Tout en continuant à affirmer que la Fédération protestante de France n'a pas le monopole de la représentation du protestantisme en France, l'Assemblée générale de la Fédération protestante de France réunie le18 et 19 mars 2000 recommande au Conseil d'engager avec détermination et confiance les églises et Institutions, Oeuvres et Mouvements de la FPF à s'ouvrir au dialogue avec les églises et mouvements n'appartenant pas actuellement à la Fédération protestante mais souhaitant s'en rapprocher dans une perspective d'adhésion ou non.
Elle partage le constat que les dialogues qui ont déjà eu lieu ne peuvent être poursuivis exclusivement entre responsables «au sommet» car ils ne permettent pas d'évaluer notre capacité à vivre ensemble concrètement le projet fédératif tel que définit par la Charte.
Elle estime donc nécessaire d'organiser au niveau local des dialogues construits autour de projets communs engageant chacun des acteurs comme de véritables partenaires. Elle accepte que ces dialogues conduisent chacun non seulement à approfondir ses propres convictions et fidélités mais aussi à ne pas craindre d'en être transformé voire bousculé.
Elle considère que pour mieux intégrer cette démarche comme une chance pour la Fédération protestante de France, il convient de prendre du temps pour ces dialogues et de les construire avec exigence et rigueur sur une période d'au moins 3 ans. Pour ce faire elle demande au Conseil de définir un cadre et des procédures pour mener ces dialogues, les suivre, les évaluer et envisager les perspectives d'aboutissement, notamment en terme d'adhésion.
Synthèse conjointe des rencontres FPF/ADD, à la suite des 21 séances entre le 10-9-1990 et le 4-6-1996 sachant que :
1-1. Partageant la même foi dans notre commun Sauveur, nous découvrons le besoin que nous avons les uns des autres dans nos complémentarités par :
1-1-1. la prise de conscience au sein du Protestantisme de nos racines communes dans leur expression historique et théologique.
1-1-2. le fondement commun unique de la Bible et son oeuvre dans chaque coeur par le Saint-Esprit.
1-1-3. la prise en compte des différences d'expression comme enrichissement par un dialogue constructif.
1-2. Ce temps a permis de faire émerger dans le dialogue un certain nombre de différences que nous avons reconnues sur les plans dogmatique, socio-culturel, etc.
1-3. Il nous a permis de :
1-3-1. mieux définir les termes de ces différences afin que celles-ci ne restent pas des obstacles subjectifs insurmontables a priori.
1-3-2. nous familiariser dans le langage et la compréhension des expressions propres à chaque groupe.
1-3-3. découvrir une évolution importante et continuelle chez chacun.
2-1. Etant un lieu de dialogue et de partage, elle nous permet de :
2-1-1. repérer les différends dont on n'ose pas parler.
2-1-2. d'expliciter les prises de position de la FPF et dialoguer sur ce qu'elles impliquent.
2-1-3. d'ouvrir au témoignage commun chaque fois que cela est possible.
2-2. Un certain nombre d'actions déjà effectives peuvent être développées, notamment :
2-2-1. favoriser les partenariats de mission par le Service Protestant de Mission.
2-2-2. bénéficier de l'aide et des conseils éventuels de la FPF pour une démarche administrative.
2-2-3. faciliter la collaboration en matière de mise à disposition de lieux de culte.
3-1. Elles seraient membres d'une Fédération officiellement reconnue par les pouvoirs publics.
3-2. Elles seraient associées à l'élaboration des prises de position de la FPF (par exemple sur des problèmes de société).
3-3. Elles bénéficieraient d'un élargissement de leur propre témoignage (aumôneries, médias, etc.)
3-4. Elles connaîtraient une intensification du dialogue et de la communion avec l'ensemble des oeuvres et mouvements protestants.
3-5. Elles recevraient de la FPF toute aide éventuelle en matière de démarches administratives, d'informations juridiques et autres.
4-1. Elle élargirait la représentativité de la FPF en France et dans le monde francophone.
4-2. Elle bénéficierait de la sensibilité, de la dynamique, du travail, de l'expérience, par l'apport dans le concert fédératif du principal mouvement pentecôtiste de France.
4-3. Elle amplifierait sa présence dans l'annonce de l'Evangile en milieux difficiles.
5-1. Le décodage des termes et des langages pour permettre un dialogue ferme et vrai dans le respect des identités sans cesse en évolution (cette évolution demeure notre grande découverte commune !)
