Déclaration du Cardinal Ratzinger : le protestantisme français s'interroge

Communiqué de Presse

C'est avec une surprise attristée que nous avons pris connaissance du texte du Cardinal Joseph Ratzinger sur "l'unicité et l'universalité salvifique de Jésus Christ et de l'Eglise", qui tient à préciser que les Eglises nées de la Réforme du XVIéme siècle "ne sont pas des Eglises au sens propre du mot" ! Non que cette affirmation soit nouvelle. Mais pourquoi sa répétition aujourd'hui ?

Peut-on tirer un trait sur quarante années d'engagement oecuménique en donnant une lecture figée des textes de Vatican II ? Cette nouvelle déclaration du Vatican contraste singulièrement avec les invitations à l'humilité et l'ouverture aux autres entendues de l'Eglise catholique pendant cette année jubilaire. Elle porte un coup sévère au travail oecuménique en confirmant dans leur méfiance celles et ceux qui pensent que Rome n'a pas abandonné la prétention de simplement absorber les autres Eglises.

Pour les Eglises de la Réforme, l'Eglise est authentiquement constituée de toutes celles et tous ceux qui reçoivent leur salut du Seigneur Jésus Christ au travers de la parole prêchée et des sacrements administrés. De cela personne ne peut être juge à part le Seigneur lui-même ! L'Eglise universelle, corps du Christ, dépasse les frontières de toutes les Eglises particulières.

Malgré un tel texte, notre conviction oecuménique reste entière : notre commune écoute de la Parole de Dieu, notre partage les uns avec les autres ­ catholiques, protestants, anglicans, orthodoxes ­ restent des nécessités vitales pour notre foi, nous conduisant à un témoignage et des engagements communs dans la société. Mais les réactions indignées et la souffrance que provoque ce texte auront besoin d'être levées et apaisées par la voix de frères et de soeurs catholiques qui nous confirmeront leur volonté de poursuivre avec nous cette marche oecuménique, en dehors de toute logique de récupération. Certaines n'ont pas manqué de se faire déjà entendre. Elles nous semblent confirmer ce que nous vivons, tous les jours avec de nombreux frères et soeurs catholiques, laïcs, prêtres ou évêques.

Pasteur Jean-Arnold de Clermont,
Président de la Fédération protestante de France

Source(s) : FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE;FPF
Date de parution : 5 septembre 2000

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