11-01-18 12:29 Il y a: 133 days

Marion Muller-Colard présente « 2018 après Jésus-Christ »

Depuis 1 an, dans cette nouvelle émission de Présence Protestante, 3 invités issus d’univers variés découvrent un texte biblique avec la théologienne Marion Muller-Colard. Elle partage avec nous ce qu’elle vit dans son rôle de présentatrice.


Voir le replay de la dernière émission ici (disponible jusqu’au 20 janvier)

Cette émission « 2018 après Jésus-Christ » est pour moi une aventure pleinement biblique. L’Evangile n’y est pas un invité parmi d’autres, il est l’Invitant.

Après plusieurs jours de préparation, j’aborde le tournage en conscience de tout ce qui ne se prépare pas. En dépit de mes échanges préalables avec les invités, ce que je connais d’eux ou ce que je suppose, les rencontres restent dans le champ de l’imprévisible. La rencontre entre eux, mais aussi la rencontre entre chacun et le texte. Où ce texte va-t-il venir les chercher ? Cela ne se prédit pas et bien sûr, l’imprévisible génère une part d’inquiétude.

Mon expérience, depuis maintenant plus d’un an et après sept tournages, pourrait se résumer à ce petit extrait d’Évangile : « Il vous précède en Galilée ». Il nous précède également à Marseille, sur chaque lieu de tournage, et si cette conviction ne me dispense pas de préparer au mieux l’émission, de méditer longuement le texte, de l’étudier, de discerner différents angles et de préparer des questions, cette conviction que c’est le Christ qui est ici l’Invitant me permet de clore le temps de la préparation, d’essayer de me rendre disponible à l’Inattendu, de me replacer dans ma foi comme invitée parmi les invités.

Sur chaque tournage je refais cette expérience du surcroît de grâce que permet l’Inattendu.

Je suis émerveillée par ce constat : jamais personne n’est resté indifférent à la saveur et à la profondeur du texte biblique. Parfois dès la première lecture, parfois après le temps de méditation personnelle, creusée ensuite par l’échange avec les autres. Souvent, l’invité non chrétien est celui qui s’avère le plus enthousiaste ! Je me souviens de cette metteur en scène qui, après un mouvement de recul devant le texte de la multiplication des pains, m’a dit dans l’interview : « Les miracles, non, je n’y crois pas. Mais à bien y penser, je l’aborde comme une énigme. Et là, ça m’intéresse ! ». Ou plus récemment cette écrivain tellement joyeuse après la lecture de l’onction de Béthanie ! Elle rayonnait, alors que ses complices qui connaissaient bien le texte ont eu besoin d’un peu plus de temps pour en redécouvrir la saveur…

Pour moi, le principe de l’émission est au cœur du message de l’Évangile. Comme dans l’Évangile, ce sont souvent les ingénus, les distants, les non-connaisseurs qui révèlent au mieux la richesse de la rencontre. Ils tendent la main au téléspectateur qui se retrouve dans cette distance, dans leurs questionnements, leur esprit critique, et en même temps ils témoignent que ce texte vient les saisir et les rejoindre dans la dimension existentielle de leur vie.

Je me sens très privilégiée de participer à cette aventure qui me dérange suffisamment pour me faire avancer. Dans la surprise renouvelée de ce que les invités vont vivre et nous faire vivre. Dans le constat émerveillant de la force agissante du texte. Dans l’exigence et la bienveillance partagée par toute une équipe que le texte invite également, même derrière la caméra !

Marion Muller-Colard

 

Article publié dans la revue des Amis de la Radio et de la Télévision Protestante (ARTP)

« 2018 après Jésus-Christ » est réalisé par Denis Carantola

Prochaine diffusion : 11 mars 10h sur France 2