5-2. L'acceptation d'une dynamique de solidarité dans le respect des différences au sein de la FPF (par exemple : légitimité de donner une parole publique).
5-3. La reconnaissance, au sein de la FPF, de la pluralité des interprétations de l'Ecriture et des pratiques ecclésiales (eschatologie, effusion de l'Esprit, baptême, etc.) :
5-4. La relation et le dialogue avec les autres confessions chrétiennes.
5-5. La distinction entre l'évangélisation (proclamation de l'Evangile) et le prosélytisme (recrutement pour sa propre confession).
5-6. Nous reconnaissons en commun que les hommes et les femmes ont une place entière dans la mission de l'Eglise. Cependant nous avons encore à débattre de leur rôle respectif dans les ministères, en fonction de ce que nous recevons chacun de la lecture des Ecritures.
5-7. Il nous reste, sur le terrain, à oser nous inviter entre communautés pour une connaissance mutuelle concrète.
6-1. Nous trouvons déjà un intérêt certain à être ensemble, à partager l'évangile que nous avons tous reçu, et à expérimenter en tel ou tel lieu des liens de partenariat et d'action commune.
6-2. Nous pensons pertinent de dire notre référence biblique commune. Témoigner de l'Evangile aujourd'hui et répondre aux situations intolérables nous deviennent une urgence et un défi communs.
Le Comité de dialogue FPF/ADD
La demande d'adhésion à la Fédération protestante de France et les contraintes d'organisation ecclésiale qu'une telle demande exigerait sont l'affaire des Assemblées de Dieu.
Il est cependant clair que les Eglises membres de la FPF ont entre leurs mains les moyens, soit d'encourager la réussite de ceux aux sein des ADD qui souhaitent cette adhésion, soit de conforter par leur attitude les plus réticents. La méconnaissance, voire la méfiance réciproques demandent que soient conduits des dialogues qui n'intéressent plus seulement le niveau national, mais concernent les niveaux régionaux et locaux, s'il est souhaité qu'une telle démarche aboutisse et se traduise dans les faits.
Au regard des grandes affirmations traditionnelles de la foi (sola fide, sola scriptura ..), les ADD ont sans conteste leur place dans la famille protestante. Mais ces Eglises ont le sentiment qui repose sur certaines réalités historiques d'êtres nées en France dans un contexte de rejet par les autres Eglises, et d'avoir donc dû par la force des choses se développer en ghetto. Cette situation ne les a pas empêchées de connaître un développement numérique exponentiel jusqu'à ces dernières années. Il faut beaucoup d'humilité dans ces conditions pour éviter la tentation de se croire les uniques bénéficiaires de la bénédiction de Dieu, la seule véritable Eglise de Jésus-Christ. Les conditions de ce développement expliquent pour beaucoup une absence de principes communs de discipline, rendant difficiles la gestion des conflits (fréquentes scissions), la mise en place d'un réel équilibre des pouvoirs entre laïcs et pasteurs (théocratie pastorale) et d'un processus de formation des clercs (formation sur le tas). On peut comprendre les difficultés qu'il y a à demander à des pasteurs ayant le sentiment d'une grande réussite spirituelle et en même temps d'une certaine pauvreté culturelle d'entrer en contact avec d'autres ayant un sentiment inverse. Les pasteurs ADD se méfient des intellectuels qui, à force de subtilité, finiraient par faire admettre tout et son contraire. Leur déficit institutionnel, l'absence de références théologiques depuis longtemps ressassées, ne les prédisposent pas à la nuance : ou bien c'est écrit dans la Bible et on sait à quoi s'en tenir, ou bien on n'en sait rien et la chose doit être laissée à l'appréciation personnelle. Les ADD sont donc très étonnées à la fois de ce que la FPF puisse émettre une parole publique sur des sujets qui leur apparaissent totalement mondains (le nucléaire, la Nouvelle Calédonie...) et qu'elle ne parvienne pas à des positions plus tranchées sur d'autres sujets (concubinage, homosexualité). La cohésion interne des ADD, qui sont toutes des Eglises indépendantes, sans règles s'appliquant à toutes, dépend de l'accord sur des principes simples et du silence sur tout ce qui est complexe. Il faut savoir que ce n'est que récemment que d'autres modes de fonctionnement que l'unanimité à main levée se font jour dans les conventions pastorales ADD. On pourrait comparer leur évolution à celle du Parti communiste... Les ADD craignent par dessus tout, dans leur système de compréhension d'une parole forcément unanime, que leur solidarité avec les positions prises par la FPF les conduise à des divisions internes.
