablement au sein du couple la responsabilité de la conception.

Source(s) : BIP;
Date de parution : 1975