L'arrivée aux postes de responsabilité de la deuxième génération de pasteurs, n'ayant pas connu les tribulations des origines, n'y est pas pour rien. Une réflexion sur la nécessité de l'institué pour s'établir dans la durée se fait jour. La situation de secte-ghetto devient insupportable à beaucoup. Le meilleur niveau de formation théologique des jeunes pasteurs leur fait approcher la complexité de certaines questions et apprécier la nécessité des nuances, concevoir une hiérarchie dans l'importance des points de doctrine. L'évolution va dans le sens du rapprochement. La FPF a déjà été confrontée à l'adhésion d'Eglises de mouvance pentecôtiste. L'adhésion éventuelle des ADD donnerait à cette théologie un poids considérable, ce qui peut éveiller des craintes chez certains. Il serait intéressant que la FPF lance un débat parmi les Eglises membres sur la question théologique qui, à mon sens, est la seule à faire problème : celle de la médiation et de la spontanéité dans la rencontre avec Dieu.
Après neuf années de rencontres assidues, je puis dire qu'il semble à l'unanimité des participants qu'entre eux tous les points traditionnellement litigieux entre les ADD et les Eglises regroupées au sein de la FPF ont pu être appréciés et qu'il serait donc temps de passer à l'étape suivante.
Celle-ci doit, nous semble-t-il, s'ouvrir par une demande officielle de la convention nationale des ADD d'entamer le processus d'adhésion à la FPF, et que cette convention nationale prenne les dispositions nécessaires à rendre impossible que des Eglises locales pentecôtistes puissent à la fois se réclamer des ADD et refuser les règles de la FPF si le processus venait à son terme.
Obtenir un tel résultat, souhaité par les membres ADD du groupe de dialogue, exige des Eglises membres de la FPF une attitude positive à l'égard des ADD au niveau local, se traduisant par une volonté effective de collaboration. Le groupe de dialogue souhaite donc être désormais mandaté pour:
Pasteur Serge Oberkampf,
responsable du groupe
Le comité plénier de l'UFB (Union franco-belge des Adventistes du 7ème jour) du 21 novembre 1995, ayant décidé d'introduire une demande d'adhésion auprès de la FPF, a demandé à celle-ci la marche à suivre pour ce faire.
Une commission de dialogue FPF - Adventistes a donc été formée par le Conseil FPF (soeur Bénédicte, Bernard Antérion, Jacky Argaud, Henri Frantz, Christian d'Hont, Michel Marlier, Christian Seytre) et - présidée par Jacques Stewart - une première rencontre a eu lieu le 31 mai 1996 avec la délégation UFB (Marcel Alphonso, Roberto Badenas, Bernard Cassard, Marcelle Guenin, André Phésor, Bernard Sauvagnat, Jimmy Trujillo, Maurice Zehnacker). Depuis cette première rencontre, le groupe s'est réuni régulièrement chaque trimestre (soit 4 fois par an), alternativement dans les locaux FPF et dans les locaux adventistes - dont une visite en septembre 98 au Centre universitaire et pédagogique de Collonges-sous-Salève, lieu de formation des pasteurs adventistes. Ce Centre est lié par des accords de reconnaissance des diplômes avec la Faculté de Théologie protestante de Strasbourg.
L'objectif de cette commission de dialogue, formée des deux délégations FPF et adventiste, était d'étudier et de vérifier la faisabilité d'une demande d'adhésion de la part de l'UFB. Ainsi, un sondage effectué le 7 mai 1997 sur l'opportunité d'une telle demande d'adhésion auprès des 235 délégués à l'Assemblée des Eglises adventistes de la Fédération France Nord (FFN) de Vittel, a obtenu les résultats suivants : 28 % favorables, 54 % défavorables, 17 % hésitants. Toutefois, le même sondage effectué quelques mois plus tard auprès des délégués de la Fédération France Sud donnait des résultats sensiblement différents : 60 % favorables, 23 % défavorables, 17 % hésitants. Lors d'un voyage en Martinique, notre Secrétaire général, Christian Seytre, a eu l'occasion de rencontrer des communautés adventistes (20 000 membres sur 400 000 habitants) et de se faire l'écho du dialogue de notre groupe de travail : l'accueil a été particulièrement favorable.
La délégation adventiste estime qu'aujourd'hui le climat est devenu plus serein sur le sujet, même au sein de la Fédération France Nord.
Partant de la Charte FPF, le dialogue a pu passer en revue les principaux points d'accord très fortement affirmés par la délégation adventiste (sola fide - sola gracia - sola scriptura). Ce qui a permis à la délégation FPF de commencer à poser des questions sur quelques points plus difficiles à comprendre, tels que l'impact de la pensée d'Ellen White, la place du sabbat et de l'eschatologie, la lecture actuelle d'une "Eglise du reste", les liens internationaux de l'organisation adventiste, etc.
Les perspectives de travail demeurent de vérifier, d'une part, la possibilité d'acceptation de la Charte FPF, et, d'autre part, son interprétation sur le terrain par la possibilité de travail et de solidarité au plan local, eu égard à un certain nombre de différences spécifiques incontournables et... l'impossibilité d'une telle démarche jusqu'à ce jour.
Pasteur Jacky Argaud,
responsable du groupe de
dialogue
Du côté FPF : EELF : Frédéric Kaltenmark ; ERF : Gill Daudé, Denis Heller, André Lanvin ; FPF : Christian Seytre, Danielle Jeanne ; FEEB : Etienne Lhermenault ; UECE : Laurent Burki
Du côté des Eglises de Pentecôte :
Eglises Foursquare : Thierry Bonhomme (Nice), Jean-François Gotte
(Tours), Dan Lucero (Nancy)
Communion des Eglises de l'Espace francophone : Roland Pons (Toulouse),
Jean-Hubert Mazel, Jean-Marc Potenti (Auch) ;
Fédération évangélique missionnaire : Daniel Gloeckler (Chalons-en
Champagne), Etienne et René Kennel (Besançon) ;
Vie chrétienne en France : Hanspetter Bolli et Vincent Esterman (région
parisienne).
Janvier 98 : présentation très rapide des 4 Eglises de Pentecôte ; présentation de la FPF (objectifs, fonctionnement, composition) ; présentation de Vie chrétienne en France ; avril 98 : présentation de l'EELF et de l'ERF ; présentation de la Fédération évangélique missionnaire ; étude de la Charte de la FPF ; septembre 98 : le statut de l'Ecriture ; présentation des Eglises Foursquare et de la Communion des Eglises de l'Espace francophone ; janvier 99 : le salut par grâce ; présentation de l'UECE (membre de la FPF et regroupant des ADD) ; juin 99 : la Cène ; octobre 99 : le baptême ; présentation de l'Eglise apostolique ; février 2000 : L'Eglise ; échanges sur perspectives et processus d'adhésion ; 6 juin 2000 : thème prévu : le Saint-Esprit.
- Communion des Eglises de l'Espace francophone (C.E.E.F.) :
14 Eglises principalement dans le Sud-Ouest et quelques-unes dans la partie sud. Les églises fondatrices du Mouvement apparaissent dans les années 1980, certaines d'entre elles issues du renouveau charismatique, sous l'impulsion d'une équipe de pasteurs appelée équipe « Néhémie ».
Traits du mouvement : Engagement missionnaire (COEF5) engagement social, réflexion sur le monde socio-professionnel. Formation des disciples, en lien avec JEM. Participation aux pastorales locales et au comité oecuménique régional (avec les catholiques). A fait une demande d'adhésion à la FPF en 1995.
- Eglises protestantes Foursquare France :
3 Eglises en France présentes depuis 1995. Mouvement pentecôtiste fondé par une femme aux USA dans les années 1920 (ministère pastoral féminin). L'appellation Foursquare se réfère aux 4 angles de la Bonne Nouvelle : Jésus guérit, sauve, baptise dans le St-Esprit, revient. L'identité protestante pour eux va de soi.
Traits du mouvement : Evangélisation par implantation d'Eglises. Désir de collaboration avec d'autres Eglises chrétiennes. Liberté et souplesse dans l'organisation de la vie des communautés locales.
- Fédération évangélique missionnaire (dite Eglise évangélique de Pentecôte de Besançon) :
20 à 30 Eglises dans l'est et le nord-est, à partir des années 1970. Marquée par René Kennel, ancien mennonite découvrant le pentecôtisme par les Tziganes évangéliques. Forte insistance sur l'évangélisation et peu d'intérêt pour les relations avec les autres Eglises jusqu'à leur classement dans le rapport Guyard. D'où les contacts avec la FPF et le reste du protestantisme pour se défendre. Les récents jugements sont en leur faveur (reconnaissance de l'aspect cultuel).
Traits du mouvement : Pentecôtisme classique et très structuré ayant peu de contacts avec les autres églises. Evangélisation sous tente.
Ils souhaitent le dialogue et l'échange avec la FPF, prennent conscience d'une nécessaire ouverture sur le plan national et local.
- Vie chrétienne en France :
20 Eglises en Région parisienne et un peu partout en France. Elles apparaissent au début des années 1990 dans l'effervescence charismatique. Marquées par un homme, Vincent Esterman, qui a eu un long ministère de pasteur pentecôtiste en Australie. Classées à tort dans le rapport Guyard. Les clarifications et rectifications ont pu être faites. Se reconnaissent dans les principes de la Réforme.
Traits du mouvement : dynamisme spirituel, insistance sur la louange et l'enseignement. Evangélisation. Sur le plan local, des relations se sont établies dans les pastorales et avec la communauté catholique. A demandé son adhésion à la FPF en 1995 en découvrant la réalité du protestantisme français.
- Finalité : chaque thème théologique est introduit par au moins 2 exposés (un membre de la FPF et un membre d'une des Eglises de Pentecôte). De bons échanges suivent où chacun s'exprime avec liberté et respect de l'autre. Elles disent apprécier le contenu, la qualité des échanges, la possibilité de mieux connaître les Eglises de la FPF (diversité interne, réalité des débats). Une certaine complicité au sein du groupe s'installe. Mais ces échanges «sympathiques» pourraient durer encore longtemps ! Quelles perspectives ? Quelle finalité ?
- Pluralisme et culture du débat : les convictions théologiques exprimées par les uns et les autres ne semblent pas faire problème. Elles s'inscrivent dans la diversité admise au sein de la FPF. Les 4 Eglises se retrouvent en plus ou moins grandes affinités avec les Eglises évangéliques, pentecôtistes ou charismatiques déjà présentes au sein de la FPF. Par contre, elles se préoccupent davantage des positions éthiques prises par la FPF. "Ce sont des éléments de réflexions, reflétant si possible la diversité fédérative mais une parole publique claire de la FPF est nécessaire" leur dit-on. Ce qu'elles entendent, et apprécient. Mais elles ont à apprendre la culture du débat et le pluralisme en leur sein et avec les autres.
- Les spécificités : chacune des Eglises de Pentecôte est différente par son origine, son identité, sa spiritualité, son organisation, son rapport avec les autres Eglises, sa démarche à l'égard de la FPF. Le fait de les réunir provoquent des découvertes entre elles. Des affinités et des liens existent déjà entre certaines. Comment respecter les démarches spécifiques, tout en poursuivant un travail commun ?
- Les relations avec les ADD : mis à part peut être Foursquare, chacune a son histoire particulière avec les ADD : Assemblées de Dieu (relations personnelles, dissidence, tension, choix différents). Ce passé ne peut être ignoré d'autant que les ADD sont en lien avec la FPF. Comment avancer avec les deux tout en étant facteur d'explication et de clarification ?
- Le contexte anti-secte : à chaque séance, la politique du gouvernement à l'égard des sectes est abordée. Certaines sont concernées. Elles sont reconnaissantes du soutien de la FPF (appui juridique, recommandations). Les tracasseries de l'administration, les complications fiscales juridiques les inquiètent. Il est évident que leur entrée éventuelle dans la FPF faciliterait leur existence. Leurs liens actuels avec la FPF ne se réduisent pas pour autant à une simple recherche de protection. Discernement et approfondissement sont nécessaires !
- Les suites proposées : C. Seytre a présenté les suites possibles du dialogue qui se ferait sur un plan local, régional. Elles comprennent la démarche : s'assurer que les communautés locales suivent le mouvement, adhèrent à l'esprit de la charte FPF, et soient prêtes à rencontrer les autres Eglises. Quelques-unes manifestent une certaine impatience, disent leur difficulté à expliquer à leurs membres qu'une éventuelle adhésion est repoussée, quand sur le plan local des relations anciennes existent déjà. La proposition d'une nouvelle étape dans le dialogue (prise en compte de chaque Eglise, prise en compte des réalités locales, régionales) est bien reçue de tous. Quelles règles communes ? Quelle souplesse selon les situations ?
Pasteur Denis Heller
Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org